Tumeurs neuroendocrines: choisir le meilleur traitement
Publié par Adrien le 19/02/2019 à 08:00
Source: Université de Genève
Quel(s) traitement(s) pour quel patient ? Des chercheurs des universités de Genève, Berne et Bâle et des HUG ont réalisé des comparaisons systématiques entre les thérapies disponibles contre les tumeurs neuroendocrines pour proposer à chaque patient la plus appropriée.


"Le dilemme quotidien en médecine". Onze thérapies sont disponibles pour une maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.) donnée (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.). Sur les 55 comparaisons directes possibles entre ces thérapies, seulement 11 ont été effectuées. Pour un patient spécifique, les traitements A et B apparaissent comme les plus appropriés, mais aucune comparaison directe entre ces deux traitements n'est disponible. Lequel choisir, A ou B ? (Martin A. Walter , UNIGE)

Chaque année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.), de nouveaux médicaments anticancéreux (Un anticancéreux est un médicament permettant de lutter contre le cancer) sont mis sur le marché. Au cours du processus d'autorisation, ils sont habituellement comparés à un médicament (Un médicament est une substance ou une composition présentée comme possédant des propriétés curatives, préventives ou administrée en vue d'établir un...) établi, mais rarement à plusieurs. D'où le manque de points de comparaison entre les différentes thérapies qui rend, pour les médecins, le choix du meilleur traitement de plus en plus difficile. Pour y remédier, des chercheurs des universités de Genève (UNIGE), Bâle et Berne ainsi que des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et de l'Inselspital de Berne ont établi une comparaison étendue de tous les médicaments utilisés dans le traitement des tumeurs neuroendocrines. Leur étude, à découvrir dans le journalJAMA Oncology, vise à guider les médecins dans le processus de sélection entre toutes les options thérapeutiques disponibles.

Les tumeurs neuroendocrines peuvent se développer n'importe où dans le corps à partir des cellules produisant des hormones. Leur prévalence est en augmentation et des thérapies nouvelles font régulièrement leur apparition dans l'arsenal thérapeutique (La thérapeutique (du grec therapeuein, soigner) est la partie de la médecine qui étudie et applique le traitement des maladies.) disponible. "Le développement constant de nouvelles thérapies constitue une chance, bien sûr. Cependant, le fait que peu d'études comparatives soient menées entre les différents médicaments engendre, pour les médecins, un dilemme lorsqu'il s'agit de trouver la meilleure option pour chaque patient", indique Martin A. Walter, professeur à la Faculté de médecine de l'UNIGE et médecin-chef du Service de médecine nucléaire (La médecine nucléaire est l'ensemble des applications médicales des radiotraceurs, ou sources radioactives non scellées.) et imagerie (L’imagerie consiste d'abord en la fabrication et le commerce des images physiques qui représentent des êtres ou des choses. La fabrication se faisait jadis soit à la main, soit par impression...) moléculaire des HUG, qui a lancé et coordonné cette étude. "De fait, il suffit d'établir la supériorité d'une nouvelle molécule (Une molécule est un assemblage chimique électriquement neutre d'au moins deux atomes, qui peut exister à l'état libre, et qui représente la plus petite quantité de matière possédant les...) par rapport à un seul médicament établi, ou même par rapport à un placebo, pour obtenir une autorisation de mise sur le marché."

"Dans une telle situation (En géographie, la situation est un concept spatial permettant la localisation relative d'un espace par rapport à son environnement proche ou non. Il inscrit un lieu dans un cadre plus général afin de le qualifier à travers...), une méta-analyse en réseau (Un réseau informatique est un ensemble d'équipements reliés entre eux pour échanger des informations. Par analogie avec un filet (un réseau est un « petit rets », c'est-à-dire un petit filet),...) peut être précieuse pour générer des comparaisons indirectes entre des thérapies qui n'ont pas encore été comparées directement. Cette solution permet en outre d'utiliser toutes les données existantes pour identifier les thérapies les plus efficaces", ajoute le Dr Reto Kaderli, médecin-chef de chirurgie (La chirurgie est une technique médicale consistant en une intervention physique sur les tissus, notamment par incision et suture. Un médecin spécialisé dans...) endocrinienne, Département de chirurgie viscérale, Hôpital (Un hôpital est un lieu destiné à prendre en charge des personnes atteintes de pathologies et des traumatismes trop complexes pour pouvoir être...) universitaire de Berne et Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux...) de Berne, et premier auteur de l'étude.

La recherche indépendante moins prise en compte

Les chercheurs suisses se sont associés à Cochrane, une organisation (Une organisation est) mondiale qui vise à faciliter la prise de décisions cliniques grâce à des revues systématiques des interventions sanitaires, et à des chercheurs de l'Université McMaster de Hamilton, au Canada, qui ont développé des méthodologies pointues d'analyse de la médecine fondée sur les preuves.

"L'un des résultats les plus frappants de notre étude concerne l'efficacité importante, et souvent mésestimée, des thérapies combinées. Nous avons aussi été très étonnés par le fait que ces thérapies ne sont que peu mentionnées dans les directives internationales", souligne le Dr Kaderli. De fait, les études combinant des médicaments produits par des compagnies pharmaceutiques différentes sont souvent menées par des chercheurs indépendants, dont les résultats sont moins pris en compte dans les recommandations de traitement que les études menées par l'industrie pharmaceutique (L'industrie pharmaceutique est le secteur économique qui regroupe les activités de recherche, de fabrication et de commercialisation des médicaments pour la médecine humaine ou vétérinaire....).

Succès de la médecine nucléaire

"En tant que spécialiste de la médecine nucléaire, je me réjouis cependant des résultats prometteurs de nos traitements radioactifs", déclare le professeur Walter. Une étape qui reste encore à franchir pour les options chirurgicales, pour lesquelles les études randomisées contrôlées en combinaison (Une combinaison peut être :) avec les autres thérapies manquent encore. Et les auteurs de conclure: "Nos travaux marquent ainsi une étape importante dans la recherche de la meilleure option thérapeutique pour les patients atteints de tumeurs neuroendocrines, et mettent en lumière (La lumière est l'ensemble des ondes électromagnétiques visibles par l'œil humain, c'est-à-dire comprises dans des longueurs...) la nécessité d'une médecine basée sur les preuves, indépendante".
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