Des fourmis arboricoles, des plantes et quelques champignons
Publié par Michel le 09/08/2012 à 00:00
Source: CNRS-INEE
Les symbioses plantes-fourmis dans les écosystèmes tropicaux ont longtemps été considérées comme des purs ménages à deux. Aujourd'hui, on pense que d'autres organismes leur sont associés et une étude dirigée par des chercheurs du Centre d'Ecologie Fonctionnelle (En mathématiques, le terme fonctionnelle se réfère à certaines fonctions. Initialement, le terme désignait les fonctions qui en prennent d'autres en argument. Aujourd'hui, le terme a été étendu, et il...) et Evolutive (CNRS / Universités de Montpellier 1, 2, 3 et Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa...) de Nîmes / SupAgro / Cirad / EPHE / IRD / INRA), montre que des fourmis arboricoles consomment des champignons poussant dans les structures creuses des plantes qu'elles habitent. Ce travail vient d'être publié dans les Proceedings of the Royal Society B.


La plante Leonardoxa africana a des tiges creuses dans lesquelles habite la fourmi mutualiste Petalomyrmex phylax. Les insectes (Insectes est une revue francophone d'écologie et d'entomologie destinée à un large public d'amateurs et de naturalistes. Produite par...) entrent et sortent par un trou à travers la paroi de la tige (La tige est chez les plantes à fleurs, l'axe, généralement aérien, qui prolonge la racine et porte les bourgeons et les feuilles. La tige se ramifie généralement en branches et rameaux formant l'appareil caulinaire.). A l'intérieur, les fourmis cultivent un champignon qu'elles utilisent comme source de nourriture - © Rumsaïs Blatrix

Dans les écosystèmes tropicaux existent de nombreux cas de symbioses entre des fourmis arboricoles et des végétaux. Ces plantes dites myrmécophytes possèdent des structures creuses appelées domaties, spécialement "aménagées" pour héberger des fourmis. De leur côté, celles-ci protègent la plante - que ce soit contre des herbivores, des pathogènes ou des plantes concurrentes - tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) en lui conférant des bénéfices nutritifs. On a longtemps considéré que, pour leur subsistance, les fourmis dépendaient exclusivement de ressources dérivées de la plante-hôte et qu'il s'agissait là d'un parfait ménage à deux. Cependant, il apparaît désormais clairement que de nombreux autres organismes sont associés à ces interactions. La présence de champignons, bactéries (Les bactéries (Bacteria) sont des organismes vivants unicellulaires procaryotes, caractérisées par une absence de noyau et d'organites. La plupart des bactéries...) et nématodes vivant en compagnie des fourmis dans les cavités de ces plantes suggèrent que ces symbioses doivent être appréhendées comme de véritables communautés symbiotiques.

L'étude s'est intéressée à des champignons que l'on trouve à l'intérieur des domaties, afin de déterminer leur rôle exact dans cette association. En utilisant diverses techniques pour marquer ces champignons (colorant fluorescent, isotopes de l'azote), les auteurs ont montré que, dans trois cas différents, deux en Afrique (D’une superficie de 30 221 532 km2 en incluant les îles, l’Afrique est un continent couvrant 6 % de la surface terrestre et 20,3 % de la surface des...) et un en Amérique (L’Amérique est un continent séparé, à l'ouest, de l'Asie et l'Océanie par le détroit de Béring et l'océan...) du Sud (Le sud est un point cardinal, opposé au nord.), les fourmis utilisent le champignon poussant spécifiquement dans les domaties comme source de nourriture. Ces résultats éclairent d'une nouvelle lumière (La lumière est l'ensemble des ondes électromagnétiques visibles par l'œil humain, c'est-à-dire comprises dans des longueurs d'onde de 380nm (violet) à 780nm...) l'écologie nutritionnelle des fourmis à plantes. Ils suggèrent également, en complément d'études précédentes, qu'il s'agit là d'un nouveau cas d'agriculture par les insectes car les fourmis apportent des nutriments aux champignons qu'elles consomment ensuite.


Référence:

Plant-ants use symbiotic fungi as a food source: new insight into the nutritional ecology of ant-plant interactions, Proceedings of the Royal Society B, Rumsaïs Blatrix, Champlain Djiéto-Lordon, Laurence Mondolot, Philippe La Fisca, Hermann Voglmayr & Doyle McKey.
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