La banane compte parmi les fruits les plus aimés au monde, pourtant sa culture fait face à une menace sérieuse: une maladie fongique tenace. Nommée flétrissement fusarien, elle détruit les plantations et préoccupe les agriculteurs de nombreuses régions.
Une solution pourrait émerger d'une banane sauvage nommée Calcutta 4, selon les travaux d'une équipe de l'Université du Queensland. Leurs recherches ont isolé une zone du génome qui offre une protection naturelle contre la souche STR4 du champignon, ouvrant ainsi une piste pour obtenir des bananes plus résilentes.
Pour aboutir à cette découverte, les scientifiques ont procédé au croisement de la banane sauvage Calcutta 4 avec des variétés sensibles. Les plantes obtenues ont ensuite été exposées au champignon pathogène. En comparant l'ADN des spécimens épargnés à celui des plantes malades, l'équipe a réussi à localiser avec précision le gène responsable sur le
chromosome 5. Ce travail, alliant
génétique et
séquençage, a nécessité plusieurs années.
La présence de ce gène sur le chromosome 5 constitue une étape majeure. Il s'agit en effet de la première cartographie aussi précise d'une résistance au flétrissement fusarien chez une banane sauvage. Désormais, les sélectionneurs peuvent cibler cette région génomique afin de concevoir des variétés commerciales aptes à combattre la
maladie.
La prochaine ambition des chercheurs consiste à élaborer des marqueurs moléculaires pour suivre aisément ce caractère de résistance. Grâce à cela, les agriculteurs pourront identifier les plants sains. Cette méthode accélérera la sélection, diminuera les dépenses et devrait conduire à des bananes naturellement résistantes.
Ce projet a mobilisé cinq années de travail, chaque génération de bananes exigeant au moins douze mois de croissance avant d'être évaluée. Son financement associe des fonds de la
filière bananière et un soutien du gouvernement australien.