Utiliser IP pour les télécommunications interplanétaires

Le protocole IP (Internet Protocol) est devenu une norme simple pour presque toutes les télécommunications sur Terre. Mais qu’en est-il pour le reste du système solaire ? Etendre l'IP à l'espace interplanétaire est une idée puissante et attrayante, qui mettrait la totalité des logiciels Internet à la disposition des Agences spatiales et des scientifiques du monde entier.

Les scientifiques des laboratoires terrestres pourraient directement agir sur les instruments à bord des vaisseaux spatiaux et des robots d’exploration. Un vaisseau spatial de la NASA pourrait partager sa bande passante avec ceux lancés par d'autres pays, s’ils utilisaient tous un protocole de transmissions commun. Si la NASA pouvait cesser de « réinventer la roue » des transmissions à chaque mission, elle pourrait économiser beaucoup d’argent en achetant des programmes disponibles et très fiables de gestion de réseau.

Mais les avis sont partagés au sein même de la NASA, d’un coté un groupe de chercheurs enthousiasmés par l’idée, de l’autre un groupe qui pense que l’utilisation du protocole Internet dans l’espace, du moins l'espace lointain, ne fonctionnera tout simplement jamais.

Et dans ce camp figurent quelques personnes très connues, y compris et assez étonnamment, Vinton Cerf qui, voici 30 ans, a participé à l’écriture de ce protocole. Selon Cerf et certains chercheurs de la NASA, utiliser IP pour dialoguer avec par exemple un vaisseau orbitant autour de Mars à 200 millions de kilomètres de distance, pourrait être impossible.

Ce problème de la gestion d’un réseau dans l'espace interplanétaire n'est pas un cas d’école. Les missions de la NASA vers la Lune ou Mars se précisent et l'Agence manque de temps pour déterminer quel groupe a raison.

LU
Lucas

Utiliser l'IP pour les transmission spatiales serait un pas de géant dans la colaboration interpays dans la conquète spatiale. Mais il faudrait améliorer le système, car l'IP accepte mal les perturbations parasites, en effet, la moindre erreur dans l'envoi de l'adresse de la sonde crée une rupture de transmission, or le message pourait être urgent (manoeuvre non programmée, évitement), se voir retardé, et causer la perte de la sonde.

ST
StarDreamer

Le gros problème de l'IP concerne surtout le TTL (Time to live) des packets émis vers une cible, qui entrainerait tout simplement une perte totale des paquets, une réduction de la fenêtre TCP voire l'arrêt du moteur IP.

Des premiers tests sur la lune, avec 1 seconde de délai de transmission, pourraient déjà tester le protocole en live.

Pour la longue distance, IP "tel quel" n'est pas viable, mais j'avais entendu parler -il y pas mal d'années déjà- d'une étude concernant un IP déconnecté prévu justement pour les longues distances.

Une solution consiste peut-être à encapsuler IP dans un protocole plus adéquat ? Ou alors, il va falloir revenir aux modes d'exploitation de l'IP dans les premiers temps, à savoir les modes déconnectés tels l'UUCP et le PPP (qu'on retrouve encore dans nos modems ADSL !).

L'utilisation de l'IP est un problème périlleux, et même si je pense que l'IP est LE protocole à utiliser pour les réseaux locaux et planétaires, il faudra un protocole plus robuste et adapté pour les liaisons interplanétaires. (par exemple, imaginons un satellite-relais martien qui communique en IP avec les modules en orbite et sur la planète, mais qui communique avec un autre protocole sur son "backbone" vers la Terre...)