Découverte fortuite d'une nouvelle galaxie dans notre voisinage cosmique
Publié par Redbran le 07/02/2019 à 14:00
Source: Université de Montréal
C'est en utilisant le télescope spatial Hubble de la NASA-ESA afin d'étudier certaines des étoiles les plus anciennes et les plus faibles de l'amas globulaire NGC 6752 que des astronomes ont fait cette découverte inattendue. Le professeur Pierre Bergeron, du Département de physique (La physique (du grec φυσις, la nature) est étymologiquement la « science de la nature ». Dans un...) de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa...) de Montréal (Montréal est à la fois région administrative et métropole du Québec[2]. Cette grande agglomération canadienne constitue un centre majeur du commerce, de l'industrie, de la culture, de la finance et des...) et membre du Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension...) en astrophysique (L’astrophysique (du grec astro = astre et physiqui = physique) est une branche interdisciplinaire de l'astronomie qui concerne principalement la physique et l'étude des...) du Québec, fait partie de l'équipe internationale à l'origine de la découverte.


La galaxie Bedin 1, découverte par hasard (Dans le langage ordinaire, le mot hasard est utilisé pour exprimer un manque efficient, sinon de causes, au moins d'une reconnaissance de cause à effet d'un événement.) Crédit: NASA (La National Aeronautics and Space Administration (« Administration nationale de l'aéronautique et de l'espace ») plus connue sous son abréviation NASA, est l'agence gouvernementale responsable du...), ESA, Bedin et al.

Au cours de leurs observations (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens d’enquête et...) avec Hubble, ils ont aperçu un groupe compact d'étoiles à la périphérie (Le mot périphérie vient du grec peripheria qui signifie circonférence. Plus généralement la périphérie désigne une limite éloignée d'un objet ou d'une chose.) du champ (Un champ correspond à une notion d'espace défini:) observé grâce à la caméra (Le terme caméra est issu du latin : chambre, pour chambre photographique. Il désigne un appareil de prise de vues animées, pour le cinéma, la télévision ou...) du télescope (Un télescope, (du grec tele signifiant « loin » et skopein signifiant « regarder, voir »), est un instrument...). Après une analyse minutieuse de leur luminosité (La luminosité désigne la caractéristique de ce qui émet ou réfléchit la lumière.) et de leur température (La température est une grandeur physique mesurée à l'aide d'un thermomètre et étudiée en thermométrie. Dans la vie courante, elle est...), les astronomes ont conclu que ces étoiles n'appartenaient pas à l'amas - qui fait partie de la Voie lactée (La Voie lactée (appelée aussi « notre galaxie », ou parfois simplement « la Galaxie », avec une majuscule) est le nom de la galaxie dans laquelle se situent le Système solaire (dont la...) -, mais étaient plutôt situées à des millions d'années-lumière plus loin.

Une petite galaxie obscure

Cette nouvelle galaxie, surnommée Bedin 1 par les astronomes, est une galaxie allongée de taille modeste. Elle ne mesure qu'environ 3000 années-lumière dans sa plus grande étendue ‒ une fraction de la taille de la Voie lactée. Non seulement elle est minuscule, mais elle est également incroyablement peu lumineuse. Ces propriétés ont conduit les astronomes à la classer comme une galaxie sphéroïdale naine.

Les galaxies sphéroïdales naines se définissent par leur petite taille, leur faible luminosité, leur manque de poussière et leurs vieilles populations stellaires. On connaît déjà 36 galaxies de ce type dans le groupe local (Le Groupe local est l'ensemble d'une trentaine de galaxies auquel appartient notre Galaxie. Son diamètre est d'environ 3 millions de parsecs.) des galaxies, dont 22 sont des galaxies satellites (Satellite peut faire référence à :) de la Voie lactée.

