HLA-G: une nouvelle cible thérapeutique anti-cancéreuse

Publié par Isabelle le 01/10/2021 à 13:00
Source: CEA

(c)NIH
Pour des patients échappant à l'immunothérapie classique, des chercheurs du CEA-Jacob (Service de recherches en hémato-immunologie) désignent une nouvelle cible pour un traitement par immunothérapie contre le carcinome rénal à cellules claires.

Lorsqu'un cancer (Le cancer est une maladie caractérisée par une prolifération cellulaire anormalement...) se développe, certaines cellules immunitaires qui devraient normalement éliminer les cellules tumorales ne remplissent plus leur fonction. Elles sont en effet leurrées par les cellules tumorales qui "bloquent" un checkpoint chargé de les activer. Ainsi par exemple, dans le cas du checkpoint PD1/PDL1, les cellules tumorales expriment une protéine (Une protéine est une macromolécule biologique composée par une ou plusieurs...) (PDL1) qui inactive un récepteur (PD1) présent à la surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a...) des cellules immunitaires.

Le traitement par immunothérapie (L'immunothérapie est un traitement qui consiste à administrer des substances qui vont...) de certains cancers cible le checkpoint PD1/PDL1: des anticorps anti-PD1/anti-PDL1 permettent aux cellules immunitaires d'être activées. Cependant certains patients ne répondent pas à ce traitement. C'est pourquoi les chercheurs s'intéressent à d'autres checkpoints immunitaires.

Des chercheurs du SRHI étudient depuis plusieurs années "l'antigène (Un antigène est une macromolécule naturelle ou synthétique, reconnue par des...) du complexe majeur d'histocompatibilité" (HLA-G) impliqué dans la tolérance foeto-maternelle. Cette protéine n'est exprimée dans un organisme sain que pendant la grossesse (La grossesse est le processus physiologique au cours duquel la progéniture vivante d'une femme...) à la surface des cellules placentaires mais elle peut l'être également à la surface de certaines cellules tumorales. Ses effets immunosuppresseurs, déclenchés via son interaction (Une interaction est un échange d'information, d'affects ou d'énergie entre deux agents au sein...) avec les récepteurs ILT2/ILT4 présents à la surface des cellules immunitaires, pourraient expliquer la résistance aux immunothérapies actuelles. De plus, selon une étude précédente du SRHI, l'utilisation d'un anticorps anti-HLA-G dans un modèle préclinique murin permet de restaurer une réponse anti-tumorale.

Les scientifiques ont étudié l'impact de l'expression tumorale de HLA-G sur les lymphocytes T infiltrant la tumeur (Le terme tumeur (du latin tumere, enfler) désigne, en médecine, une augmentation de...), chez des patients atteints de carcinome rénal à cellules claires. Ils montrent que ces lymphocytes exprimant à leur surface la protéine CD8 (lymphocytes T CD8+) ou CD4 (lymphocytes T CD4+) expriment également le récepteur ILT2 avec lequel interagit HLA-G. De façon intéressante, les patients ayant des lymphocytes T CD4+ ILT2+ au sein de la tumeur, en présentent moins en périphérie (Le mot périphérie vient du grec peripheria qui signifie circonférence. Plus...), témoignant ainsi d'une accumulation préférentielle de ces cellules dans le tissu tumoral. De plus, les lymphocytes T CD4+ ILT2 expriment des marqueurs cytotoxiques habituellement retrouvés chez les lymphocytes T cytotoxiques impliqués dans l'apoptose (On nomme apoptose (ou mort cellulaire programmée, ou suicide cellulaire) le processus par...) des cellules cibles. Au contact de la molécule (Une molécule est un assemblage chimique électriquement neutre d'au moins deux atomes, qui...) HLA-G, il est démontré que ces lymphocytes perdent leur activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) cytolytique, activité restaurée grâce au blocage de l'interaction HLA-G/ILT2.

Il existe donc à l'intérieur de la tumeur un réservoir de cellules immunitaires "tueuses" qu'il reste à "réveiller".

Cette étude ouvre ainsi la voie à la mise en place d'une nouvelle alternative thérapeutique (La thérapeutique (du grec therapeuein, soigner) est la partie de la médecine qui...) pour le traitement des tumeurs HLA-G+.

Références:
Tumor infiltrating and peripheral CD4+ILT2+ T cells are a cytotoxic subset selectively inhibited by HLA-G in clear cell renal cell carcinoma patients, Cancer Letters
Cet article vous a plu ? Vous souhaitez nous soutenir ? Partagez-le sur les réseaux sociaux avec vos amis et/ou commentez-le, ceci nous encouragera à publier davantage de sujets similaires !
Page générée en 0.246 seconde(s) - site hébergé chez Contabo
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique