Mammifères, plantes épineuses et histoire de la savane
Publié par Adrien le 15/09/2016 à 00:00
Source: Université McGill
L'évolution et la distribution des plantes épineuses permettent d'expliquer l'expansion de la savane africaine?

Les habitudes alimentaires des antilopes et de leurs semblables sont à l'origine, en partie du moins, de la création de la savane. C'est ce qui ressort d'une étude réalisée par une équipe internationale de chercheurs publiée au début de septembre 2016, dont les résultats jettent la lumière (La lumière est l'ensemble des ondes électromagnétiques visibles par l'œil humain, c'est-à-dire comprises dans des longueurs d'onde de 380nm...) sur l'une des plus grandes énigmes de l'histoire écologique de la Terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse...). Pour arriver à cette conclusion, les scientifiques ont travaillé à rebours : ils sont partis de leurs observations (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens d’enquête et...) du monde (Le mot monde peut désigner :) tel que nous le connaissons aujourd'hui et ont remonté le temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.)

Vous avez peut-être déjà vu une photo ou un film où des gazelles se nourrissent en détachant délicatement des feuilles d'arbustes dont les branches sont couvertes d'épines longues de plusieurs centimètres. Les scientifiques ont pu jeter la lumière sur le passé (Le passé est d'abord un concept lié au temps : il est constitué de l'ensemble des configurations successives du monde et s'oppose au futur sur...) en cartographiant la distribution et l'évolution des plantes épineuses dont les gazelles et leurs semblables se nourrissent encore aujourd'hui. 

Nouvelle technique pour mieux comprendre le passé

" Nous avons eu du mal à comprendre l'évolution des écosystèmes dans la savane, car les conditions qui permettent de préserver les fossiles d'animaux et de plantes sont très différentes les unes des autres ", affirme Jonathan Davies, professeur de biologie (La biologie, appelée couramment la « bio », est la science du vivant. Prise au sens large de science du vivant, elle recouvre une partie des sciences naturelles et de...) à McGill, membre de l'équipe de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche...) et expert en analyse phytogénétique. " Toutefois, en travaillant avec le Centre africain pour l'établissement de codes-barres génétiques de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études...) de Johannesburg (Johannesburg est une ville et une métropole d'Afrique du Sud, capitale de la province de Gauteng, la plus riche d'Afrique du Sud.), nous avons été en mesure de séquencer et de comparer l'ADN de près de 2 000 arbres, ce qui nous a permis de démontrer que les plantes africaines ne sont dotées d'épines que depuis 15 millions d'années environ. Or, c'est à peu près à cette époque qu'un nouveau type de mammifère (Les Mammifères (classe des Mammalia) forment un taxon inclus dans les vertébrés, traditionnellement une classe, définie dès la classification de...), les antilopes et leurs semblables, s'est répandu sur le continent (Le mot continent vient du latin continere pour « tenir ensemble », ou continens terra, les « terres...) à la suite de la collision (Une collision est un choc direct entre deux objets. Un tel impact transmet une partie de l'énergie et de l'impulsion de l'un des corps au second.) entre la plaque africaine et la plaque eurasiatique. "

Avant cette collision, le continent africain était dominé par la présence des énormes ancêtres des éléphants brouteurs et des damans, maintenant disparus. " Les éléphants étaient tellement gros qu'ils se déplaçaient lourdement en écrasant les arbres, de sorte que les épines ne constituaient qu'une piètre défense contre ces énormes pachydermes ", explique l'auteur principal de l'étude, Tristan Charles-Dominique, de l'Université du Cap. " Toutefois, les antilopes qui sont apparues par la suite broutaient très efficacement en utilisant leurs babines pour détacher délicatement les feuilles de ces plantes. Il semble donc que les plantes ont développé des épines pour se protéger contre ces nouveaux "prédateurs". "

Évolution d'une défense épineuse

Cette étude a permis de comprendre qu'une véritable " course aux armements " s'est produite entre les plantes et les espèces phytophages au cours de l'évolution. L'arrivée sur le continent africain d'un groupe d'herbivores qui se régalaient de jeunes arbres forestiers a permis aux graminées de prendre peu à peu possession du territoire (La notion de territoire a pris une importance croissante en géographie et notamment en géographie humaine et politique, même si ce concept est utilisé par d'autres sciences humaines. Dans le...) jadis occupé par les forêts anciennes. On a alors assisté à l'évolution des plantes épineuses, celles-ci développant des épines de plus en plus longues pour tenter de se protéger contre ces envahisseurs.

Selon William Bond, qui travaille également à l'Université du Cap, la disparition de grands mammifères comme les antilopes en raison de l'activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) humaine pourrait avoir d'importantes répercussions sur le paysage (Étymologiquement, le paysage est l'agencement des traits, des caractères, des formes d'un espace limité, d'un « pays ». Portion de...) africain, les savanes actuelles redevenant des massifs de végétaux sauvages ou des forêts.
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