Comprendre l'évolution humaine grâce aux protéines

Publié par Adrien le 18/10/2020 à 09:00
Source: ASP
Depuis une dizaine d'années, l'arbre généalogique de nos ancêtres préhistoriques s'est complexifié. À l'Homo sapiens et au Néandertalien se sont ajouté de nouvelles espèces qui provoquent bien des débats chez les paléontologues. À défaut d'avoir une réponse par les ossements, l'étude des protéines pourrait lever un peu le voile sur le lien entre "eux" et "nous".


Déjà, les analyses d'ADN ont révolutionné nos connaissances de l'évolution humaine: on a pu confirmer que plusieurs espèces d'humains existaient simultanément et pouvaient se reproduire entre eux. Cependant, l'ADN se dégrade en seulement quelques milliers d'années, en particulier dans les régions chaudes et humides. Par conséquent, les tests génétiques n'ont été utilisés à ce jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la...) que pour des spécimens de moins de 50 000 ans découverts dans des régions tempérées de l'Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un...) et de l'Asie (L'Asie est un des cinq continents ou une partie des supercontinents Eurasie ou Afro-Eurasie de la...).

Des chercheurs se tournent donc vers l'étude des protéines, peut-on lire dans le New Scientist. Cela, parce que les protéines sont composées de plusieurs petites molécules appelées acides aminés et que celles-ci sont placées dans un ordre bien précis, dicté par les gènes. La séquence des acides aminés reflète donc en partie celle de l'ADN.

Ces scientifiques s'intéressent entre autres aux protéines retrouvées dans les os et les dents, comme le collagène (Le collagène est une famille de protéines fibreuses constituant les tissus conjonctifs...) ou la kératine. Ces protéines ont l'avantage de demeurer intactes plus longtemps que l'ADN et d'être présentes en plus grandes quantités dans certains tissus. Par exemple, des chercheurs ont réussi à extraire un collagène de bonne qualité dans un échantillon (De manière générale, un échantillon est une petite quantité d'une matière, d'information, ou...) vieux de 3,8 millions d'années. Une fois les protéines recueillies, leur séquençage (En biochimie, le séquençage consiste à déterminer l'ordre linéaire des...) permettrait de comparer les différences et les similitudes avec les humains d'aujourd'hui.

Cette technique a été utilisée avec succès chez des animaux comme le paresseux (Le terme Paresseux ou Aï (Folivora) est le nom vernaculaire donné à certains...). Ces résultats ont été confirmés par la suite par des études d'ADN, indiquant que le séquençage des protéines serait aussi fiable que les analyses génétiques. La méthode a également démontré un lien entre Gigantopithecus, un grand singe (Un singe (du latin simius, pluriel Simia) est un animal faisant partie du groupe constitué par...) vieux de 1,9 million (Un million (1 000 000) est l'entier naturel qui suit neuf cent quatre-vingt-dix-neuf...) d'années maintenant disparu, et l'orang-outan (L’orang-outan (Pongo pygmaeus), aussi orthographié orang-outang, est un singe...) moderne.

Des résultats prometteurs

Des scientifiques ont également eu recours à cette méthode pour identifier une mâchoire vieille de 160 000 ans découverte au Tibet. Selon les analyses, l'os proviendrait d'un membre du groupe des Dénisoviens qui peuplaient jadis l'Asie.

Une autre équipe a réussi à décrire l'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection...) des protéines formant (Dans l'intonation, les changements de fréquence fondamentale sont perçus comme des variations de...) l'émail d'une dent (Une dent est un organe enveloppé d'os, dur, blanchâtre, généralement...) de 950 000 ans qui aurait appartenu à l'Homo (Homo est le genre qui réunit l'Homme moderne et les espèces apparentées. Le genre...) antecessor, un parent possible de notre ancêtre commun (En phylogénie, un ancêtre commun à plusieurs espèces est l'individu le plus...) avec les Néandertaliens et les Dénisoviens.

Les scientifiques aimeraient maintenant utiliser cette technique pour établir la relation entre nous et des espèces d'humains encore énigmatiques, comme Homo floresiensis et Homo naledi. L'étrange mélange (Un mélange est une association de deux ou plusieurs substances solides, liquides ou gazeuses...) de traits humains et simiesques de ces individus complique en effet le travail des paléontologues. De plus, ils ne disposent pas d'échantillons d'ADN pour les aider à résoudre le mystère.

Le séquençage des protéines serait donc une avenue (Une avenue est une grande voie urbaine. Elle est en principe plantée d'arbres, et conduit à un...) intéressante pour placer H. floresiensis et H. naledi dans l'arbre (Un arbre est une plante terrestre capable de se développer par elle-même en hauteur, en...) généalogique. Et comprendre quand nos espèces ont pris des chemins séparés.
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