La mémoire est un processus dynamique et interactif
Publié par Isabelle le 03/06/2014 à 00:00
Source: Eurekalert/Université de Toronto
De nouvelles recherches montrent que la mémoire est un processus dynamique et interactif

De nouvelles recherches présentées par Morris Moscovitch, de l'Institut de recherche Rotman de l'Université de Toronto, indiquent que la mémoire (D'une manière générale, la mémoire est le stockage de l'information. C'est aussi le souvenir d'une information.) est plus dynamique (Le mot dynamique est souvent employé désigner ou qualifier ce qui est relatif au mouvement. Il peut être employé comme :) et changeante qu'on ne le pensait. Les recherches du Dr Moscovich montrent que l'hippocampe et le néocortex, deux régions du cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du corps, dont la...), jouent des rôles différents mais complémentaires dans le souvenir des lieux et des événements, et que des interactions importantes existent entre ces deux régions. Ces résultats mettent en évidence que différentes formes de mémoire existent dans le cerveau, et que celles-ci sont encodées dans des régions distinctes, mais en interaction (Une interaction est un échange d'information, d'affects ou d'énergie entre deux agents au sein d'un système. C'est une action réciproque qui suppose l'entrée en contact de sujets.), du cerveau. Le Dr Moscovitch propose une nouvelle théorie (Le mot théorie vient du mot grec theorein, qui signifie « contempler, observer, examiner ». Dans le langage courant, une théorie est une idée ou une connaissance...) pour expliquer ces interactions, qui renforce notre compréhension de la mémoire, et qui pourrait être utile pour le traitement et la gestion des personnes atteintes de troubles de la mémoire. Ces résultats ont été présentés lors 8ème congrès annuel de l'Association canadienne des neurosciences (Canadian Association for Neuroscience (Les neurosciences correspondent à l'ensemble de toutes les disciplines biologiques et médicales qui étudient tous les aspects, tant...) - Association canadienne des neurosciences - CAN- ACN) qui a lieu du 25 au 28 mai 2014.

En étudiant comment les humains se souviennent des événements et des lieux à court et à long terme, et comment les rongeurs se rappellent et naviguent dans des environnements familiers ou inconnus, le Dr Moscovitch et d'autres ont révélé des différences entre ce qu'ils appellent la "mémoire épisodique", qui est une forme de mémoire riche en détails contextuels, et qui dépend d'une région du cerveau appelée l'hippocampe, et une autre forme de mémoire, appelée "mémoire sémantique", qui dépend principalement du néocortex, et qui est une mémoire plus générale, ne gardant que l'essentiel de la mémoire épisodique initiale.

Les études chez l'animal (Un animal (du latin animus, esprit, ou principe vital) est, selon la classification classique, un être vivant hétérotrophe,...) et chez l'homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme prépubère est appelé un garçon,...) ont montré que l'hippocampe, une région du cerveau située profondément à l'intérieur du cerveau, joue (La joue est la partie du visage qui recouvre la cavité buccale, fermée par les mâchoires. On appelle aussi joue le muscle qui sert principalement à ouvrir et fermer la bouche et à mastiquer.) un rôle central dans la mémoire épisodique à court et long terme. Des patients ayant subi une perte de l'hippocampe, dont les célèbres Henry Molaison (le patient (Dans le domaine de la médecine, le terme patient désigne couramment une personne recevant une attention médicale ou à qui est prodigué un soin.) HM) et Kent Cochrane (le patient KC), se sont avérés incapables d'enregistrer de nouveaux souvenirs, mais ils ont conservé la capacité de se rappeler d'événements antérieurs d'une façon générale, schématique. Le Dr Moscovitch, en étudiant comment les riches souvenirs récents sont convertis en souvenirs plus sommaires avec le temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) a élaboré une théorie qu'il a appelé "la théorie des traces (TRACES (TRAde Control and Expert System) est un réseau vétérinaire sanitaire de certification et de notification basé sur internet sous la responsabilité de la...) multiples / transformation."

Selon la théorie des traces multiples / transformation, chaque fois qu'un souvenir épisodique est récupéré, il est automatiquement ré-encodé par l'hippocampe avec le nouveau contexte (Le contexte d'un évènement inclut les circonstances et conditions qui l'entourent; le contexte d'un mot, d'une phrase ou d'un texte inclut les mots qui l'entourent. Le concept de contexte issu...) dans lequel la récupération se produit. Au fil du temps, et à chaque récupération, de multiples traces du souvenir s'accumulent ; le néocortex extrait les similitudes entre ces traces pour former un souvenir généralisé, le souvenir sémantique. Par ce processus, le souvenir se transforme au fil du temps, d'un souvenir essentiellement dépendant de l'hippocampe, riche en contexte, à un souvenir plus général, un enregistrement des éléments essentiels, qui capture (Une capture, dans le domaine de l'astronautique, est un processus par lequel un objet céleste, qui passe au voisinage d'un astre, est retenu dans la gravisphère de ce dernier. La capture de l'objet céleste aboutit à sa...) l'essence du souvenir épisodique initial.

Le Dr Moscovitch a présenté des résultats qui montrent que ces mêmes processus s (Le processus S (avec S pour slow, lent en anglais) est un processus de nucléosynthèse de capture de neutrons par des noyaux atomiques qui permet ainsi de produire des éléments lourds à partir d'éléments plus légers. Il se...)'appliquent aux souvenirs des lieux et de l'environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les enjeux écologiques actuels, le terme...). Initialement dépendants de l'hippocampe, ils sont aussi transformés et deviennent des souvenirs schématiques qui peuvent être récupérés sans l'implication de l'hippocampe. Comme on pensait auparavant que l'hippocampe était toujours impliqué dans le souvenir des lieux, cette découverte apporte un nouvel éclairage sur les différentes formes de mémoire qui existent.

"Les représentations spatiales constituent le cadre dans lequel les événements se déroulent, et interagissent les uns avec les autres pour former des souvenirs épisodiques riches qui incluent les deux composantes, les éléments spatiaux et les événements", explique le Dr Moscovitch. "Le souvenir des événements est facilité s'ils se produisent dans des endroits familiers plutôt que dans des lieux inconnus. Ces résultats pourraient être utilisés pour aider à améliorer les problèmes de mémoire chez les personnes âgées, et les personnes atteintes de démence (La démence (du latin demens) est une réduction acquise des capacités cognitives suffisamment importante pour retentir sur la vie de la personne et entraîner une perte d'autonomie. Les fonctions...), qui doivent quitter leur maison (Une maison est un bâtiment de taille moyenne destiné à l'habitation d'une famille, voire de plusieurs, sans être considérée comme un immeuble collectif.) et emménager dans de nouveaux appartements."
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