Un gène identique impliqué dans la schizophrénie et trouble bipolaire
Publié par Isabelle le 25/10/2017 à 12:00
Source: CEA
Identification d'un mécanisme moléculaire commun à la schizophrénie et au trouble bipolaire.

Une équipe de recherche en psychiatrie au CEA-Neurospin, avec l'Institut Mondor de Recherches Biomédicales (INSERM) et les hôpitaux universitaires Henri-Mondor, AP-HP, a montré qu'un variant génétique (La génétique (du grec genno γεννώ = donner naissance) est la science qui étudie l'hérédité et les gènes.) associé à de multiples troubles psychiatriques altère un réseau (Un réseau informatique est un ensemble d'équipements reliés entre eux pour échanger des informations. Par analogie avec un filet (un réseau est un « petit rets », c'est-à-dire un petit filet), on appelle nœud (node)...) préfronto-limbique, ce qui augmenterait le risque de développer la schizophrénie (Le terme de schizophrénie regroupe de manière générique un ensemble d'affections psychiatriques présentant un noyau commun, mais dites différentes quant à leur présentation et leur...) ou un trouble bipolaire (Le trouble bipolaire est une catégorie des troubles de l'humeur, anciennement nommé PMD (Psychose maniaco-dépressive) ou MMD (maladie maniaco-dépressive). Ce trouble est caractérisé par la...). Les résultats de cette étude sont publiés en ligne le 2 octobre 2017 dans Journal of Neuroscience.

?Les auteurs ont étudié une variation allélique du gène (Un gène est une séquence d'acide désoxyribonucléique (ADN) qui spécifie la synthèse d'une chaîne de polypeptide ou d'un acide ribonucléique (ARN) fonctionnel. On peut également définir un...) SNAP25, impliquée dans la neurotransmission et associée à la schizophrénie, au trouble bipolaire mais également à l'hyperactivité/trouble de l'attention.

Les chercheurs ont combiné une étude d'association génétique chez 461 patients atteints de schizophrénie, une construction génétique in vitro (In vitro (en latin : « dans le verre ») signifie un test en tube, ou, plus généralement, en dehors de l'organisme...) et une approche dite d'"imagerie (L’imagerie consiste d'abord en la fabrication et le commerce des images physiques qui représentent des êtres ou des choses. La fabrication se faisait jadis soit à la main, soit...) génétique(1)" dans deux cohortes, la première comprenant 71 sujets dont 25 patients bipolaires, la seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La...) comprenant 121 sujets sains. Ils ont en outre interprété l'expression génétique post mortem de SNAP25 à partir de tissu cérébral de patients schizophrènes.

Les résultats révèlent que la variation du gène SNAP25 change l'expression de la protéine (Une protéine est une macromolécule biologique composée par une ou plusieurs chaîne(s) d'acides aminés liés entre eux par des...) associée dans le cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du corps, dont la...), ce qui impacterait le traitement de l'information entre les régions cérébrales impliquées dans la régulation (Le terme de régulation renvoie dans son sens concret à une discipline technique, qui se rattache au plan scientifique à l'automatique.) des émotions. En lien avec ce mécanisme, l'étude d'imagerie génétique, combinant IRM anatomique et fonctionnelle (En mathématiques, le terme fonctionnelle se réfère à certaines fonctions. Initialement, le terme désignait les fonctions qui en prennent d'autres...) de repos, montre que dans les deux cohortes, le variant à risque est associé à un plus grand volume (Le volume, en sciences physiques ou mathématiques, est une grandeur qui mesure l'extension d'un objet ou d'une partie de l'espace.) d'une zone cérébrale, l'amygdale, et une connectivité fonctionnelle préfronto-limbique altérée.

Cette étude confirme l'existence d'un facteur de risque (En gestion des risques, un facteur de risque est une source de risque qui est classée en risques inhérents génériques probables dans le but de faciliter l'évaluation ou...) commun à la schizophrénie et au trouble bipolaire: la variation du gène SNAP25. Ces maladies très fréquentes touchent chacune 1 % de la population adulte et sont handicapantes. En plus d'apporter un éclairage sur leur mécanisme, les résultats de cette étude suggèrent l'existence de symptômes potentiellement présents chez des patients ayant des maladies variées dans lesquels le gène est impliqué.


Connexions fronto-limbiques associé à la variation de SNAP25 visualisé en tractographie par IRM de diffusion
(Credit: Stéphane Jamain (data from diffusion-imaging.com)


Réseau préfronto-amygdalien associé à la variation de SNAP25 visualisé en tractographie par IRM de diffusion
(Crédit: Josselin Houenou /BrainVisa/Connectomist 2.0)

Note:
1. L'imagerie génétique consiste à comparer grâce à l'imagerie (ici l'IRM) deux populations de sujets qui ne diffèrent que par leur terrain génétique (ici la variation de SNAP25).

Références publication:
?A multi-level functional study of a SNAP25 at-risk variant for bipolar disorder and schizophrenia, Journal of Neuroscience 02/10/2017.
DOI: https://doi.org/10.1523/JNEUROSCI.1040-17.2017
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