Maigrir grâce aux médias sociaux ?
Publié par Adrien le 01/03/2019 à 08:00
Source: Jean Hamann - Université Laval
Une fréquentation assidue des médias sociaux est associée à une plus grande préoccupation par rapport à la minceur. La propension à idéaliser la minceur et à se comparer aux autres exacerbe les effets négatifs des réseaux sociaux. La plupart des médias sociaux sont peu recommandables pour les personnes préoccupées par leur poids (Le poids est la force de pesanteur, d'origine gravitationnelle et inertielle, exercée par la Terre sur un corps massique en raison uniquement du voisinage de la Terre. Elle est égale...) et leur apparence

"Il y a deux semaines, je me suis abonné à une page Facebook (Facebook est un réseau social créé par Mark Zuckerberg et destiné à rassembler des personnes proches ou inconnues. Depuis décembre 2009, il...) réunissant des gens qui s'entraident pour perdre du poids. Jusqu'à maintenant, j'ai perdu 14 jours." Cette variante d'une blague classique illustre bien le paradoxe (Un paradoxe est une proposition qui contient ou semble contenir une contradiction logique, ou un raisonnement qui, bien que sans faille apparente, aboutit à une...) des médias (On nomme média un moyen impersonnel de diffusion d'informations (comme la presse, la radio, la télévision), utilisé pour communiquer. Les médias permettent de diffuser une...) sociaux et de la perte de poids. En théorie (Le mot théorie vient du mot grec theorein, qui signifie « contempler, observer, examiner ». Dans le langage courant, une théorie est une idée ou une connaissance spéculative, souvent basée sur l’observation ou...), les médias sociaux constituent une plateforme intéressante pour les personnes qui veulent en savoir plus sur les bonnes habitudes alimentaires ou qui cherchent du soutien pour perdre quelques kilos. En pratique toutefois, les médias sociaux ont surtout un effet négatif sur l'image corporelle des femmes.

C'est le constat auquel arrivent Audrée-Anne Dumas et Sophie Desroches, de l'École de nutrition (La nutrition (du latin nutrire : nourrir) désigne les processus par lesquels un être vivant transforme des aliments pour assurer son fonctionnement. La nutrition est également une science...), au terme d'une analyse minutieuse de quelque 80 études consacrées aux liens entre les médias sociaux, le contrôle (Le mot contrôle peut avoir plusieurs sens. Il peut être employé comme synonyme d'examen, de vérification et de maîtrise.) du poids et l'image corporelle. Les deux chercheuses, rattachées à l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter...) sur la nutrition et les aliments fonctionnels et au Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances...) du CHU de Québec - Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux États-Unis, au moment...) Laval, viennent de publier leurs conclusions dans la revue Current Obesity Reports. Voici dans quelle direction pointent les connaissances actuelles sur le sujet.

Les médias sociaux, notamment Facebook, sont des outils pratiques et appréciés pour diffuser de l'information sur les régimes et pour offrir du soutien aux personnes tentant de perdre du poids. Par contre, aucune étude n'a encore démontré l'efficacité d'une intervention effectuée exclusivement sur un réseau social (Un réseau social est un ensemble d'entités sociales tel que des individus ou des organisations sociales reliés entre eux par des liens créés lors des interactions sociales. Il se représente par une structure ou une forme...) pour perdre du poids.

Chez les femmes adultes, les échanges sur l'alimentation et l'activité physique (L'activité physique regroupe à la fois l'exercice physique de la vie quotidienne, maison, jardinage, commissions, travail, marche usage des...) qui se déroulent sur les médias sociaux semblent avoir plus d'influence que les échanges faits de vive voix sur les mêmes sujets avec des proches. "L'opinion des pairs de la communauté virtuelle (Une communauté virtuelle est un regroupement, souvent informel, d'individus par les technologies Internet : forums Web ou liste de diffusion.) semble avoir beaucoup d'importance", constate Sophie Desroches. En général, la fréquentation des médias sociaux a un effet négatif sur l'image corporelle des femmes.

Chez les adolescentes, le fait d'y consacrer plus de deux heures (L'heure est une unité de mesure  :) par jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son...) est associé à un risque plus élevé d'insatisfaction par rapport à son poids et à un désir plus grand de perdre du poids. Une fréquentation assidue des médias sociaux est associée à une plus grande préoccupation par rapport à la minceur (La minceur est l'état d'une personne présentant une corpulence considérée comme normale ou moyenne dans une société donnée....).

La propension à idéaliser la minceur et à se comparer aux autres exacerbe les effets négatifs des réseaux sociaux. L'exposition à des images de femmes très athlétiques est associée à des préoccupations plus élevées par rapport au poids tant chez les personnes qui affichent ces photos que chez celles qui les regardent. Tous les médias sociaux ne sont pas égaux par rapport aux problèmes liés à l'image corporelle. Twitter (Twitter est un outil de réseau social et de microblogage qui permet à l’utilisateur d’envoyer gratuitement des messages brefs, appelés tweets...) semble le moins dommageable, "peut-être parce qu'on y trouve moins de photos", avance la professeure Desroches. La chercheuse précise qu'il existe des réseaux sociaux animés par des personnes qualifiées qui peuvent aider les gens dans leur démarche pour changer leurs habitudes de vie (La vie est le nom donné :). "Par contre, dans l'état actuel des choses, la grande majorité des réseaux sociaux risque d'exacerber les problèmes d'image corporelle des personnes vulnérables. Nous espérons maintenant trouver des façons d'aider les gens à départager les bonnes ressources de celles qu'il vaut mieux éviter."

Une fréquentation assidue des médias sociaux est associée à une plus grande préoccupation par rapport à la minceur. La propension à idéaliser la minceur et à se comparer aux autres exacerbe les effets négatifs des réseaux sociaux.
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