Maigrir grâce aux médias sociaux ?

Publié par Adrien le 01/03/2019 à 08:00
Source: Jean Hamann - Université Laval
Une fréquentation assidue des médias sociaux est associée à une plus grande préoccupation par rapport à la minceur. La propension à idéaliser la minceur et à se comparer aux autres exacerbe les effets négatifs des réseaux sociaux. La plupart des médias sociaux sont peu recommandables pour les personnes préoccupées par leur poids (Le poids est la force de pesanteur, d'origine gravitationnelle et inertielle, exercée par la...) et leur apparence

"Il y a deux semaines, je me suis abonné à une page Facebook (Facebook est un réseau social créé par Mark Zuckerberg et destiné à...) réunissant des gens qui s'entraident pour perdre du poids. Jusqu'à maintenant, j'ai perdu 14 jours." Cette variante d'une blague classique illustre bien le paradoxe (Un paradoxe est une proposition qui contient ou semble contenir une contradiction logique, ou un...) des médias (On nomme média un moyen impersonnel de diffusion d'informations (comme la presse, la radio, la...) sociaux et de la perte de poids. En théorie (Le mot théorie vient du mot grec theorein, qui signifie « contempler, observer,...), les médias sociaux constituent une plateforme intéressante pour les personnes qui veulent en savoir plus sur les bonnes habitudes alimentaires ou qui cherchent du soutien pour perdre quelques kilos. En pratique toutefois, les médias sociaux ont surtout un effet négatif sur l'image corporelle des femmes.

C'est le constat auquel arrivent Audrée-Anne Dumas et Sophie Desroches, de l'École de nutrition (La nutrition (du latin nutrire : nourrir) désigne les processus par lesquels un être...), au terme d'une analyse minutieuse de quelque 80 études consacrées aux liens entre les médias sociaux, le contrôle (Le mot contrôle peut avoir plusieurs sens. Il peut être employé comme synonyme d'examen, de...) du poids et l'image corporelle. Les deux chercheuses, rattachées à l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est...) sur la nutrition et les aliments fonctionnels et au Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue...) du CHU de Québec - Université Laval (L’Université Laval est l'une des plus grandes universités au Canada. Elle a comme...), viennent de publier leurs conclusions dans la revue Current Obesity Reports. Voici dans quelle direction pointent les connaissances actuelles sur le sujet.

Les médias sociaux, notamment Facebook, sont des outils pratiques et appréciés pour diffuser de l'information sur les régimes et pour offrir du soutien aux personnes tentant de perdre du poids. Par contre, aucune étude n'a encore démontré l'efficacité d'une intervention effectuée exclusivement sur un réseau social (Un réseau social est un ensemble d'entités sociales tel que des individus ou des organisations...) pour perdre du poids.

Chez les femmes adultes, les échanges sur l'alimentation et l'activité physique (L'activité physique regroupe à la fois l'exercice physique de la vie quotidienne, maison,...) qui se déroulent sur les médias sociaux semblent avoir plus d'influence que les échanges faits de vive voix sur les mêmes sujets avec des proches. "L'opinion des pairs de la communauté virtuelle (Une communauté virtuelle est un regroupement, souvent informel, d'individus par les technologies...) semble avoir beaucoup d'importance", constate Sophie Desroches. En général, la fréquentation des médias sociaux a un effet négatif sur l'image corporelle des femmes.

Chez les adolescentes, le fait d'y consacrer plus de deux heures (L'heure est une unité de mesure  :) par jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la...) est associé à un risque plus élevé d'insatisfaction par rapport à son poids et à un désir plus grand de perdre du poids. Une fréquentation assidue des médias sociaux est associée à une plus grande préoccupation par rapport à la minceur (La minceur est l'état d'une personne présentant une corpulence considérée comme...).

La propension à idéaliser la minceur et à se comparer aux autres exacerbe les effets négatifs des réseaux sociaux. L'exposition à des images de femmes très athlétiques est associée à des préoccupations plus élevées par rapport au poids tant chez les personnes qui affichent ces photos que chez celles qui les regardent. Tous les médias sociaux ne sont pas égaux par rapport aux problèmes liés à l'image corporelle. Twitter (Twitter est un outil de réseau social et de microblogage qui permet à...) semble le moins dommageable, "peut-être parce qu'on y trouve moins de photos", avance la professeure Desroches. La chercheuse précise qu'il existe des réseaux sociaux animés par des personnes qualifiées qui peuvent aider les gens dans leur démarche pour changer leurs habitudes de vie (La vie est le nom donné :). "Par contre, dans l'état actuel des choses, la grande majorité des réseaux sociaux risque d'exacerber les problèmes d'image corporelle des personnes vulnérables. Nous espérons maintenant trouver des façons d'aider les gens à départager les bonnes ressources de celles qu'il vaut mieux éviter."

Une fréquentation assidue des médias sociaux est associée à une plus grande préoccupation par rapport à la minceur. La propension à idéaliser la minceur et à se comparer aux autres exacerbe les effets négatifs des réseaux sociaux.
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