Découverte de trois nouvelles espèces d'éponges carnivores
Publié par Adrien le 05/04/2011 à 12:00
Source: CNRS-INEE
Un régime alimentaire carnivore chez les éponges abyssales a été découvert au Centre océanologique de Marseille il y a une quinzaine d'années. La diversité de ces éponges carnivores est grandement sous-estimée, en particulier dans le Pacifique profond. Co-signé par un chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant les domaines de...) du laboratoire DIMAR (Diversité, évolution et écologie fonctionnelle (En mathématiques, le terme fonctionnelle se réfère à certaines fonctions. Initialement, le terme désignait les fonctions qui...) marine, UMR 6540 CNRS-Université de la Méditerranée Aix-Marseille II), un article à paraître dans la revue Hydrobiologia décrit trois nouvelles espèces découvertes au large de la Nouvelle-Zélande (La Nouvelle-Zélande est un pays de l'Océanie, au Sud-Ouest de l'océan Pacifique, constitué de deux îles principales (l'île du Nord et l'île...).


À gauche, une éponge carnivore de Nouvelle-Zélande, actuellement en cours de description sous le nom d'Abyssocladia sphaerichela.
À droite, une vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et l'interprétation des rayonnements lumineux.) au microscope d'un spicule siliceux d'Abyssocladia carcharias, une des trois nouvelles espèces décrites dans l'étude. Ces spicules servent (Servent est la contraction du mot serveur et client.) à la capture (Une capture, dans le domaine de l'astronautique, est un processus par lequel un objet céleste, qui passe au voisinage d'un astre, est retenu dans la gravisphère de ce...) des crustacés (Les crustacés (Crustacea) sont des arthropodes, c'est-à-dire des animaux dont le corps est revêtu d’un exosquelette chitinoprotéique appelé cuticule et souvent imprégné de...) dont l'éponge se nourrit.
Crédit photo: Jean Vacelet.

La faune des éponges carnivores abyssales dans le sud-ouest (Le sud-ouest est la direction à mi-chemin entre les points cardinaux sud et ouest. Le sud-ouest est opposé au nord-est.) de l'océan Pacifique (L'océan Pacifique, qui s'étend sur une surface de 180 000 000 km², est l'océan le plus vaste du globe terrestre. Il comprend entièrement l'Océanie et quelques autres îles et...) s'avère d'une diversité remarquable, au point (Graphie) que la plupart des espèces qui y sont collectées sont inconnues des chercheurs. C'est notamment le cas au large de la Nouvelle-Zélande, d'où proviennent les trois nouvelles espèces décrites dans l'étude: Abyssocladia carcharias, Asbestopluma anisoplacochela et Asbestopluma desmophora. Ces trois espèces présentent des spicules originaux et, pour deux d'entre elles, d'un type entièrement inédit. Les spicules sont des petites particules minérales qui constituent le squelette (Le squelette est une charpente animale rigide servant de support pour les muscles. Il est à la base de l'evolution des vertébrés. Celui ci leur a fourni un avantage sélectif conséquent suite au...) de l'éponge et, ici, servent aussi à la capture des crustacés dont l'éponge se nourrit. Un de ces spicules fait tellement penser à une mâchoire de squale que l'espèce (Dans les sciences du vivant, l’espèce (du latin species, « type » ou « apparence ») est le taxon de base de la systématique. L'espèce est un concept flou dont il existe...) a été baptisée Abyssocladia carcharias en hommage au grand requin blanc (Le grand requin blanc (Carcharodon carcharias) est un des plus grands poissons prédateurs vivant actuellement dans les océans. Il est le seul représentant actuel du...), dont le nom latin est Carcharodon carcharias.

Une dizaine d'autres espèces découvertes dans la même région sont actuellement en cours de description. Etant donné l'originalité et la variété des spicules, sur lesquels se base la classification des éponges, les chercheurs ont du mal à effectuer des rapprochements et à classer ces animaux. Un obstacle qui sera difficile à surmonter par une approche moléculaire car la plupart des spécimens sont de très petite taille et, étant essentiellement composés d'un squelette minéral de silice (La silice est constituée de dioxyde de silicium, un composé chimique qui entre dans la composition de nombreux minéraux ; sa formule est SiO2.), contiennent très peu de tissus organiques mous.
Page générée en 2.777 seconde(s) - site hébergé chez Amen
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique