Un microquasar émetteur gamma découvert dans notre Galaxie

Pour la première fois, une émission de rayons gamma de haute énergie en provenance d'un microquasar a pu être observée avec certitude grâce au satellite Fermi de la NASA. L'observation du microquasar Cygnus X-3 par les équipes françaises (CEA-IRFU (1), CNRS-INSU (2) et CNRS-IN2P3 (3) , Université Paris Diderot - Paris 7, Université Joseph Fourier) de la collaboration Fermi permet de mieux comprendre le fonctionnement de ces sources particulières, capables de propulser dans le milieu interstellaire l'équivalent de la masse de la Lune à une vitesse proche de celle de la lumière. Cette étude fait l'objet d'une publication dans la revue Science Express du 26 novembre 2009.

Vision d'artiste de Cygnus X-3 - Un objet compact (trou noir ou étoile à neutrons) entouré d'un

Vision d'artiste de Cygnus X-3 - Un objet compact (trou noir ou étoile à neutrons) entouré d'un
disque d'accrétion orbite autour d'une étoile massive très chaude. Les rayons gamma (représentés
en violet) surviennent probablement lorsque les électrons qui se déplacent au-dessus et en-dessous
du disque entrent en collision avec les rayons ultraviolets émis par l'étoile. L'émission gamma varie le
long de l'orbite et est maximale lorsque le disque est situé derrière l'étoile compagnon.
Crédit : © Walt Feimer, NASA/Goddard Space Flight Center

Les microquasars sont des couples d'étoiles composés d'un objet compact (étoile à neutrons ou trou noir) orbitant autour d'une étoile compagnon. Ces systèmes binaires sont également le siège de jets de matière très énergétiques, propulsés à des vitesses proches de celles de la lumière. Par illusion d'optique, ces projections, appelées « jets relativistes », paraissent même parfois dépasser la vitesse de la lumière. A l'échelle miniature, ils semblent la réplique exacte des quasars, cœurs de galaxies où de puissants jets sont propulsés par un trou noir géant, d'où leur nom de « microquasars » (4) . Relativement proches de nous, ces quasars miniatures sont de parfaits laboratoires pour essayer de comprendre les phénomènes de jets qui affectent aussi les galaxies. Si, jusqu'ici, les astrophysiciens soupçonnaient les microquasars d'être des sources de rayons gamma de haute énergie, jamais ils n'avaient pu observer avec certitude une telle émission. Les observations faites grâce au télescope Fermi du microquasar Cygnus X-3, situé dans notre Galaxie à environ 20 000 années-lumière dans la direction de la constellation du Cygne, changent désormais la donne. La signature gamma du microquasar est cette fois-ci sans équivoque et clôt un débat ouvert dans les années 70.

Les observations sont formelles : « Trois preuves nous ont conduit à cette conclusion : la coïncidence parfaite entre la source gamma détectée par Fermi et la position du microquasar Cygnus X-3, la variation dans le temps de l'émission en fonction de l'orbite du système binaire (période de 4.8 heures) et enfin la connexion entre l'activité gamma et celle des jets relativistes observée par les radio-télescopes», explique Stéphane Corbel, professeur à l'Université Paris Diderot et membre de l'Unité Mixte de Recherche AIM (Astrophysique Interactions multi-échelles).

Les chercheurs ont pu en outre montrer la variabilité de l'émission gamma : celle-ci apparaît juste
avant une forte émission radio, signe de l'allumage des jets relativistes. Ces observations apportent donc de toutes nouvelles perspectives pour comprendre l'accélération des particules et la formation des jets relativistes.

« L'étoile compagnon du couple Cygnus X-3 est une étoile très massive (de type Wolf-Rayet) qui perd continuellement une fraction importante de sa masse sous la forme d'un vent intense. Il en résulte des densités de particules importantes très proches de l'objet compact. De là peuvent naître des processus exotiques entraînant la production de neutrinos, ce qui fait du microquasar Cygnus X-3 un objet de choix pour la détection de ces particules », explique Guillaume Dubus, de l'Université Joseph Fourier de Grenoble. La quête va aussi se poursuivre dans le domaine des photons gamma de très haute énergie (> TeV) avec les réseaux de télescopes au sol présents et futurs.

La source Cygnus X-3 détectée par le télescope LAT (Large Area Telescope) à bord du satellite Fermi

La source Cygnus X-3 détectée par le télescope LAT (Large Area Telescope) à bord du satellite Fermi
dans le domaine d'énergie 200 MeV – 100 GeV. La position de Cygnus X-3 est indiquée par un cercle.
Crédit : © NASA/DOE/Fermi LAT Collaboration

Notes:

(1)Institut de Recherches sur les lois Fondamentales de l'Univers, Service d'Astrophysique.

