Controverse: la clé du mystère de l'anomalie Pioneer ?

Publié par Michel le 19/08/2006 à 00:00
Source: New Scientist Space
Illustration: NASA
Les variations non expliquées de l'accélération des sondes Pioneer 10 et 11 de la NASA, dans les années 80 et 90, sont peut-être dues à phénomènes analogues à ceux intervenus pour d'autres sondes plus récentes. Les sondes NEAR et Galileo de la NASA (La National Aeronautics and Space Administration (« Administration nationale de l'aéronautique et de l'espace ») plus connue sous son...), ainsi que Rosetta de l'ESA, ont toutes montré des augmentations inattendues de leur vitesse (On distingue :) lorsqu'elles ont survolé la Terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et...) (1). Des scientifiques californiens, qui ont étudié toutes ces anomalies, pensent leur avoir trouvé une cause simple, qui pourrait exiger de faire intervenir une nouvelle physique (La physique (du grec φυσις, la nature) est étymologiquement la « science de la nature ». Dans un sens général et ancien, la physique...).


Vue d'artiste (Est communément appelée artiste toute personne exerçant l'un des métiers ou activités suivantes :) de la sonde (Une sonde spatiale est un vaisseau non habité envoyé par l'Homme pour explorer de plus près des objets du système solaire et, pour certaines, l'espace qui est au-delà. Cela couvre à la fois les mesures in situ (champs...) Pioneer 10 (La sonde Pioneer 10 (à ne pas confondre avec la sonde lunaire Pioneer X) lancée le 3 mars 1972 fut le premier objet fabriqué par des humains à quitter le système solaire (soit à franchir l'héliopause en 1987).)

Dans les années 80, les chercheurs de la NASA ont remarqué que le vaisseau spatial Pioneer 11 (La sonde Pioneer 11 fut lancée environ un an après sa grande sœur Pioneer 10 le 5 avril 1973 par la fusée Atlas/Centaur/TE364-4. Elle avait eu...) ralentissait plus rapidement que prévu tandis qu'il approchait des confins du Système Solaire (Le système solaire est un système planétaire composé d'une étoile, le Soleil et des corps célestes ou objets définis gravitant...). L'effet a persisté jusqu'à ce que la NASA perde le contact avec la sonde en 1995. Un effet semblable est apparu pour Pioneer 10, qui avait été envoyé dans la direction opposée. En 1998, John Anderson, alors au JPL à Pasadena, et ses collègues rendaient publique leur découverte.

Depuis lors, d'autres sondes spatiales ont présenté des changements non expliqués de leur vitesse. Quand les sondes Galileo (Galileo est le nom du futur système de positionnement par satellites européen, en test depuis 2004, qui commencera à être utilisable en 2010 et le sera pleinement en 2012.), NEAR et Rosetta ont survolé la Terre, leur vitesse a augmenté plus que prévu. La plus grande anomalie a été enregistrée pour NEAR, dont la vitesse a dépassé de 13 millimètres par seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une...) la valeur calculée. Cette différence est beaucoup plus grande que les erreurs de mesure prévues. Anderson, qui travaille actuellement pour Global Aerospace Corporation, et son équipe pensent que les deux effets pourraient être connexes. Ils ont analysé de nouveau les données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) Pioneer et ont indiqué que les variations inattendues de l'accélération (L'accélération désigne couramment une augmentation de la vitesse ; en physique, plus précisément en cinématique, l'accélération est une grandeur vectorielle qui indique la modification...) de Pioneer 11 semblent avoir commencé juste après son survol de Saturne en septembre 1979.

Les données de Pioneer 10 n'étaient pas assez précises lors de son survol de Jupiter pour démontrer que ses problèmes d'accélération ont commencé lors de cette rencontre. Cependant des données récemment sorties d'archive pourraient permettre de reconstruire les missions Pioneer 10 et 11 dans leur intégralité, ce qui pourrait aider à déterminer si l'anomalie de Pioneer 10 a commencé également lors d'un survol rapproché de planète (Une planète est un corps céleste orbitant autour du Soleil ou d'une autre étoile de l'Univers et possédant une masse suffisante pour que sa...).

