Une nouvelle arme contre les prions
Publié par Michel le 24/07/2009 à 00:00
Source: CNRS
Illustration: © S.Lehmann
Quand on a découvert dans les années 1980 que le prion – l'agent infectieux responsable de la maladie de Creutzfeldt-Jakob et des encéphalopathies spongiformes humaines et animales – pouvait se transmettre d'homme à homme, la question de la décontamination du matériel médical s'est fatalement posée. Or, du fait de sa très grande résistance aussi bien physique (La physique (du grec φυσις, la nature) est étymologiquement la « science de la nature ». Dans un sens général et ancien, la...) que chimique, aucune solution n'était réellement satisfaisante... jusqu'à aujourd'hui. Un nouveau produit – fruit (En botanique, le fruit est l'organe végétal protégeant la graine. Caractéristique des Angiospermes, il succède à la fleur par transformation du pistil. La paroi de...) des recherches menées à l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter...) de génétique (La génétique (du grec genno γεννώ = donner naissance) est la science qui étudie l'hérédité et les...) humaine (IGH) (1), à Montpellier – vient en effet d'être commercialisé sous le nom d'Actanios Prion par la société Anios (2). Il est capable de détruire le prion sans endommager les appareils médicaux fragiles comme les endoscopes.


Modèle de la structure tridimensionnelle de la protéine du prion pathologique.

C'est au cours d'un programme de recherche fondamentale (La recherche fondamentale regroupe les travaux de recherche scientifique n'ayant pas de finalité économique déterminée au moment des travaux. On oppose en général la recherche fondamentale à la recherche...) sur la forme non pathogène (Le terme pathogène (du grec παθογ?νεια ! « naissance de la douleur ») signifie : qui entraîne une...) du prion (3) que les chercheurs de l'IGH se rendent compte qu'elle est dégradée par l'action combinée du cuivre (Le cuivre est un élément chimique de symbole Cu et de numéro atomique 29. Le cuivre pur est plutôt mou, malléable, et présente sur ses surfaces...) et d'un agent oxydant comme l'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) oxygénée. "Évidemment, nous nous sommes tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) de suite demandé si l'effet serait similaire sur le prion pathogène", raconte Sylvain Lehmann, directeur de l'équipe "Pathologies neurologiques et cellules souches" à l'IGH. La réponse ne se fait pas attendre: oui, la combinaison (Une combinaison peut être :) de cuivre et d'eau oxygénée peut détruire la protéine anormale et l'infectiosité qui lui est associée. Jusqu'à présent, les moyens de décontamination efficaces sur les prions étaient soit très agressifs (soude, eau de javel (L’eau de Javel (appelée aussi Javel) est une solution liquide oxydante fréquemment utilisée comme désinfectant et/ou comme décolorant.) concentrée ou autoclave), soit peu performants (acide peracétique).

"Bien conscients du potentiel de cette découverte, nous avons déposé un brevet en 2004 puis pris contact avec la société Anios en vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et l'interprétation des rayonnements lumineux.) de développer un produit de décontamination commercialisable", ajoute Sylvain Lehmann. Une collaboration scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les méthodes scientifiques.) avec option d'exclusivité sur le brevet débute en 2005 entre l'IGH et Anios et, compte tenu de l'intérêt de cette nouvelle méthode, le brevet est étendu à l'international. S'ensuivent quatre ans de travail pour adapter la formulation (La formulation est une activité industrielle consistant à fabriquer des produits homogènes, stables et possédant des propriétés...) à la pratique hospitalière et au matériel médical, qui nécessite des précautions de nettoyage particulières, et pour valider l'efficacité de la solution contre les prions mais également contre les bactéries (Les bactéries (Bacteria) sont des organismes vivants unicellulaires procaryotes, caractérisées par une absence de noyau et d'organites. La plupart des bactéries possèdent une paroi cellulaire glucidique, le...), virus (Un virus est une entité biologique qui nécessite une cellule hôte, dont il utilise les constituants pour se multiplier. Les virus existent sous une forme extracellulaire ou intracellulaire....) et parasites. C'est désormais chose faite. Après une prise de licence définitive, le produit Actanios Prion est enfin disponible.


Notes

(1) Institut CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand organisme de recherche scientifique public français (EPST).) / Universités Montpellier-I et II.
(2) Anios est une filiale d'Air liquide (Air liquide est un groupe industriel français d'envergure internationale, leader mondial des gaz industriels, c'est-à-dire des gaz pour l'industrie, la...) et leader français et international dans le domaine de la décontamination hospitalière.
(3) Le prion est une protéine dotée de deux formes: l'une normale, non pathogène, et l'autre anormale, pathogène.:
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