Les végétaux subissent le maximum d'extinctions dans les points-chauds mondiaux de biodiversité
Publié par Adrien le 26/08/2019 à 08:00
Source: CNRS INEE
Si les extinctions d'espèces sont l'une des conséquences majeures des pressions humaines qui s'exacerbent depuis l'Anthropocène, les mécanismes sous-jacents sont bien moins connus. Une étude publiée dans la revue Current Biologypar un consortium international impliquant un chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant les domaines de recherche sont diversifiés et impliquent...) de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for...) méditerranéen d'écologie et de biodiversité (La biodiversité est la diversité naturelle des organismes vivants. Elle s'apprécie en considérant la diversité des écosystèmes, des espèces, des populations et...) marine et continentale (IMBE - CNRS/Aix Marseille Univ/Univ Avignon/IRD) montre que chez les végétaux le maximum d'extinctions se déroule dans les points-chauds mondiaux (hotspots) de biodiversité ; toutefois, cette "plongée vers l'extinction (D'une manière générale, le mot extinction désigne une action consistant à éteindre quelque chose. Plus particulièrement on retrouve ce terme dans plusieurs domaines :)" demeure plus lente (La Lente est une rivière de la Toscane.) que chez d'autres groupes taxonomiques.


Le dragonnier du Cap Vert, un arbre (Un arbre est une plante terrestre capable de se développer par elle-même en hauteur, en général au delà de sept mètres. Les arbres acquièrent une structure rigide composée d'un tronc qui...) relictuel en danger critique d'extinction, île (Une île est une étendue de terre entourée d'eau, que cette eau soit celle d'un cours d'eau, d'un lac ou d'une mer. Son étymologie latine, insula, a donné l'adjectif...) de Santo Antão
© F. Médail / IMBE

Depuis le Néolithique, l'homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme prépubère est...) modifie de façon significative le monde (Le mot monde peut désigner :) vivant et cette pression (La pression est une notion physique fondamentale. On peut la voir comme une force rapportée à la surface sur laquelle elle s'applique.) s'est accrue durant l'Anthropocène. Ces changements incluent notamment la destruction ou l'altération des habitats, les pollutions, et les homogénéisations biotiques. De tels impacts menacent directement la biodiversité en entraînant de multiples extinctions d'espèces.

Mais la biodiversité n'est pas distribuée de manière égale à la surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois frontière physique, et est souvent abusivement confondu avec sa mesure, sa...) du globe et de ce fait les taux d'extinction peuvent varier d'une région à l'autre. Si plusieurs bilans globaux ont été récemment réalisés, l'une des interrogations majeures réside dans l'analyse de la magnitude d'extinction des végétaux terrestres, supports clés du fonctionnement de la biosphère (La notion de biosphère désigne à la fois un espace et un processus auto-entretenu (jusqu'à ce jour et depuis plus de 3 milliards d'années) sur la planète Terre, et qu'on ne connait que sur cette planète ; Le processus est...). Les processus à l'origine de l'extinction des plantes restent méconnus car les données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un...) sont analysées à l'échelle de pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la...), sans considérer la nécessaire dimension (Dans le sens commun, la notion de dimension renvoie à la taille ; les dimensions d'une pièce sont sa longueur, sa largeur et sa profondeur/son épaisseur, ou bien son diamètre si c'est une...) biogéographique.

Une étude publiée dans Current Biology par un consortium international impliquant un chercheur de l'Institut méditerranéen d'écologie et de biodiversité marine et continentale (IMBE - CNRS/Aix Marseille Univ/Univ Avignon/IRD) montre que les territoires de plus forte concentration en biodiversité végétale (points-chauds ou hotspots) connaissent les taux d'extinction d'espèces les plus élevés, comparés aux secteurs de biodiversité plus réduite (points-froids ou coldspots). L'analyse a porté sur un ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui...) de données parmi les plus complets au monde, incluant 291 cas d'extinctions globales ou regionales de végétaux vasculaires terrestres ou d'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) douce, selon un pas de temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) compris entre 1700 et 2013.

L'étude montre que les extinctions végétales ne se déroulent pas suivant un processus linéaire et que celles-ci restent relativement modérées durant les trois derniers siècles, avec un taux actuel d'extinction égal à 1,26 espèce (Dans les sciences du vivant, l’espèce (du latin species, « type » ou « apparence ») est le taxon de base de la systématique. L'espèce est un concept...) par an. Pour les points-chauds, le taux d'extinction culmine dans les années 1920 où il est égal à 235 (i.e. 23,5 extinctions par million (Un million (1 000 000) est l'entier naturel qui suit neuf cent quatre-vingt-dix-neuf mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf (999 999) et qui...) d'espèces-ans). Ce taux est bien plus faible que celui avancé par la plupart des précédentes études qui estiment une magnitude d'extinction 1 000 à 10 000 fois plus élevée que le taux naturel d'extinction (i.e. existant avant les premiers impacts de l'homme). Si la "plongée vers l'extinction" des végétaux demeure plus lente que celle d'autres groupes taxonomiques, cela peut s'expliquer par leurs bonnes capacités de persistance ( Persistance (statistiques) Persistance (informatique) en peinture : La Persistance de la mémoire (1931) en médecine : la persistance du...) locale, souvent dans des refuges très restreints. Mais les végétaux herbacés pérennes (hémicryptophytes) des points-chauds méditerranéens restent soumis aux plus grands risques de disparition.

Les dix points-chauds de biodiversité analysés (principalement les cinq régions à climat (Le climat correspond à la distribution statistique des conditions atmosphériques dans une région donnée pendant une période de temps donnée. Il se...) méditerranéen du monde) se caractérisent par un plus grand nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) absolu et une rapidité accrue des événements d'extinction, comparés aux six points-froids retenus. Toutefois chez ces derniers, la perte d'unicité évolutive (i.e. proportion de genres éteints) est plus importante. Les causes de ces extinctions diffèrent également: l'urbanisation, l'agriculture, et les invasions biologiques étant les facteurs prépondérants pour les points-chauds, alors que ce sont les perturbations hydrologiques qui menacent le plus les points-froids de biodiversité.

Référence

Le Roux J., Hui C., Castillo M., Iriondo J.M., Keet J.-H., Khapugin A., Médail F., Rejmanek M., Theron G., Yannelli F. & Hirsch H., 2019. Recent anthropogenic plant extinctions differ in biodiversity hotspots and coldspots. Current Biology, 29.
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