SOPA et PIPA: le bilan de la grande grève de l'Internet
Publié par Adrien le 27/01/2012 à 00:10
Source: BE Etats-Unis numéro 274 (20/01/2012) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/ ... /68850.htm
Mercredi 18 janvier, une grève sur Internet d'une ampleur sans précédent a été suivie par de nombreux acteurs du web, dont Wikipedia (site US), Google, Wired. En tout, 75.000 sites auraient participé. Facebook et Twitter, absents majeurs du mouvement, revendiquent aujourd'hui indirectement d'en avoir été des vecteurs par les messages qui y ont été diffusés. Des sites comme celui de l'entreprise de sécurité Sophos, furent fort critiqués dans la journée pour avoir diffusé des informations sur comment contourner le "black-out" de Wikipedia en bloquant l'interprète JavaScript (JavaScript est un langage de programmation de scripts principalement utilisé dans les pages web interactives mais aussi coté serveur. C'est un langage orienté objets à prototype,...) de son navigateur.

Les raisons de la colère

Deux projets de loi, "Stop Online Piracy Act" - SOPA, déposé à la chambre des représentants et "Protect IP Act" - PIPA, un projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et l’intégration d’une grande diversité...) équivalent déposé au sénat, visant à s'attaquer au piratage sur l'Internet (Internet est le réseau informatique mondial qui rend accessibles au public des services variés comme le courrier électronique, la messagerie instantanée et le World...), ont soulevé de fortes inquiétudes à cause de plusieurs dispositions qui pourraient remettre en cause la liberté d'expression sur ce média (On nomme média un moyen impersonnel de diffusion d'informations (comme la presse, la radio, la télévision), utilisé pour communiquer. Les médias permettent de diffuser une information vers un grand nombre...) et impacter très fortement les hébergeurs de contenu qui ne peuvent humainement pas contrôler tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) ce que les utilisateurs publient.

Parmi ces dispositions, la plus polémique prévoit le filtrage des sites "pirates" étrangers (rogue foreign websites) en intervenant directement au niveau des serveurs DNS (DNS, Domain Name Server = protocole qui permet de faire correspondre un nom compréhensible pour un humain avec l'adresse IP (Une adresse IP (avec IP pour Internet Protocol) est le numéro qui identifie chaque ordinateur connecté à Internet, ou plus généralement et précisément, l'interface avec le...) d'une machine sur Internet). Les opposants ont rappelé à de multiples reprises que cette méthode est employée par de nombreux gouvernements autoritaires, comme la Chine, l'Egypte ou la Syrie, pour censurer l'accès à Internet (L'accès à Internet a beaucoup varié depuis sa création dans les années 1970. Un fournisseur d'accès à Internet permet cet, soit accès grâce...).

Cette disposition a été retirée du projet de loi mardi 17 janvier, un jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début...) avant le jour de grève, et peu après que l'administration Obama ait exprimé ses réserves sur ces projets de loi: "[l'administration] ne soutiendra pas une législation qui réduit la liberté d'expression, augmente le risque en terme de cybersécurité, ou qui porte atteinte à la dynamique (Le mot dynamique est souvent employé désigner ou qualifier ce qui est relatif au mouvement. Il peut être employé comme :) et l'innovation de l'Internet Global".

Mais d'autres éléments continuent d'inquiéter les acteurs de l'Internet, comme l'obligation, pour les opérateurs américains de solution de paiement (ex: Paypal), de bloquer un compte ou pour les moteurs (Un moteur est un dispositif transformant une énergie non-mécanique (éolienne, chimique, électrique, thermique par exemple) en une énergie mécanique ou...) de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par...) de dé-référencer un site, sur simple demande écrite d'un ayant droit.

Les conséquences immédiates de la grève

Durant la journée du 18 janvier, la plupart des sites grévistes incitaient les internautes américains à envoyer un message (La théorie de l'information fut mise au point pour déterminer mathématiquement le taux d’information transmis dans la communication d’un message par un canal de...) à leur député ou sénateur. Le portail de la grève sopastrike.com estime que 2 millions de messages ont été envoyés aux représentants et a récolté 4,5 millions de signatures.

