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Posté par Redbran le Vendredi 12/01/2018 à 12:00
Les planètes extrasolaires: comme des petits pois dans une cosse
Une étude réalisée par l’observation de 909 planètes et 355 étoiles à l’observatoire Keck révèle qu’à l’inverse de notre système solaire la régularité serait la règle pour les systèmes planétaires.


Une équipe internationale de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la...) dirigée par Lauren Weiss, astrophysicienne à l’Université de Montréal, a découvert que les exoplanètes en orbite (En mécanique céleste, une orbite est la trajectoire que dessine dans l'espace un corps autour d'un autre corps sous l'effet de la gravitation.) autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne à 31 espèces d'oiseaux qui, soit appartiennent au genre Accipiter,...) d’une même étoile sont de taille similaire et à une distance régulière les unes des autres. Ce schéma, révélé par de nouvelles observations faites à l’observatoire W. M. Keck de systèmes planétaires mis au jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil...) grâce au télescope Kepler, laisse supposer que la plupart des systèmes planétaires ne se sont pas formés de la même façon que le système solaire.

Grâce en bonne partie au télescope Kepler, lancé en 2009 par la NASA (La National Aeronautics and Space Administration (« Administration nationale de l'aéronautique et de l'espace ») plus connue...), l’existence de milliers d’exoplanètes nous est maintenant connue. Ce vaste échantillon permet aux chercheurs non seulement d’étudier des systèmes en particulier, mais aussi de tirer des conclusions à propos des systèmes planétaires en général. Lauren Weiss fait partie de l’équipe du California Kepler Survey, qui a travaillé à l’observatoire W. M. Keck , sur le Maunakea à Hawaii, pour obtenir les spectres haute résolution de 1305 étoiles autour desquelles gravitent 2025 planètes découvertes par le télescope Kepler. À partir de ces spectres, l’équipe a mesuré la taille des étoiles et de leurs planètes.

Dans cette nouvelle analyse, dirigée par Lauren Weiss et publiée dans The Astronomical Journal, l’équipe s’est concentrée sur 909 planètes appartenant à 355 systèmes multiplanétaires. La plupart d’entre elles se trouvent à une distance de 1000 à 4000 années-lumière de la Terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et la plus massive des quatre planètes telluriques,...). Au moyen d’une analyse statistique (Une statistique est, au premier abord, un nombre calculé à propos d'un échantillon. D'une façon générale, c'est le résultat de l'application d'une méthode statistique...), l’équipe a constaté deux schémas étonnants.

D’abord, les exoplanètes voisines semblent être toutes de la même taille: si une planète est petite, la planète voisine qui tourne autour de la même étoile sera fort probablement de petite taille.


CRÉDIT: BILL EBBESEN.
Et si une planète est grosse, sa voisine d’orbite le sera également. Ensuite, les planètes qui tournent autour de la même étoile sont à une distance régulière les unes des autres. «Les planètes d’un système ont la même taille et sont espacées régulièrement, comme des petits pois (Le pois (Pisum sativum L.) est une espèce de plante annuelle de la famille des légumineuses (Fabacées), largement cultivée pour ses...) à l’intérieur d’une cosse. On n’observerait pas de tels schémas si la taille et l’espacement des planètes étaient aléatoires», explique l’astrophysicienne.

Comment se forment les planètes

La taille similaire des planètes et l’écart régulier qui les sépare nous donnent des indices quant à la façon dont la plupart des systèmes se forment. Selon la théorie classique, les planètes naissent dans le disque (Le mot disque est employé, aussi bien en géométrie que dans la vie courante, pour désigner une forme ronde et régulière,...) de gaz (Un gaz est un ensemble d'atomes ou de molécules très faiblement liés et quasi-indépendants. Dans l’état gazeux, la matière n'a pas de forme...) et de poussières qui entoure les étoiles nouvellement formées. Elles peuvent apparaître en groupes compacts, être de taille similaire et à égale distance les unes des autres, comme semblent le démontrer les nouveaux schémas observés dans les systèmes exoplanétaires.

Notre système solaire serait particulier

Dans notre système toutefois, les planètes proches du Soleil (Le Soleil (Sol en latin, Helios ou Ήλιος en grec) est l'étoile centrale du système solaire. Dans la classification...) sont de tailles variées et étonnamment éloignées les unes des autres. De nombreuses preuves permettent d’affirmer que Jupiter et Saturne ont perturbé la structure du système solaire à ses débuts, ce qui a provoqué la formation des quatre planètes telluriques largement espacées que nous connaissons. Le fait que les planètes dans la plupart des systèmes soient de taille et d’espacement similaires pourrait indiquer qu’elles n’ont subi que peu de perturbations depuis leur formation.

À la recherche d’autres Jupiter

Pour mettre cette hypothèse à l’épreuve, Lauren Weiss a entrepris une nouvelle étude à l’observatoire W. M. Keck: elle cherche des planètes semblables à Jupiter dans les systèmes Kepler. Les systèmes étudiés par la chercheuse et son équipe se composent de nombreuses planètes, toutes assez proches de leur étoile respective. À cause de sa durée limitée, la mission Kepler n’a pas permis de déterminer le type de planètes qui pourraient orbiter (Orbiter est un simulateur de vol spatial réaliste, diffusé sous forme de graticiel (mais non open source), pour le système d’exploitation Windows, créé par le Dr...) à plus grande distance, ni même si de telles planètes existent dans ces systèmes. L’équipe espère vérifier si la présence ou l’absence de planètes semblables à Jupiter en orbite éloignée influe sur les schémas des planètes en orbite rapprochée.

Indifféremment de l’existence de planètes éloignées, la similitude des planètes situées à faible distance des étoiles dans les systèmes extrasolaires demande une explication. S’ils découvrent le facteur déterminant de la taille des planètes, les chercheurs pourront peut-être établir quelles étoiles ont des planètes telluriques susceptibles d’abriter des formes de vie (La vie est le nom donné :).

À propos de cette étude

L’article «The California-Kepler Survey V. Peas in a Pod: Planets in a Kepler Multi-planet System are Similar in Size and Regularly Spaced» a été publié dans The Astronomical Journal le 9 janvier 2017. L’étude a été financée par la Fondation de la famille Trottier.

À propos de l'iREx

L’Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for...) de recherche sur les exoplanètes (iREx) regroupe les meilleurs chercheurs et leurs étudiants afin de tirer pleinement profit des grands projets d’observation (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens d’enquête et d’étude...) en cours ou à venir, avec l’objectif ultime de trouver de la vie ailleurs.

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Source: Université de Montréal
 
Mercredi 17 Janvier 2018 à 00:00:04 - Vie et Terre - 0 commentaire
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