COVID-19: la quantité d'anticorps capables de neutraliser le virus diminue après six semaines

Publié par Adrien le 13/06/2020 à 09:00
Source: Université de Montréal
Si les anticorps neutralisants sont à la base de la mise au point de futurs vaccins contre le SRAS-CoV-2, il faut néanmoins rester prudent, affirment des chercheurs et chercheuses du Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (Montréal est à la fois région administrative et métropole du Québec[2]. Cette grande agglomération canadienne constitue un centre majeur du commerce, de...) (CRCHUM).

"Notre étude montre que plus de 6 personnes infectées sur 10 ont produit des anticorps neutralisants deux semaines seulement après le début des symptômes de la maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.). Cependant, cette capacité de neutralisation diminue après six semaines. Dans ce cas, quelques piqûres de rappel du vaccin seront peut-être nécessaires pour protéger à long terme la population", dit le chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant les...) Andrés Finzi, titulaire de la Chaire de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique,...) du Canada en entrée rétrovirale et professeur à l'Université de Montréal (L’Université de Montréal est l'un des quatre établissements d'enseignement supérieur de Montréal au Québec. Elle est l'une des dix grandes universités du Canada...).


Si les anticorps neutralisants sont à la base de la mise au point de futurs (Futurs est une collection de science-fiction des Éditions de l'Aurore.) vaccins contre le SRAS-CoV-2, il faut néanmoins rester prudent. Crédit: Getty

Dans une étude non révisée par les pairs et mise en ligne sur le serveur de prépublication bioRxiv, l'équipe du Dr Finzi a évalué la capacité de neutralisation du plasma ( En physique, le plasma décrit un état de la matière constitué de particules chargées (d'ions et d'électrons). Le plasma quark-gluon est un plasma qui constituerait les...) ‒ le composant liquide (La phase liquide est un état de la matière. Sous cette forme, la matière est facilement déformable mais difficilement compressible.) du sang (Le sang est un tissu conjonctif liquide formé de populations cellulaires libres, dont le plasma est la substance fondamentale et est présent chez la plupart des animaux. Un humain adulte est doté d’environ 5 litres de...) contenant les anticorps ‒ une, deux, trois et six semaines après le début des symptômes de la maladie. Pour ce faire, elle a utilisé des pseudoparticules virales qui expriment à leur surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois...) la glycoprotéine S (ou glycoprotéine Spike) du SRAS-CoV-2. Cette "clé d'entrée" permet au virus (Un virus est une entité biologique qui nécessite une cellule hôte, dont il utilise les constituants pour se multiplier. Les virus existent sous une forme...) de débloquer la porte des cellules saines, d'y entrer et de les infecter.

Pour mener ses expérimentations, l'équipe scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les méthodes scientifiques.) s'est servie des échantillons de plasma de 108 patients, sains, infectés ou convalescents, fournis par ses collègues d'Héma-Québec et du Laboratoire de santé publique (La santé publique peut être définie de diverses manières. On peut en effet la présenter comme « l'étude, d'une part, des déterminants physiques, psychosociaux et socioculturels de la santé...) du Québec.

Reconnaître n'est pas neutraliser


Le professeur Andrés Finzi
Les résultats de l'étude confirment aussi ceux d'autres études récentes: après trois semaines, plus de 90 % des personnes infectées ont des anticorps qui reconnaissent l'une des signatures du SRAS-CoV-2, la glycoprotéine S. Après six semaines, c'est 100 %.

Mais pour un anticorps, reconnaître un virus ne signifie pas pour autant qu'il est capable de le neutraliser. L'éventail d'action est large: certains le mettent en échec avec efficacité, d'autres le bloquent timidement ou pas du tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.).

"Est-ce que les personnes qui ont développé des anticorps neutralisants seront protégées d'une réinfection ? Nous ne le savons pas encore, mentionne Andrés Finzi. En cas de réinfection, on peut supposer que les lymphocytes B dits à mémoire (D'une manière générale, la mémoire est le stockage de l'information. C'est aussi le souvenir d'une information.) seront rapidement activés pour produire les anticorps neutralisants du virus."

D'autres études seront nécessaires pour déterminer, par exemple, pendant combien de temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) une personne exposée une seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de mesure du...) fois au virus est protégée ou si la protection nécessite la production d'anticorps neutralisants. Voilà les prochaines questions auxquelles l'équipe du Dr Finzi compte s'attaquer, maintenant que les tests sérologiques ELISA, la cytométrie en flux (Le mot flux (du latin fluxus, écoulement) désigne en général un ensemble d'éléments (informations / données, énergie, matière, ...) évoluant dans un sens commun. Plus précisément le terme est employé dans les...) et les tests de neutralisation virale ont été élaborés dans son laboratoire.

Pour aller plus loin

- Selon cette étude, plus de 6 personnes infectées sur 10 ont produit des anticorps neutralisants deux semaines seulement après le début des symptômes de la maladie. Les quatre restantes n'ont pas eu recours à cet arsenal immunitaire pour guérir.

- Contrairement aux tests virologiques ou PCR, qui permettent au moment du prélèvement d'affirmer qu'une personne est infectée, les tests sérologiques permettent de déterminer si une personne a été touchée par la COVID-19 en vérifiant si elle a développé des anticorps.

Financement

- Ce projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et l’intégration d’une grande diversité de contribution,...) de recherche a été financé par le ministère de l'Économie et de l'Innovation du Québec ainsi que par la Fondation du CHUM.

- Cette recherche reçoit le soutien de Mitacs dans le cadre du programme Mitacs Accélération (L'accélération désigne couramment une augmentation de la vitesse ; en physique, plus précisément en cinématique, l'accélération est une grandeur vectorielle qui indique...).
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