Alors que le soutien de ces projets de loi était quasi unanime parmi les sénateurs et députés, cette action a déjà fait bouger -en moins de 24 heures- les positions d'un certain nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) d'entre eux, dont certains "ténors" du Congrés:
- Le sénateur Marco Rubio, R-Fla., co-sponsor de PIPA, ne soutient plus le projet de loi;
- Le sénateur John Cornyn, R-Texas, a émis des réserves publiées sur son Facebook (Facebook est un réseau social créé par Mark Zuckerberg et destiné à rassembler des personnes proches ou inconnues. Depuis décembre 2009, il rassemblerait,...) en indiquant que le congrès devrait ralentir le processus: "mieux vaut bien faire que faire rapidement et de travers", "l'Internet et l'innovation dans le secteur de la technologie (Le mot technologie possède deux acceptions de fait :) exigent un équilibre plus réfléchi, ce qui prendra plus de temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.)";
- Le sénateur Roy Blunt, R-Mo., s'est rétracté: "Nous pouvons trouver une solution qui permettra de protéger des contenus licites. Mais ce projet de loi est imparfait et c'est pourquoi je retire mon soutien";
- Le sénateur Jim DeMint, R-Sc. a retiré son soutien;
- Le sénateur Orrin Hatch, R-Utah. a retiré son soutien;
- John Boozman, R-Ark. a émis des réserves;
- Le député Ben Quayle, R-Ariz., co-sponsor du projet SOPA, a enlevé son nom de la liste des sponsors mardi;
- Le député Lee Terry, R-Neb, ne soutient plus la version actuelle du projet.

Le projet alternatif OPEN

Le projet de loi OPEN (Online Protection & ENforcement of Digital Trade Act) introduit au sénat (par les Sen. Maria Cantwell (D-WA) et Sen. Jerry Moran (R-KS)) et à la chambre des représentants (par Reps. Ron Wyden (D-OR) et Darrell Issa (R-CA) se pose en alternative et de SOPA et PIPA et se différencie par son approche "follow the money" (suivre l'argent) pour combattre le piratage. Celui-ci se démarque également sur son mode de rédaction: les soutiens de ce projet ont ouvert le site http://keepthewebopen.com/ qui permet à tout un chacun de participer ou de commenter la rédaction du texte de loi avant les débats entre députés et sénateurs.

Ses détracteurs dénoncent la probable lenteur de la procédure qui fait intervenir Commission du commerce international américaine (International Trade Commission - ITC). Néanmoins, l'action de grève pourrait permettre à ce projet de gagner en popularité parmi les élus: c'est ce qu'en espèrent ses promoteurs. Le député Jared Polis, du Colorado, s'est exprimé le 18 janvier en faveur de celui-ci.

Les outils de la cyber-grève se mettent en place

Pour assurer le succès de la manifestation virtuelle, de nombreux outils ont été mis à la disposition des internautes et webmestres. Google (Google, Inc. est une société fondée le 7 septembre 1998 dans la Silicon Valley en Californie par Larry Page et Sergey Brin, auteurs du moteur de recherche Google. Depuis 2001, Eric Schmidt en est le PDG...) a fourni (Les Foúrnoi Korséon (Grec: Φούρνοι Κορσέων) appelés plus communément Fourni, sont un archipel de petites îles...) quelques conseils pour mettre son site en grève sans affecter son référencement (Le référencement est l'action de référencer, c'est-à-dire mentionner quelque chose ou y faire référence.) (manuel du "cyber-gréviste"). Toujours à destination des webmestres, plusieurs extensions ont été développées pour simplifier la mise en grève d'un site s'appuyant sur le CMS Wordpress, un gestionnaire de contenu très populaire parmi les blogueurs.

De nombreux outils étaient disponibles pour les internautes. Le site blackoutsopa.org propose par exemple aux utilisateurs des réseaux sociaux Twitter (Twitter est un outil de réseau social et de microblogage qui permet à l’utilisateur d’envoyer gratuitement des messages brefs, appelés tweets (« gazouillis »), par Internet, par...), Facebook et Google + de manifester leur position anti-SOPA/PIPA en ajoutant sur leur badge la mention "STOP SOPA" en un simple clic de souris (Le terme souris est un nom vernaculaire ambigu qui peut désigner, pour les francophones, avant tout l’espèce commune Mus musculus, connue aussi comme animal de compagnie ou de laboratoire, mais aussi de nombreuses...).

De nombreux sites web, mais aussi des applications sur téléphones mobiles, des extensions pour les navigateurs Internet FireFox et Chrome (Le chrome est un élément chimique de symbole Cr et de numéro atomique 24.) ont également été développés pour l'occasion.
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