Bien que les galaxies naines sphéroïdales ne soient pas rares, Bedin 1 présente certaines caractéristiques remarquables. C'est non seulement l'une des quelques naines sphéroïdales dont la distance est bien établie, mais elle est également extrêmement isolée. Elle se situe à environ 30 millions d'années-lumière de la Voie lactée et à 2 millions d'années-lumière de la plus grande galaxie hôte plausible, NGC 6744, ce qui en fait probablement la petite galaxie naine (Une galaxie naine est une petite galaxie composée de l'ordre de 10 milliards d'étoiles, un nombre relativement faible par rapport aux 100 milliards...) la plus isolée découverte à ce jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à minuit heure locale)...).

D'après les propriétés de ses étoiles, les astronomes ont pu en déduire que la galaxie est vieille d'environ 13 milliards d'années – presque aussi vieille que l'univers (L'Univers est l'ensemble de tout ce qui existe et les lois qui le régissent.) lui-même. En raison de son isolement – faisant en sorte qu'elle n'a eu pratiquement aucune interaction (Une interaction est un échange d'information, d'affects ou d'énergie entre deux agents au sein d'un système. C'est une action réciproque qui suppose l'entrée en contact de...) avec les autres galaxies – et de son âge, Bedin 1 est l'équivalent astronomique d'un fossile (Un fossile (dérivé du substantif du verbe latin fodere : fossile, littéralement « qui est fouillé ») est le...) vivant du début de l'univers.

La découverte de Bedin 1 est une découverte vraiment fortuite. Très peu d'images de Hubble permettent de voir des objets aussi peu lumineux, et elles ne couvrent qu'une petite partie du ciel (Le ciel est l'atmosphère de la Terre telle qu'elle est vue depuis le sol de la planète.). Les futurs (Futurs est une collection de science-fiction des Éditions de l'Aurore.) télescopes à large champ de vision, tels que le télescope WFIRST, disposeront de caméras couvrant une zone beaucoup plus vaste du ciel et pourraient en trouver beaucoup plus.

À propos des galaxies sphéroïdales naines

Bien que semblables aux galaxies elliptiques naines par leur apparence et leurs propriétés, les galaxies sphéroïdales naines ont en général une forme approximativement sphérique et une luminosité plus faible.

Plus d'information:

Le télescope spatial Hubble (Le télescope spatial Hubble (en anglais, Hubble Space Telescope ou HST) est un télescope en orbite à environ 600 kilomètres d'altitude, il effectue un tour complet de la Terre toutes les 100 minutes. Il est nommé en l'honneur de l'astronome...) est un projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et l’intégration d’une grande...) de coopération internationale entre l'ESA et la NASA.

Les résultats ont été présentés dans la lettre “The HST Large Programme on NGC 6752. I. Serendipitous discovery of a dwarf galaxy in background”, publiée dans la revue Monthly Notices of the Royal Astronomical Society: Letters.

L'équipe internationale d'astronomes qui a mené cette étude est composée de L. R. Bedin (INAF-Osservatorio Astronomico di Padova, Italie), M. Salaris (Liverpool John Moores University, Royaume-Uni), R. M. Rich (University of California Los Angeles (Los Angeles est une ville des États-Unis située au sud de la Californie, sur la côte pacifique. Les Américains l'appellent souvent par son diminutif L.A. prononcé « él...), ÉU), H. Richer (University of British Columbia), J. Anderson (Space Telescope Science (La science (latin scientia, « connaissance ») est, d'après le dictionnaire Le Robert, « Ce que l'on sait pour l'avoir...) Institute, ÉU), B. Bettoni (INAF-Osservatorio Astronomico di Padova, Italie), D. Nardiello (Università di Padova, Italie), A. P. Milone (Università di Padova, Italie), A. F. Marino (Università di Padova, Italie), M. Libralato (Space Telescope Science Institute, ÉU), A. Bellini (Space Telescope Science Institute, ÉU), A. Dieball (University of Bonn, Allemagne), P. Bergeron (Université de Montréal), A. J. Burgasser (University of California San Diego, ÉU), D. Apai (University of Arizona, ÉU).

Contact chercheur:
Prof. Pierre Bergeron, Université de Montréal
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