Les chercheurs déclarent que tandis qu'il est possible qu'un effet ignoré de la physique classique puisse expliquer les anomalies, quelque chose de plus exotique pourrait également être impliqué. Par exemple, il est possible que la trajectoire (La trajectoire est la ligne décrite par n'importe quel point d'un objet en mouvement, et notamment par son centre de gravité.) des sondes ait pu être influencée par la présence de matière (La matière est la substance qui compose tout corps ayant une réalité tangible. Ses trois états les plus communs sont l'état solide, l'état liquide, l'état gazeux. La...) sombre dans le Système Solaire, voire que les lois de la gravitation (La gravitation est le phénomène d'interaction physique qui cause l'attraction réciproque des corps massifs entre eux, sous l'effet de leur masse. Il s'observe au quotidien...) aient besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un classement des besoins humains en trois grandes catégories : les...) d'être corrigées. "Nous lançons ces hypothèses pour indiquer que les anomalies pourraient avoir une cause simple", dit Anderson. "Nous pensons qu'il est réellement temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) que la communauté scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les méthodes scientifiques.) envisage cela".

Peter Antreasian, un expert en matière de navigation (La navigation est la science et l'ensemble des techniques qui permettent de :) spatiale du JPL qui a étudié les anomalies de Galileo et de NEAR lors de leur survol rapproché de la Terre, pense que l'explication devra tenir compte d'une loi modifiée de la gravitation ou de toute autre nouvelle physique. Il ne les relie cependant pas à l'anomalie Pioneer (L'anomalie Pioneer ou l'effet Pioneer désigne la différence entre la trajectoire observée et la trajectoire attendue d'un certain nombre de sondes...), puisque, pour ce cas, la force (Le mot force peut désigner un pouvoir mécanique sur les choses, et aussi, métaphoriquement, un pouvoir de la volonté ou encore une vertu morale « cardinale » équivalent au courage (cf. les articles...) semble toujours se diriger dans le même sens (SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence) est un projet scientifique qui a pour but l'extension radicale de l'espérance de vie humaine. Par une évolution progressive allant du...), en direction contraire du mouvement, vers le Soleil (Le Soleil (Sol en latin, Helios ou Ήλιος en grec) est l'étoile centrale du système solaire. Dans la classification astronomique, c'est une étoile de type...). Dans les survols de la Terre, en revanche, "une force directionnelle telle que celle exercée sur Pioneer aurait été très visible dans les données radiométriques des derniers jours (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son...) précédents la rencontre", indique-t-il. "Quelle que soit la cause de cette anomalie, elle ne semble agir que juste quelques minutes ( Forme première d'un document : Droit : une minute est l'original d'un acte. Cartographie géologique ; la minute de terrain est la carte originale,...) avant le point (Graphie) du survol le plus proche de la Terre".

Tout le monde (Le mot monde peut désigner :) scientifique n'est pas cependant convaincu que les anomalies des survols de la Terre correspondent à une nouvelle physique. "C'est comme un fermier de Louisiane qui aperçoit une lumière (La lumière est l'ensemble des ondes électromagnétiques visibles par l'œil humain, c'est-à-dire comprises dans des longueurs d'onde de 380nm (violet) à 780nm (rouge). La lumière...) dans le ciel (Le ciel est l'atmosphère de la Terre telle qu'elle est vue depuis le sol de la planète.) et qui crie immédiatement à l'OVNI, sans prendre en compte que ce pourrait être un certain nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) d'autres choses", indique Myles Standish, responsable du calcul des trajectoires des corps dans le Système Solaire au JPL. Selon lui l'anomalie des survols de la Terre est presque certainement due à une erreur de mesure ou à une analyse incomplète utilisant la physique classique.

(1) une sonde spatiale peut re-survoler la Terre longtemps après son lancement afin d'acquérir une vitesse plus grande et une direction différente (En mathématiques, la différente est définie en théorie algébrique des nombres pour mesurer l'éventuel défaut de dualité d'une application définie à l'aide de la trace, dans l'anneau des entiers d'un...) par assistance gravitationnelle (L'assistance gravitationnelle, dans le domaine de l'astronautique, est l'utilisation de l'effet du champ gravitationnel d'un corps céleste sur le vecteur vitesse d'un engin...).

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