Vous cherchez vos mots ? La maladie d'Alzheimer peut en être la cause
Publié par Adrien le 11/12/2018 à 08:00
Source: Jean Hamann - Université Laval
Les chercheurs ont découvert des concentrations anormales de la protéine bêta-amyloïde - une manifestation de l'alzheimer - chez 86% des personnes qui cherchent constamment leurs mots et qui ont de la difficulté à répéter des phrases longues et complexes. La maladie d'Alzheimer se cache derrière certains problèmes de langage qui se manifestent pendant la cinquantaine

Certains problèmes de langage qui apparaissent pendant la cinquantaine constituent une manifestation de la maladie d'Alzheimer. C'est ce que démontre une vaste étude internationale dirigée par David Bergeron et Robert Jr Laforce, de la Faculté de médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la pratique (l'art) étudiant l'organisation du corps humain...) et du Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la...) du CHU de Québec - Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux...) Laval. L'examen de patients atteints d'aphasie a révélé un taux de protéine (Une protéine est une macromolécule biologique composée par une ou plusieurs chaîne(s) d'acides aminés liés entre eux par des...) bêta-amyloïde anormale - une manifestation de l'alzheimer - chez 86% des personnes qui cherchent constamment leurs mots et qui ont de la difficulté à répéter des phrases longues et complexes.

Ces concentrations anormales de la protéine bêta-amyloïde ont été observées chez les personnes atteintes d'une forme d'aphasie dite logopénique. "Ces personnes souffrent d'un manque du mot, elles bloquent à répétition dans une phrase, elles peinent à trouver leurs mots et elles parviennent difficilement à répéter une phrase qui vient de leur être dite, mais leur compréhension et leurs connaissances restent intactes, souligne David Bergeron. Il s'agirait donc d'une forme atypique de la maladie d'Alzheimer qui se manifeste à un plus jeune âge que la forme classique et qui, dans les stades initiaux du moins, affecte beaucoup plus le langage que la mémoire (D'une manière générale, la mémoire est le stockage de l'information. C'est aussi le souvenir d'une information.)."

Ces conclusions résultent de l'effort concerté de plus de 100 chercheurs répartis dans 36 centres à travers le monde (Le mot monde peut désigner :), dont la Clinique interdisciplinaire (Un travail interdisciplinaire intègre des concepts provenant de différentes disciplines.) de mémoire du Département des sciences neurologiques du CHU de Québec - Université Laval. Ces équipes ont étudié 1 251 patients atteints de trois formes d'aphasie primaire progressive. "L'objectif était de déterminer si ces formes d'aphasie présentaient des distinctions par rapport aux concentrations de la bêta-amyloïde, la protéine toxique qui forme des plaques et enclenche le processus inflammatoire dans le cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du corps, dont la motricité...) des personnes souffrant d'alzheimer." Les résultats, publiés dans la revue Annals of Neurology, révèlent que ces concentrations sont anormales chez près de 9 patients sur 10 lorsque l'aphasie est de type logopénique alors que, pour les deux autres formes d'aphasie, des taux anormaux sont détectés chez environ 2 patients sur 10.

Les personnes dans la cinquantaine ou la soixantaine qui sont atteintes d'aphasie logopénique présentent donc un risque élevé que leur condition cache une maladie d'Alzheimer sous-jacente. "En détectant précocement ces problèmes langagiers, on peut devancer de quelques années le moment du diagnostic (Le diagnostic (du grec δι?γνωση, diágnosi, à partir de δια-, dia-, „par, à travers, séparation, distinction“ et γν?ση, gnósi, „la...). Comme il n'existe pas encore de médicament (Un médicament est une substance ou une composition présentée comme possédant des propriétés curatives, préventives ou administrée en vue...) qui s'attaque à la cause du problème, un diagnostic plus hâtif permet surtout au patient (Dans le domaine de la médecine, le terme patient désigne couramment une personne recevant une attention médicale ou à qui est prodigué un soin.) de mieux se préparer à la suite des choses. Par contre, lorsque de tels traitements seront développés, plus on dépistera la maladie à un stade (Un stade (du grec ancien στ?διον stadion, du verbe ?στημι istêmi, « se tenir droit et ferme »)...) précoce, meilleures seront les chances de succès."

Environ 20% des cas de maladie d'Alzheimer sont atypiques, c'est-à-dire qu'ils touchent majoritairement d'autres fonctions cognitives que la mémoire. Dans la moitié de ces cas, la personne est atteinte d'aphasie de type logopénique.

Les chercheurs ont découvert des concentrations anormales de la protéine bêta-amyloïde - une manifestation de l'alzheimer - chez 86% des personnes qui cherchent constamment leurs mots et qui ont de la difficulté à répéter des phrases longues et complexes.
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