Faut-il éviter de consommer du poisson à cause du mercure ?

Publié par Adrien le 22/08/2020 à 09:00
Source: ASP
Le poisson est parmi les aliments les plus consommés au monde. Et avec lui, revient périodiquement une crainte, celle de la contamination au mercure. Devrait-on éviter d'en consommer ?


Truite arc-en-ciel - pikist.com

L'origine de l'inquiétude

Dans les années 1950, une contamination au mercure à Minamata, ville (Une ville est une unité urbaine (un « établissement humain » pour...) côtière du Japon, a été identifiée comme étant la source d'importants problèmes neurologiques dans la population - et de 14 décès. Le bilan, des années plus tard, serait estimé à 3000 malades. Dès le début, on s'était rendu (Le rendu est un processus informatique calculant l'image 2D (équivalent d'une photographie)...) compte que ceux-ci provenaient surtout des familles de pêcheurs: leur alimentation en poissons et fruits de mer (Le terme de mer recouvre plusieurs réalités.) avait donc rapidement suscité des soupçons. On a fini par identifier, en 1959, une contamination au mercure dans le poisson (Les Poissons sont une constellation du zodiaque traversée par le Soleil du 12 mars au 18...), causée par les déversements, depuis les années 1930, d'une des plus grandes usines de produits chimiques du pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue...).

Cette catastrophe (Une catastrophe est un événement brutal, d'origine naturelle ou humaine, ayant généralement la...) est demeurée longtemps dans l'imaginaire collectif, explique Dave St-Amour, professeur à l'UQAM, qui s'intéresse à l'effet des contaminants environnementaux sur le cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite...). La "maladie de Minamata (On parle de maladie de Minamata pour désigner une maladie neurologique grave et permanente par...)" a laissé l'impression que la consommation de poisson (Dans la classification classique, les poissons sont des animaux vertébrés aquatiques...) était dangereuse. "À Minamata, ces concentrations étaient toutefois 1000 à 10 000 fois plus élevées que ce que l'on mesure normalement", souligne-t-il.

Tous les poissons ne sont pas égaux

Au-delà de cette catastrophe, il faut se rappeler que la teneur en mercure varie selon le type de poisson.

Selon le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ), la concentration maximale de mercure permise dans la chair comestible des poissons vendus en épicerie est de 0,5 mg/kg. Tous les échantillons de poissons disponibles sur le marché et analysés par le MAPAQ entre 2011 et 2016 ont été jugés conformes à cette norme (Une norme, du latin norma (« équerre, règle ») désigne un...). Les poissons pêchés dans le cadre de la pêche sportive ne sont toutefois soumis à aucun contrôle (Le mot contrôle peut avoir plusieurs sens. Il peut être employé comme synonyme d'examen, de...).

Plusieurs espèces ont donc des teneurs en mercure plus élevées, rappelle notamment le ministère de l'Environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et...) et de la Lutte aux changements climatiques. En général, la concentration de mercure d'un poisson augmente en fonction de son rang ( Mathématiques En algèbre linéaire, le rang d'une famille de vecteurs est la dimension du...) dans la chaîne alimentaire (Une chaîne alimentaire est une suite d'êtres vivants dans laquelle chacun mange celui qui le...). Autrement dit, les prédateurs qui mangent beaucoup d'autres poissons contenant eux-mêmes du mercure, sont plus à risque. Ainsi, les "proies" comme la truite (Le terme truite est un nom vernaculaire ambigu désignant plusieurs espèces de poissons de...), le saumon (Le terme saumon est un nom vernaculaire ambigu désignant en français plusieurs...) ou la morue (Morue (ou cabillaud) est un nom vernaculaire désignant en français des poissons de...), renferment peu de mercure, tandis que l'espadon (L'espadon (Xiphias gladius), est un poisson pélagique des mers tropicales et...), le requin (Requin [ʁəkɛ̃] est un terme désormais ambigu désignant en...) et certains types de thons, en contiennent plus. Santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste...) Canada recommande d'ailleurs aux Canadiens de ne pas consommer plus de 150 g de ces poissons par semaine. Les femmes enceintes et les jeunes enfants devraient être encore plus prudents.

Il faut aussi rappeler la question des zones forestières inondées, par exemple à la suite de la construction de grands barrages: on y a observé depuis longtemps des concentrations de mercure plus élevées dans la chair des poissons. C'est le cas par exemple, au Québec, des réservoirs Gouin et Baskatong. La concentration n'est pas suffisante pour que les experts recommandent de ne pas consommer de poisson, mais plutôt d'en limiter la consommation.

Des bienfaits qui surpassent les risques

Une recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue...) internationale portant sur les dossiers médicaux de plus de 400 000 personnes concluait en 2018 que la consommation de poisson réduisait significativement la mortalité associée à plusieurs conditions, dont les maladies cardiovasculaires et l'Alzheimer. Les chercheurs croient que cette réduction de la mortalité s'expliquerait par la teneur élevée des poissons en acides gras omega-3, qualifiés de bénéfiques pour la santé cardiovasculaire, du moins chez les personnes à haut risque.

Dans un rapport conjoint de 2010, l'Organisation (Une organisation est) mondiale de la santé et l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation (FAO) insistaient également sur les avantages associés à la consommation de poisson pour lutter contre les maladies cardiovasculaires, affirmant que les avantages dépassent les risques.
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