(2)Institut National des Sciences de l'Univers du CNRS. Laboratoires INSU impliqués dans l'exploitation de Fermi : Laboratoire Astrophysique interactions multi-échelles (CEA, CNRS, Université Paris Diderot), Laboratoire d'Astrophysique de Grenoble (CNRS, Université Joseph Fourier, Observatoire des Sciences de l'Univers de Grenoble), Centre d'Etude Spatiale des rayonnements (CNRS, Université Paul Sabatier, Observatoire Midi-Pyrénées)

(3)Institut national de physique nucléaire et de physique des particules du CNRS. Laboratoires IN2P3 impliqués dans Fermi : Centre d'études nucléaires de Bordeaux-Gradignan (CNRS, Université de Bordeaux 1), Laboratoire Leprince-Ringuet (CNRS, École Polytechnique), Laboratoire de physique théorique et astroparticules (CNRS, Université Montpellier 2), Centre de calcul de l'IN2P3 (CNRS)

(4)Le premier de ces objets a été découvert au CEA en 1992 par Félix Mirabel et ses collaborateurs.

FI
FIARLE

Est-ce une source particulière ou peut-on réellement généralisé ?

BA
basstemperature

Je pense qu'on peu généraliser :

Certes y en a pas partout, mais des trou noirs stéllaires du a l'implosion d'une étoile massive qui résidait en duo avec une soeur, on sait que c'est loin d'être rare : les étoiles en système double ou triple sont légions ...

Tout comme les étoiles a neutrons, idem on sait qu'elles sont d'ailleurs très fréquente en système double : Puisque justement cela caractérise un type de supernova bien connu ...

Moi je trouve ça interessant et permet enfin de clore le débat "quasar" qui d'ailleur est définie encore hélas a l'ancienne par galaxie active : a cause du vieux débat justement ou a l'époque la communauté scientifique se tirait au fling sur l'origine de l'émission ultra lumineuse ect : on sait aujourd'hui que c'est la chute en continu de matière dans un trou noir qui provoque aussi l'émission en continu de rayon gamma et X

Mais bon il serait peut etre temps de revoir la définition par complexe d'étoile faisant réagir le milieu environnant d'un trou noir !

Car la définition actuelle du quasar laisse trop a supposer que c'est uniquement les vieilles galaxies lointaines (2 milliards d'années lumière minimum, pour le quasar le + près reconnu par la vieille définition) en émission extreme de lumière dans le centre galactique ...

alors que c'est faux : Centaurus A a 11 millions d'année lumière ne peut etre qu'un quasar au vu de son activité constante de son trou noir central ! on l'a vu dans les news récentes en + !

et cela doit même aller au de la : puisqu'a l'évidence maintenant : une galaxie peut donc contenir plusieurs quasars et de taille différente ...

la définition ne devrait plus que se cantonner a nommer quasar un couple stéllaire ou complexe stéllaire alimentant un trou noir, ou une étoile a neutron : bref un des objets super dense issu de la mort des étoiles étoiles ...

et ne surtout plus y rentrer le seul concept de galaxie "super ampoule de l'univers" qui n'est que partiel et en vrai que la partie emmergeante de l'iceberg de ce qu'est un quasar vu en lumière visible ... puisque si on ne cantonne a la lumière visible : il n'y aurait que ses vieilles galaxie lointaines hyper lumineuse qui seraient "quasar" ...

hors on sait maintenant que ce n'est qu'une définition vraiment très très très partielle et en grande partie faussée ...

Mais bon, disont que la définition a subit un long débat sur près de 30 ans de désaccord et de beaucoup de temps a démontrer les preuves et les causes : il a fallu attendre l'observation précise de l'univers au détection Y, X, l'observation du centre de la voie lactée a l'infrarouge avec l'optique adaptative et enfin des téléscopes capable de regarder : loin

entre temps la définition n'a pas suivi avec la prudence du débat qui n'avait pas pris en compte les preuves accumulées ect du responsable ...

aujourd'hui la notion de galaxie devrait etre supprimée de la définition d'un quasar : et n'y avoir uniquement la notion d'objet dense comme trou noir et étoile a neutron, réagissant avec un milieu stélaire en alimentant soit de matière, soit par choc avec les UV comme ici ...

FI
FIARLE

Bonjour,

Merci de votre réponse qui montre qu'il y a encore du "frottage de cervelle " à réalisermais qui prouve que l'on avance, sur la bases des observations factuelles, pour remonter au problème de fond de la définition et , par la même, des bases d'une généralisation possible

Au revoir

NA
namal

Wow ! ça s'est passé il y a 7 milliards d'années !
Y'a donc longtemps que c'est fini, le temps que ça arrive jusqu'à nous..
:jap: