Expliquer les glissements lents et les trémors non volcaniques
Publié par Adrien le 15/06/2018 à 00:00
Source: CNRS-INSU
Ces vingt dernières années, le développement de réseaux haute résolution sismologiques et géodésiques denses a permis la découverte de nouveaux signaux transitoires appelés séismes lents, parmi lesquels on trouve les trémors non-volcaniques et les glissements lents épisodiques. La combinaison (Une combinaison peut être :) de ces phénomènes est communément observée le long des frontières de plaques, entre la zone sismogénique bloquée à faible profondeur et la zone en fluage ductile à plus grande profondeur. Cette association définie des glissements et trémors épisodiques (Episodic Tremor and Slip, ETS), systématiquement associés à des surpressions de fluides ainsi qu'à des conditions proches de la rupture. Mêlant comportements sismiques et déformation asismique plus long-terme à la transition fragile-ductile d'une interface (Une interface est une zone, réelle ou virtuelle qui sépare deux éléments. L’interface désigne ainsi ce que chaque élément a besoin de connaître de l’autre pour pouvoir...) de plaque, la physique (La physique (du grec φυσις, la nature) est étymologiquement la « science de la nature ». Dans un sens général et ancien, la physique désigne la...) cachée derrière les ETS reste peu comprise de nos jours (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par...).


Différents modes de glissement le long d'une interface de zone de subduction (ex. Cascades) avec un domaine sismogénique bloqué (rouge) à faible profondeur et un domaine en fluage ductile asismique (vert) à plus grande profondeur. Entre ces deux domaines se dévoile une zone de transition sismique-asismique marquée par des glissements lents et trémors non-volcaniques (bleue). C'est dans cette zone detransition marquée par des surpressions de fluides que s'applique notre modèle rhéologique fragile-ductile alliant microfracturation et colmatage des grains. Crédits: M. Bernaudin

Dans une publication récente parue dans Geophysical Research Letters, les auteurs du Laboratoire Géosciences Montpellier proposent un nouveau modèle mécanique (Dans le langage courant, la mécanique est le domaine des machines, moteurs, véhicules, organes (engrenages, poulies, courroies, vilebrequins, arbres de transmission, pistons, ...), bref, de tout...) basé sur l'étude de microstructures pour expliquer ces phénomènes transitoires. Leur modélisation allie une rhéologie ductile dépendante de la taille des grains, de la microfracturation, du colmatage ainsi que des variations de la pression (La pression est une notion physique fondamentale. On peut la voir comme une force rapportée à la surface sur laquelle elle s'applique.) de fluide (Un fluide est un milieu matériel parfaitement déformable. On regroupe sous cette appellation les gaz qui sont l'exemple des fluides compressibles, et les liquides, qui sont des fluides peu...),fonction des changements de porosité et de pompage (Le pompage est un phénomène aérodynamique qui intervient dans un compresseur. Il s'agit d'une instabilité aérodynamique qui donne naissance à des ondes longitudinales. Une inversion du sens...) des fluides. L'évolution dynamique (Le mot dynamique est souvent employé désigner ou qualifier ce qui est relatif au mouvement. Il peut être employé comme :) des microstructures définie ainsi des cycles de localisation ductile de la déformation en lien avec une augmentation de la pression de fluide.

Les scientifiques proposent de mettre en relation les glissements lents épisodiques avec une localisation transitoire de la déformation alors que les trémors nonvolcaniques correspondraient à une fracturation de la roche (La roche, du latin populaire rocca, désigne tout matériau constitutif de l'écorce terrestre. Tout matériau entrant dans la composition du sous-sol est formé par un...) lors d'un pulse de pression de fluide. Leur modèle reproduit correctement les conditions de pression et de température (La température est une grandeur physique mesurée à l'aide d'un thermomètre et étudiée en thermométrie. Dans la vie courante,...) auxquelles les ETS sont observés et pointe également l'importance de la disponibilité (La disponibilité d'un équipement ou d'un système est une mesure de performance qu'on obtient en divisant la durée durant laquelle ledit équipement ou système est opérationnel par la durée...) des fluides dans le déclenchement de ces phénomènes.

Aussi théorique soit-elle, cette approche novatrice ouvre de nouvelles perspectives dans la compréhension des séismes lents et plaide pour une meilleure prise en compte de la déformation ductile distribuée dans l'étude de la physique des séismes.
Page générée en 0.433 seconde(s) - site hébergé chez Amen
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique