Les hommes sont attirés par les femmes qui leur ressemblent

Publié par Michel le 23/11/2012 à 00:00
Source: CNRS
Les hommes trouvent plus attirantes les femmes avec qui ils partagent certains traits du visage. C'est la conclusion d'une étude réalisée par une équipe de l'Institut des sciences de l'évolution de Montpellier (Isem, CNRS/Université Montpellier 2/IRD) (1). Les scientifiques se sont intéressés à certains caractères du visage comme la couleur (La couleur est la perception subjective qu'a l'œil d'une ou plusieurs fréquences d'ondes lumineuses, avec une (ou des) amplitude(s) donnée(s).) des yeux et des cheveux, l'épaisseur des lèvres et des sourcils (Les sourcils sont des poils qui poussent sur l'arcade sourcilière, situés au-dessus des yeux dans un visage humain. Ils servent à protéger les yeux du soleil, de la pluie et...), ou encore, la présence d'une fossette au menton. Mais, contrairement à la plupart des travaux réalisés à ce jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par...), ils ont mis en rapport les traits des hommes interrogés et ceux des femmes qu'ils désignaient comme attirantes. Ces travaux, publiés le 21 novembre dans la revue PLoS One, renforcent la théorie (Le mot théorie vient du mot grec theorein, qui signifie « contempler, observer, examiner ». Dans le langage courant, une théorie est une...) de l'homogamie - selon laquelle les individus recherchent un partenaire sexuel qui leur ressemblent - en l'étendant ici à des traits génétiques.


Exemple de visages artificiels utilisés dans la seconde expérience (menée avec des visages construits par ordinateur). Les hommes devaient choisir le visage qu'ils trouvaient le plus attirant. Les visages diffèrent quant à l'état (récessif ou dominant) de la couleur des yeux et des cheveux, de l'épaisseur des sourcils et des lèvres, et de la fossette au menton.
© Jeanne Bovet

De très nombreux travaux ont été réalisés à ce jour sur les caractères qui rendent une femme physiquement attirante. La plupart d'entre eux s'intéressaient aux traits liés aux taux d'hormones et à la fertilité (Pour le sens commun, la fertilité désigne à la fin du XXe siècle la capacité des personnes, des animaux ou des plantes à produire une descendance...). Les travaux présentés par les chercheurs de l'Isem se sont penchés, au contraire, sur des caractères qui n'offrent aucun avantage sélectif particulier tels que la couleur des yeux ou l'épaisseur des lèvres.

Les expériences menées cherchaient à tester deux hypothèses évolutives distinctes, bien que non exclusives. La première est celle de l'homogamie. Observée chez de nombreuses espèces animales, les individus ont parfois tendance à aller vers des partenaires potentiels qui leur ressemblent. Autrement dit, vers des individus qui leur sont proches génétiquement. La seconde hypothèse est celle de l'incertitude de la paternité, propre aux espèces qui délivrent des soins parentaux à leur descendance. Afin de ne pas investir d'énergie (Dans le sens commun l'énergie désigne tout ce qui permet d'effectuer un travail, fabriquer de la chaleur, de la lumière, de produire un mouvement.) sur un enfant qui n'est pas le leur, les hommes auraient tendance à préférer, chez les femmes, les traits récessifs. Ainsi, par exemple, un homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme...) préférera les yeux bleus ou les lèvres fines, qui sont des caractères récessifs par rapport aux yeux marron ou aux lèvres épaisses. Ceci, afin de pouvoir reconnaître chez l'enfant, leurs propres caractères.

Pour tester ces hypothèses, les chercheurs ont d'abord demandé à une centaine d'hommes de choisir parmi des photos de visages féminins, ceux qu'ils trouvaient attirants. Ils ont ensuite répété l'opération sur un autre groupe d'hommes, mais cette fois avec des visages construits par ordinateur (Un ordinateur est une machine dotée d'une unité de traitement lui permettant d'exécuter des programmes enregistrés. C'est un ensemble de circuits électroniques permettant de manipuler des données...). Les résultats ont montré que les hommes choisissent de préférence les visages avec lesquels ils partagent certains traits. Ainsi, dans la deuxième expérience, parmi quatre visages différents, ils ont choisi celui avec lequel ils partageaient le plus de traits dans 37% des cas. En revanche, aucune évidence n'est venue conforter l'hypothèse de l'incertitude de la paternité.

Dans un second temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.), les chercheurs ont analysé des photos de couples dans la vie (La vie est le nom donné :), ayant au moins un enfant. Ceci, afin de savoir si ces préférences avaient une influence réelle sur le choix du partenaire. Les résultats montrent que, là aussi, les conjoints ont plus de traits du visage en commun que deux individus pris au hasard (Dans le langage ordinaire, le mot hasard est utilisé pour exprimer un manque efficient, sinon de causes, au moins d'une reconnaissance de cause à effet d'un événement.) dans la population. L'importance de l'homogamie dans le choix d'un partenaire est encore très peu étudiée et soulève de nombreuses questions. Par exemple, la descendance issue d'un couple relativement proche génétiquement présente-t-elle un avantage ? Il reste aussi à déterminer si ce phénomène est local, propre à l'Occident (L'Occident, ou monde occidental, est une zone géographique qui désignait initialement l'Europe. L'extension de l'espace considéré a varié au cours de...), ou s'il a lieu au sein d'autres cultures. C'est ce que les chercheurs de l'Isem voudraient désormais étudier.



Note:

(1) L'une des chercheures de l'équipe a aujourd'hui rejoint l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux États-Unis, au...) de Sheffield au Royaume-Uni.


Référence:

Men's preference for women's facial features: testing homogamy and the paternity uncertainty hypothesis. Jeanne Bovet, Julien Barthes, Valérie Durand, Michel Raymond, Alexandra Alvergne. PLoS One, 21 novembre 2012.
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