41 % des Français mangent trop de sucres libres
Publié par Isabelle le 08/03/2017 à 00:00
Source: INRA

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Pour la première fois, des chercheurs de l'Inra, Danone Nutricia Research, MS-Nutrition, l'Inserm et Aix-Marseille Université ont estimé la consommation de sucres libres en France. Si les sucres libres contribuent en moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractérisant les éléments d'un ensemble de quantités : elle exprime la grandeur qu'auraient chacun des membres de l'ensemble s'ils...) à 9,5 % de l'apport énergétique des adultes français, 41 % des adultes dépassent le seuil de recommandation (Les industries ne fonctionnent pas correctement sans normes garantissant l'interopérabilité, des organismes crées pour, promulguent des recommandations, qui si elles sont suivies deviennent...) de l'Organisation (Une organisation est) mondiale de la santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.) (OMS) de 10% de l'apport énergétique journalier. Des modélisations ont également permis aux chercheurs d'identifier des changements alimentaires nécessaires pour respecter les recommandations nutritionnelles, notamment chez les trop forts consommateurs de sucres libres. Leurs résultats viennent d'être publiés en ligne dans la revue Nutrients.

L'OMS recommande de réduire à moins de 10 % de l'apport énergétique quotidien la consommation de sucres libres. Ces derniers sont définis comme les sucres ajoutés (1) aux aliments et aux boissons, ainsi que les sucres naturellement présents dans le miel, les sirops, les jus de fruits et les concentrés de jus de fruits.

Une étude menée par l'Inra, Danone Nutricia Research, MS-Nutrition, l'Inserm et Aix-Marseille Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études...) a permis d'analyser les données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) issues de l'enquête nationale de consommation alimentaire INCA2(2) concernant spécifiquement la consommation de sucres libres en France. Ils ont constaté que leur consommation contribue en moyenne à 9,5 % de l'apport énergétique des adultes, en ligne avec les recommandations de l'OMS. Cependant la consommation de sucres libres étant très variable (En mathématiques et en logique, une variable est représentée par un symbole. Elle est utilisée pour marquer un rôle dans une...) à l'échelle individuelle, on constate que 41 % des participants consomment trop de sucres libres au regard de ces recommandations.

Que la recommandation de l'OMS soit suivie ou non, les principales sources de sucres libres sont:
- les produits sucrés (61 à 68 % des apports en sucres libres via par ordre décroissant d'importance: gâteaux et pâtisseries, sucre (Ce que l'on nomme habituellement le sucre est, dès 1406, une "substance de saveur douce extraite de la canne à sucre" (Chrétien de Troyes, Le Chevalier au lion). Il est majoritairement...), miel, confiture, pâte à tartiner, confiseries, chocolat, biscuits, desserts laitiers et entremets, viennoiseries) ;
- les boissons (15 à 27 % des sucres libres via les sodas et jus de fruits) ;
- et dans une moindre mesure les produits laitiers (6 à 7 % des sucres libres via les yaourts sucrés/aromatisés/aux fruits et laits aromatisés) (3).

Les trop forts consommateurs de sucres libres ont par ailleurs, des apports énergétiques supérieurs aux autres, notamment en dehors des repas. Leur alimentation est de moindre qualité nutritionnelle (plus dense en énergie (Dans le sens commun l'énergie désigne tout ce qui permet d'effectuer un travail, fabriquer de la chaleur, de la lumière, de produire un mouvement.) et moins riche en nutriments essentiels) parce qu'ils consomment non seulement plus de produits sucrés et de boissons sucrées mais aussi moins de fruits et de légumes.

Grâce à une méthode de modélisation, les scientifiques sont parvenus à identifier les changements alimentaires individuels qui permettraient à chaque personne de se conformer à la recommandation de l'OMS sur les sucres libres tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) en respectant simultanément 32 autres recommandations nutritionnelles (macronutriments, fibres (Une fibre est une formation élémentaire, végétale ou animale, d'aspect filamenteux, se présentant généralement sous forme de faisceaux.), vitamines, minéraux, acides gras essentiels, sel...) et ce, en s'écartant le moins possible de ses propres habitudes alimentaires. Résultat: la qualité nutritionnelle de l'alimentation des Français peut être optimisée par une augmentation des quantités de fruits frais, légumes, féculents, yaourts nature, eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) et boissons chaudes et une diminution des quantités de viande, de plats composés, de fromage. Plus spécifiquement chez les trop forts consommateurs de sucres libres, l'atteinte des recommandations nutritionnelles passe par une diminution importante des quantités de produits sucrés (-21%), de boissons sucrées (-66%) et de jus de fruits (-30%).

Note:

(1). Ajoutés par le fabricant, le cuisinier (Cuisine) ou le consommateur

(2). Les études INCA constituent un des outils indispensables à l'évaluation du risque et fournissent à un moment donné une photographie des habitudes de consommations alimentaires de la population française métropolitaine. Les études INCA sont réalisées tous les 7 ans (INCA1 en 1998-99, INCA2 en 2006-07). De nombreuses équipes de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par...) d'organismes tels que l'Inra ou l'INSERM, et plusieurs équipes universitaires notamment européennes, ont exploité l'étude INCA2 à des fins de recherche sur l'alimentation.

(3). Pour les trop forts consommateurs de sucres libres (avec plus de 10% de l'apport énergétique sous forme de sucres libres): produits sucrés: 48g de sucres libres g/jour ; boissons: 21 g/j ; produits laitiers: 5g/j. Pour les autres consommateurs (en dessous des 10%): produits sucrés: 23g de sucres libres g/jour ; boissons: 5 g/j ; produits laitiers: 2,5g/j.


Référence publication:
Lluch A, Maillot M, Gazan R, Vieux F, Delaere F, Vaudaine S, Darmon N. Individual Diet Modeling Shows How to Balance the Diet of French Adults With or Without Excessive Free Sugar Intakes. Nutrients, 20 février 2017. doi:10.3390/nu9020162

Contact scientifique:
Nicole Darmon (04 91 32 42 73 et 04 99 61 22 46) Unité Nutrition (La nutrition (du latin nutrire : nourrir) désigne les processus par lesquels un être vivant transforme des aliments pour assurer son fonctionnement. La nutrition est également une science...), obésité (L'obésité est l'état d'une personne, ou d'un animal, souffrant d'une hypertrophie de la masse adipeuse, qui se traduit par un excès de poids, réparti de façon...) et risque thrombotique (Inra, Inserm, Aix-Marseille Université)
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