Changement de la biodiversité dans le monde: état des lieux

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C'est dans les tropiques que la perte de biodiversité est plus marquée, avec des changements plus rapides dans les écosystèmes marins que dans les écosystèmes terrestres. C'est ce que révèle une nouvelle étude publiée dans la revue Science, pour laquelle on a cartographié la variation de la biodiversité (La biodiversité est la diversité naturelle des organismes vivants. Elle s'apprécie en considérant la diversité des écosystèmes, des espèces,...) marine et terrestre. Dirigée par des scientifiques de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études...) de St Andrews et menée en collaboration avec de grandes universités d'Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme l’extrémité occidentale du continent eurasiatique, voire comme une des sous-parties...), des États‑Unis et du Canada, dont l'Université McGill, cette étude avait pour objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction précise,...) l'obtention d'un consensus sur la variabilité des changements de la biodiversité. Les chercheurs ont constaté que les écosystèmes de la planète (Une planète est un corps céleste orbitant autour du Soleil ou d'une autre étoile de l'Univers et possédant une masse suffisante pour que sa...) étaient le théâtre de changements tantôt favorables, tantôt défavorables. Autre constat: même si le nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) moyen d'espèces vivant dans les divers milieux étudiés est stable, de nombreuses régions enregistrent des gains ou des pertes d'espèces.

Variation de la biodiversité: perspective longitudinale

L'équipe internationale a examiné la variation longitudinale de la richesse et de la composition spécifique en rassemblant, puis en cartographiant, plus de 50 000 séries chronologiques issues d'études réalisées partout sur la planète et consignées dans BioTIME, base de données (En informatique, une base de données (Abr. : « BD » ou « BDD ») est un lot d'informations stockées dans un dispositif informatique. Les technologies existantes permettent...) sur la biodiversité hébergée à l'Université de St Andrews. Elle a ainsi pu dresser un portrait géographique clair du changement de la biodiversité.

Par la suite, les scientifiques ont approfondi leur examen pour déterminer les lieux et les types d'organismes qui connaissaient l'évolution la plus rapide. Ce relevé géographique de la variabilité biologique nous permettra non seulement de mieux comprendre l'évolution de la diversité du vivant dans le monde (Le mot monde peut désigner :), mais également d'orienter les priorités de conservation en ciblant les régions où des mesures de protection ou de restauration s'imposent.

Des pertes, mais non des pertes sèches

Comme le souligne la chercheuse principale, Maria Dornelas, Ph. D., de l'École de biologie (La biologie, appelée couramment la « bio », est la science du vivant. Prise au sens large de science du vivant, elle recouvre une partie des sciences naturelles et de l'histoire naturelle des...) de l'Université de St Andrews, "notre étude montre que la biodiversité est en évolution partout, mais qu'elle ne diminue pas partout. À certains endroits, elle se restaure et s'adapte."

"Par les temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) qui courent, s'il est question de biodiversité au bulletin de nouvelles, c'est souvent parce que la forêt (Une forêt ou un massif forestier est une étendue boisée, relativement dense, constituée d'un ou plusieurs peuplements d'arbres et d'espèces associées. Un boisement de faible...) amazonienne brûle ou qu'un épisode de mortalité massive (Le mot massif peut être employé comme :) est survenu dans les récifs coralliens", poursuit la chercheuse. "C'est tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) à fait justifié, parce que ce sont là des nouvelles terrifiantes. Mais il n'en demeure pas moins qu'à de nombreux endroits, mine de rien, la biodiversité se restaure, ou alors c'est le calme plat. Notre étude documente ces faits et montre qu'ils ne sont pas contradictoires."

"Nous savions que l'activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) humaine perturbait la biodiversité de bien des façons et selon des schémas temporels divers, mais nous n'avions pas de véritable état des lieux à l'échelle de la planète."

Variabilité géographique des changements

"Notre étude révèle que les changements de la biodiversité varient selon la zone géographique. L'assemblage des espèces dans un milieu donné change partout, mais ces changements interviennent plus rapidement dans les assemblages marins que dans les assemblages terrestres", explique Shane Blowes, auteur principal et chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de...) au Centre allemand de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la...) intégrative sur la biodiversité (iDiv).

Sarah Supp, professeure à l'Université Denison en Ohio, et coauteure principale de l'article, ajoute: "La variation de la biodiversité est un phénomène complexe, parce qu'on peut l'évaluer de bien des façons, notamment en dénombrant les espèces uniques et en précisant l'identité de ces espèces. Notre étude montre qu'à certains endroits, le nombre d'espèces a certes diminué, mais qu'ailleurs, il a augmenté ou est demeuré pour ainsi dire inchangé. Il y a toutefois une constante qui se dégage de tout cela, et c'est que presque partout, l'identité des espèces semble évoluer; c'est là un type de changement dont on doit absolument tenir compte dans l'élaboration des stratégies de conservation et de gestion, surtout là où le taux de renouvellement est élevé."

"Notre étude est une description fort utile du changement de la biodiversité sur la planète, et elle fait ressortir l'importance de la surveillance de cette évolution", souligne la Pre Supp. "Qui plus est, elle nous encourage à intensifier le partage de données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) et à augmenter le nombre de sites d'observation (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens d’enquête et d’étude appropriés. Le plaisir...) à long terme afin d'élargir notre aire géographique, notamment dans les zones tropicales et en eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) douce."

Chercheur à l'Université McGill et coauteur de l'étude, le Pr Andrew Gonzalez conclut: "Nous assistons à une vaste réorganisation géographique de la biodiversité sur Terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et la plus massive des quatre planètes telluriques,...) en raison de l'activité humaine et des changements climatiques. Dans l'état actuel des connaissances, tout porte à croire qu'il en sera ainsi pendant encore des décennies."

L'article "The geography of biodiversity change in marine and terrestrial assemblages" a été publié dans la revue Science: https://science.sciencemag.org/cgi/doi/10.1126/science.aaw1620
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