Une découverte qui pourrait permettre d'atténuer l'inflammation liée à l'âge

Publié par Adrien le 22/08/2020 à 09:00
Source: Université de Montréal
Des chercheurs du Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CRCHUM) ont découvert une nouvelle fonction accomplie par des protéines responsables de la réparation de l'ADN dans l'atténuation d'une réponse inflammatoire des cellules vieillissantes, aussi appelées cellules sénescentes, qui s'accumulent avec l'âge.


Des chercheurs ont découvert une nouvelle fonction accomplie par des protéines responsables de la réparation de l'ADN dans l'atténuation d'une réponse inflammatoire des cellules vieillissantes. Crédit: Getty

Selon les chercheurs, cette fonction permet de distinguer une cellule légèrement endommagée d'une cellule très malade ou vieillissante. Cette distinction pourrait permettre de réduire la réponse inflammatoire au bon moment pour améliorer le traitement des maladies associées au vieillissement (La notion de vieillissement décrit une ou plusieurs modifications fonctionnelles diminuant...).

Cette étude répond à des questions datant de presque 10 ans liant (Un liant est un produit liquide qui agglomère des particules solides sous forme de poudre....) les dommages de l'ADN et l'inflammation (Une inflammation est une réaction de défense immunitaire stéréotypée du...) chronique associée au vieillissement, aussi appelée inflammation liée à l'âge. L'étude est publiée dans le journal scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui...) EMBO Reports.

Nous en discutons avec le professeur Francis Rodier, du Département de radiologie, radio-oncologie et médecine nucléaire (La médecine nucléaire est l'ensemble des applications médicales des radiotraceurs,...), chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la...) au CRCHUM et à l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est...) du cancer (Le cancer est une maladie caractérisée par une prolifération cellulaire anormalement...) de Montréal (Montréal est à la fois région administrative et métropole du Québec[2]. Cette grande...), qui a supervisé le travail de son postdoctorant Nicolas Malaquin, premier auteur de l'étude.


Francis Rodier Crédit: Bonesso-Dumas
Votre percée est-elle importante pour comprendre les effets du vieillissement ?

Tout à fait. Le vieillissement est accompagné d'une baisse de la santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste...) globale, d'une baisse des fonctions normales des organes, mais aussi d'une augmentation des risques de souffrir de maladies telles que le cancer, l'athérosclérose, le diabète (Le diabète présente plusieurs formes, qui ont toutes en commun des urines abondantes...) et l'alzheimer. Tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou...) cela est provoqué par une inflammation chronique dite liée à l'âge. Nous savons que l'accumulation de cellules sénescentes ‒ ces cellules endommagées ne sont plus capables de proliférer ou de remplir correctement leur fonction, mais demeurent vivantes et actives dans l'organisme ‒ est responsable au moins en partie de ces problèmes.

C'est pourquoi il devient nécessaire de les maîtriser ?

Exact. Les effets négatifs de cellules sénescentes sont principalement dus à la production d'une multitude de molécules pro-inflammatoires. Alors, il va de soi que cibler et chercher à atténuer cette inflammation ou simplement éliminer les cellules sénescentes sont des approches thérapeutiques prometteuses pour freiner les aspects néfastes du vieillissement et guérir les affections associées. Comprendre les mécanismes agissant sur cette inflammation paraît donc essentiel pour raffiner les approches thérapeutiques émergentes qui tentent d'améliorer la santé durant le vieillissement par la manipulation de la sénescence cellulaire.

Qu'est-ce que vous avez découvert dans votre laboratoire et est-ce porteur pour l'avenir ?

Nous avons découvert un nouveau mécanisme qui permet de limiter l'aspect pro-inflammatoire des cellules sénescentes. Plus spécifiquement, nous avons mis en évidence une nouvelle fonction de protéines ‒ les protéines MRE11 et ATM ‒ connues pour leur rôle absolument essentiel dans la réparation de l'ADN. Enlever ces protéines ou inhiber leur action empêchent la production des molécules pro-inflammatoires par les cellules sénescentes. Notre étude permet de répondre à des questions laissées en suspens depuis près de 10 ans et ouvre des perspectives très intéressantes pour la suite de nos recherches. Il faut savoir que bien souvent trouver une réponse crée de nouvelles questions. Dans ce cas-ci, il faut maintenant trouver une façon d'interférer avec l'aspect pro-inflammatoire de ces protéines, sans les empêcher de réparer l'ADN correctement. Selon nos résultats, cela semble possible, donc les avenues de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue...) sont déjà tracées.
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