Des vaccins contre des agents pathogènes du bioterrorisme
Publié par Isabelle le 18/10/2017 à 12:00
Source: CNRS-INC
Dans le but de développer des vaccins contre des pathogènes comme les bactéries Burkholderia,répertoriés comme agents potentiels du bioterrorisme de la catégorie B par le CDC (Centers for Disease Control and Prevention) aux USA, des chercheurs de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics est un tel institut.) de chimie (La chimie est une science de la nature divisée en plusieurs spécialités, à l'instar de la physique et de la biologie avec lesquelles elle partage des espaces d'investigations communs ou proches.) des milieux et matériaux (Un matériau est une matière d'origine naturelle ou artificielle que l'homme façonne pour en faire des objets.) de Poitiers (CNRS/Université de Poitiers) en collaboration avec des équipes de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la...) américaines, thaïlandaises et italiennes ont identifié de nouvelles cibles prometteuses contre la mélioïdose et la morve, maladies induites par ces bactéries (Les bactéries (Bacteria) sont des organismes vivants unicellulaires procaryotes, caractérisées par une absence de noyau et d'organites. La plupart des bactéries possèdent une paroi cellulaire glucidique, le peptidoglycane. Les...) que l'on trouve dans les pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la civitas gallo-romaine. Comme...) tropicaux. Ces travaux sont parus dans la revue Nature Communications.

Présentes principalement dans les pays tropicaux, notamment en Thaïlande et en Inde, la mélioïdose et la morve sont des maladies infectieuses sévères à mortalité élevée, causées par deux bactéries du genre Burkholderia présentes dans l'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) et les sols humides. Plusieurs équipes à travers le monde (Le mot monde peut désigner :) s'intéressent à ces bactéries étant donné le grand risque qu'elles présentent: infectiosité élevée à faible dose, transmission par des particules dans l'air (L'air est le mélange de gaz constituant l'atmosphère de la Terre. Il est inodore et incolore. Du fait de la diminution de la pression de l'air avec l'altitude, il est nécessaire de pressuriser les cabines des...), absence de vaccin, résistance aux antibiotiques et utilisation possible comme agent du bioterrorisme.

Les bactéries Burkholderia pseudomallei et Burkholderia mallei possèdent à leur surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois frontière physique, et est souvent abusivement confondu...) des molécules déterminantes dans la relation hôte-bactérie, les lipopolysaccharides (LPS), composants essentiels de la membrane externe des bactéries. Les LPS présentent une région spécifique, l'antigène-O, en contact avec le milieu extérieur, qui joue (La joue est la partie du visage qui recouvre la cavité buccale, fermée par les mâchoires. On appelle aussi joue le muscle qui sert principalement à ouvrir et fermer la bouche et à mastiquer.) un rôle clé dans la réponse immunitaire de l'hôte.

En étudiant les structures de ces antigènes-O, les chercheurs de l'Institut de chimie des milieux et matériaux de Poitiers ont identifié sept molécules di- et trisaccharidiques qui les constituent. Ils ont ensuite réussi à synthétiser ces molécules en développant une voie originale. L'affinité de ces molécules vis-à-vis d'anticorps dirigés contre Burkholderia a été ensuite mesurée par différentes techniques (ELISA, STD-RMN, SPR) ce qui a permis de montrer que deux des disaccharides présentent une affinité particulière pour ces anticorps.

Ces deux disaccharides ont par la suite été couplés à une protéine (Une protéine est une macromolécule biologique composée par une ou plusieurs chaîne(s) d'acides aminés liés entre eux par des...) pour être injectés à des souris (Le terme souris est un nom vernaculaire ambigu qui peut désigner, pour les francophones, avant tout l’espèce commune Mus musculus, connue aussi comme animal de...) de manière à évaluer leur immunogénicité. Une forte réponse immunitaire a été observée pour l'un des deux disaccharides qui apparaît dorénavant comme un candidat prometteur pour cibler le développement de vaccins et d'outils de diagnostic (Le diagnostic (du grec δι?γνωση, diágnosi, à partir de δια-, dia-, „par, à travers, séparation, distinction“ et γν?ση, gnósi,...).


Référence publication:
M. Tamigney Kenfack, M. Mazur, A. Ngassimou, T. Nualnoi, Y. Blériot, J. Marrot, R. Marchetti, A. Silipo, A. Molinaro, D. AuCoin, M. N. Burtnick, P. J. Brett & C. Gauthier
Deciphering the minimal immunogenic epitopes of Burkholderia pseudomallei and
Burkholderia mallei O-antigen
Nature Commun. 24 juillet 2017
DOI: 10.1038/s41467-017-00173-8

Contacts chercheurs:
- Charles Gauthier, Institut Armand Frappier - Laval (Quebec)
- Yves Blériot: Institut de chimie des milieux et matériaux de Poitiers - Poitiers
Page générée en 0.415 seconde(s) - site hébergé chez Amen
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique