Vidéo: découverte d'un requin "ailé" des mers du Crétacé

Publié par Isabelle le 21/03/2021 à 13:00
Source: CNRS
Le fossile d'un spécimen unique et atypique de requin rappelant les raies mantas met en évidence la diversité morphologique des requins du Crétacé. Ce mangeur de plancton a été découvert au Mexique et analysé par une équipe internationale de paléontologues menée par un chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la...) du CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand...) de Géosciences Rennes (CNRS/Université de Rennes 1). L'étude fera la une de la revue Science le 19 mars 2021.


Vue d'artiste (Est communément appelée artiste toute personne exerçant l'un des métiers ou activités...) montrant un requin (Requin [ʁəkɛ̃] est un terme désormais ambigu désignant en...) aigle. © Oscar Sanisidro

Il y a 93 millions d'années, de drôles de requins ailés nageaient dans les eaux du golfe (Un golfe (italien golfo, grec kolpos, pli) est une partie de mer avancée dans les terres, en...) du Mexique. Cette espèce (Dans les sciences du vivant, l’espèce (du latin species, « type »...) fossile (Un fossile (dérivé du substantif du verbe latin fodere : fossile, littéralement...) inédite, baptisée Aquilolamna milarcae a permis à ses découvreurs de définir une nouvelle famille. Ces "requins aigles" se caractérisent, comme pour les raies mantas, par des nageoires pectorales extrêmement longues et fines rappelant des "ailes". Le spécimen étudié mesurait 1 mètre (Le mètre (symbole m, du grec metron, mesure) est l'unité de base de longueur du...) 65 de long pour une envergure (L'envergure est la distance entre les extrémités des ailes. Le terme est valable pour...) de 1 mètre 90.

Aquilolamna milarcae possédait une nageoire (Une nageoire est un membre en général large et plat permettant le mouvement et le soutien...) caudale au lobe supérieur bien développé, typique de la plupart des requins de haute mer (Le terme de mer recouvre plusieurs réalités.) comme le requin baleine (La baleine est un mammifère marin de grande taille classé dans l'ordre des...) ou le requin tigre (Le tigre (Panthera tigris) est un mammifère carnivore de la famille des félidés...). Ainsi, l'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection...) de ses caractères anatomiques lui conférait une apparence chimérique entre requin et raie (Raie [ʀɛ] est un nom vernaculaire ambigu qui correspond en français à de...).

Avec sa large gueule aux dents supposées de très petite taille, il devait se nourrir de plancton (Homère désignait les animaux errant à la surface des flots par plankton, du grec...) d'après l'équipe de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue...) internationale menée par Romain Vullo du CNRS.

Les scientifiques ne connaissaient jusqu'alors qu'une seule catégorie de grand mangeurs de planctons dans les eaux du Crétacé: de grands poissons (Les Poissons sont une constellation du zodiaque traversée par le Soleil du 12 mars au 18...) osseux (pachycormidés), aujourd'hui disparus. Mais grâce à cette découverte, ils savent désormais qu'un second groupe, celui des requins aigles, nageait également dans les mers du Crétacé.

Le fossile complet a été trouvé au Mexique en 2012, à Vallecillo, un gisement à conservation exceptionnelle. Ce site, déjà réputé pour ses nombreux fossiles d'ammonites, poissons osseux et autres reptiles marins, permet de documenter l'évolution des animaux océaniques.

Tout en nous renseignant sur la structure des écosystèmes marins du Crétacé, la découverte des requins aigles révèle une nouvelle facette, jusque-là insoupçonnée, de l'histoire évolutive des requins.


Fossile du requin Aquilolamna milarcae découvert dans les calcaires de Vallecillo (Mexique).
© Wolfgang Stinnesbeck.


Bibliographie:
Manta-like planktivorous sharks in Late Cretaceous oceans. Vullo R, Frey E, Ifrim C, González González MA, Stinnesbeck ES, Stinnesbeck W. 2021. Science, le 19 mars 2021. DOI: 10.1126/science.abc1490.

Contacts:
- Romain Vullo - Chercheur CNRS - romain.vullo@univ-rennes1.fr
- Elie Stecyna - Attaché de presse CNRS - elie.stecyna at cnrs.fr
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