Une nouvelle cible thérapeutique dans l'asthme allergique
Publié par Isabelle le 21/06/2018 à 12:00
Source: CNRS

Vincent Sauzeau, chercheur à l'Inserm et son équipe située au sein de l'institut du thorax à Nantes(1) (Inserm, CNRS, Université de Nantes, CHU de Nantes) viennent de découvrir le rôle majeur de la protéine Rac1 dans le développement de l'hyperréactivité bronchique associée à l'asthme (L'asthme (phon. : [asm]) du latin asthma signifiant « respiration difficile », est une maladie du système respiratoire touchant les voies aériennes supérieures et...) allergique. Les chercheurs vont exploiter cette nouvelle cible thérapeutique (La thérapeutique (du grec therapeuein, soigner) est la partie de la médecine qui étudie et applique le traitement des maladies.) pour réduire la bronchoconstriction et l'inflammation (Une inflammation est une réaction de défense immunitaire stéréotypée du corps à une agression : infection, brûlure, allergie…) pulmonaire (Les pulmonaires sont des plantes de la famille des Boraginacées appartenant au genre Pulmonaria. Elles doivent leur nom au fait que, selon les Romains, leur racine était censée...) chez les malades. Cet article est publié dans The Journal of Allergy and Clinical Immunology.

L'asthme allergique est un problème majeur de santé publique (La santé publique peut être définie de diverses manières. On peut en effet la présenter comme « l'étude, d'une part, des déterminants physiques,...) qui touche actuellement 8 à 10% de la population mondiale (La population mondiale désigne le nombre d'êtres humains vivant sur Terre à un instant donné. Elle est estimée à 6,793 milliards au 1er janvier 2010, alors qu'elle était...). Il représente 70% des formes d'asthmes et est responsable de plus de 250 000 morts par an. La crise d'asthme est déclenchée par un allergène qui induit (L'induit est un organe généralement électromagnétique utilisé en électrotechnique chargé de recevoir l'induction de l'inducteur et de la transformer en...) une contraction excessive des cellules musculaires de la paroi bronchique (hyperréactivité bronchique). Cela réduit le diamètre (Dans un cercle ou une sphère, le diamètre est un segment de droite passant par le centre et limité par les points du cercle ou de la sphère. Le diamètre est aussi la longueur de ce segment. Pour indiquer...) des bronches et mène à des difficultés respiratoires chez le patient (Dans le domaine de la médecine, le terme patient désigne couramment une personne recevant une attention médicale ou à qui est prodigué un soin.) (sensation d'étouffer, essoufflement, toux (La toux est une contraction spasmodique soudaine et souvent répétitive, de la cavité thoracique humaine, dont résulte une expulsion violente d'air des poumons, et...), sifflement...).

Vincent Sauzeau, chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de...) à l'Inserm et son équipe viennent de mettre en évidence le rôle essentiel de la protéine (Une protéine est une macromolécule biologique composée par une ou plusieurs chaîne(s) d'acides aminés liés entre eux par...) Rac1 dans la contraction du muscle (Les muscles sont une forme contractile des tissus des animaux. Ils forment l'un des quatre types majeurs de tissus, les autres étant le tissu...) bronchique et dans l'hyperréactivité bronchique associée à l'asthme allergique faisant de Rac1 une nouvelle cible thérapeutique dans l'asthme allergique.

Une piste prometteuse pour soigner les malades

Pour déterminer le rôle de Rac1 dans l'hyperréactivité bronchique, les chercheurs ont eu recours à un modèle de souris (Le terme souris est un nom vernaculaire ambigu qui peut désigner, pour les francophones, avant tout l’espèce commune Mus musculus, connue aussi comme animal de...) asthmatiques sensibilisées aux acariens pour mimer la pathologie (La pathologie, terme provenant du Grec ancien, est littéralement le discours, la rationalité (λογία logos) sur la souffrance...) humaine. Ils ont constaté que l'inhalation d'un inhibiteur de Rac1 prévient l'hyperréactivité bronchique dans ce modèle murin d'asthme allergique. De plus, l'inflammation bronchique et l'infiltration de certains globules blancs dans les poumons (qui favorisent l'hyperréactivité bronchique dans l'asthme allergique) sont aussi diminués par l'administration chronique de l'inhibiteur de Rac1. Sur des échantillons bronchiques de patients subissant une transplantation pulmonaire, cette équipe de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances...) a observé une réduction de 70 à 80% de la contraction bronchique par l'inhibition de Rac1.

"Bloquer l'activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) de Rac1 permettrait à la fois de limiter la contraction bronchique en cas de crise d'asthme, mais aussi de réduire l'inflammation locale en traitement de fond", précise Vincent Sauzeau, chercheur Inserm responsable de ces travaux. Les inhibiteurs utilisés dans ces expériences sont des outils de recherche utilisables uniquement en laboratoire. C'est pourquoi les chercheurs développent actuellement de nouvelles molécules pour la clinique.

Cette équipe de recherche, en association avec le service de pneumologie (En médecine, la pneumologie est la branche qui s'occupe de maladies des poumons et du tractus respiratoire. Elle est, en général,...) de l'institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics est un tel institut.) du thorax (Le thorax est une région anatomique de certains animaux vertébrés ou arthropodes.) au CHU de Nantes vient d'obtenir un financement pour vérifier le lien entre l'hyperréactivité bronchique et l'activation (Activation peut faire référence à :) anormale de Rac1 dans les bronches chez des patients souffrant d'asthme allergique. "Si le lien est confirmé, cela validera l'intérêt de poursuivre le développement d'un nouvel inhibiteur de Rac1 à visée thérapeutique chez l'homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme prépubère est appelé un garçon,...). Il serait alors administré par voie inhalée pour une action ciblée dans les bronches" conclut Vincent Sauzeau. Actuellement, 5 à 10% des patients souffrant d'asthme allergique ne sont pas soulagés par les traitements usuels que sont les anti-inflammatoires et les bronchodilatateurs. Des inhibiteurs de Rac1 pourraient représenter de nouvelles solutions thérapeutiques.

Note:
(1) (http://www.umr1087.univ-nantes.fr/)


Référence publication:
Sources Targeting of Rac1 prevents bronchoconstriction and airway hyperresponsiveness Gwennan André-Grégoire1∗ , Florian Dilasser1∗ , Julie Chesné1 , Faouzi Braza1 , Antoine Magnan1,2, Gervaise Loirand1,2* , Vincent Sauzeau1,2∗
1 INSERM, CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand organisme de recherche scientifique public français (EPST).), UNIV Nantes, l'institut du thorax, Nantes, France
2 CHU Nantes, France
The Journal of Allergy and Clinical Immunology, https://doi.org/10.1016/j.jaci.2017.09.049

Contact chercheur:
Vincent Sauzeau
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