L'impact qui a anéanti les dinosaures a peut-être aussi créé l'un des écosystèmes souterrains les plus durables de la Terre. Une nouvelle étude dévoile que le cratère de Chicxulub a hébergé un système hydrothermal actif pendant au moins 8 millions d'années, soit quatre fois plus longtemps que ce que les scientifiques supposaient auparavant.
Le 9 juin, des chercheurs ont publié leurs travaux dans la revue Communications Earth & Environment. En alliant simulations informatiques avancées et analyse de roches prélevées directement dans le cratère, ils ont constaté que l'eau chaude circulait sous terre bien après l'impact. Ces conditions ont offert un refuge idéal pour les micro-organismes.
Vue d'artiste de la météorite qui s'écrase sur la Terre. Donald E. Davis — NASA
Pour mesurer cette durée, les scientifiques ont employé la technique de datation argon-argon sur des cristaux de feldspath riches en potassium. Ces minéraux se forment lorsque des fluides chauds traversent les roches. Les échantillons, récupérés lors de l'expédition 364 du Programme international de découverte océanique, indiquent une activité hydrothermale s'étendant de 66 à 58 millions d'années.
Plusieurs facteurs expliquent cette longévité. Les roches fracturées par l'impact sont très perméables ; la chaleur résiduelle de la collision s'ajoute à l'énergie géothermique naturelle de la région. Les simulations modernes, plus réalistes, montrent que ce système a pu soutenir la vie microbienne pendant des millions d'années.
Ce type d'environnements hydrothermaux sont considérés comme des berceaux possibles de la vie sur Terre. Si des systèmes similaires ont existé sur d'autres planètes, ils pourraient avoir permis à la vie d'émerger même après des catastrophes. Par exemple, sur Mars, de nombreux impacts pourraient avoir créé des habitats souterrains longtemps après que la surface soit devenue hostile.
Les chercheurs notent que les roches poreuses des cratères offrent une protection contre les radiations et les températures extrêmes, permettant aux micro-organismes de s'installer et de prospérer. Cette étude ouvre de nouvelles pistes pour la recherche de vie extraterrestre, en particulier sur des planètes ou satellites marqués par d'anciens impacts.