Obésité: le rôle clé d'une protéine du cerveau dévoilé
Publié par Adrien le 15/05/2019 à 08:00
Source: Université de Montréal
Vous avez beau faire de l'exercice et manger de façon équilibrée, le contrôle de votre poids est une affaire plus cérébrale que vous le pensez. Dans une étude publiée dans la revue The Journal of Clinical Investigation, des chercheurs du Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques....) du Centre hospitalier de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux...) de Montréal (Montréal est à la fois région administrative et métropole du Québec[2]. Cette grande agglomération canadienne constitue un centre majeur du commerce, de...) (CRCHUM) démontrent pour la première fois sur des souris (Le terme souris est un nom vernaculaire ambigu qui peut désigner, pour les francophones, avant tout l’espèce commune Mus musculus, connue aussi comme animal de compagnie ou de...) que la protéine (Une protéine est une macromolécule biologique composée par une ou plusieurs chaîne(s) d'acides aminés liés entre eux par des liaisons peptidiques. En général,...) de liaison aux acyl coA ou protéine ACBP influence directement les neurones permettant le maintien d'un poids (Le poids est la force de pesanteur, d'origine gravitationnelle et inertielle, exercée par la Terre sur un corps massique en raison uniquement du voisinage...) santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.) chez les rongeurs et chez l'humain.


Crédit: Getty

En avril 2015, Thierry Alquier, chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant les domaines de...) au CRCHUM et auteur principal de cette étude, avait révélé avec son équipe que cette même protéine permettait aux astrocytes, des cellules de soutien neuronal, de communiquer aux neurones les variations d'acides gras et de lipides dans le sang (Le sang est un tissu conjonctif liquide formé de populations cellulaires libres, dont le plasma est la substance fondamentale et est présent chez...). Grâce à cette information primordiale, le cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de...) peut adapter la prise alimentaire et les dépenses énergétiques. Et, en fin de compte, contrôler le poids de la personne.

"Avec des collègues du laboratoire NutriNeuro de l'Université de Bordeaux (Cette page est consacrée au PRES Université de Bordeaux. Pour les pages sur les universités, voir Université Bordeaux I, Université Bordeaux II, Université Bordeaux III, Université Bordeaux IV; pour la...), nous montrons aujourd'hui que les neurones diminuant la prise alimentaire, appelés neurones à pro-opiomélanocortine ou neurones POMC, sont en “communication étroite” avec les astrocytes qui produisent la protéine ACBP dans une zone cérébrale particulière: le noyau arqué de l'hypothalamus", dit Thierry Alquier, professeur à l'Université de Montréal.

Essentielle pour la régulation (Le terme de régulation renvoie dans son sens concret à une discipline technique, qui se rattache au plan scientifique à l'automatique.) de l'alimentation et du métabolisme (Le métabolisme est l'ensemble des transformations moléculaires et énergétiques qui se déroulent de manière ininterrompue...), cette région de l'hypothalamus contient deux populations de neurones aux fonctions opposées quand elles sont activées: la première entraîne l'augmentation de la prise alimentaire et la seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de mesure du temps. La...) ‒ les neurones POMC communs à l'animal (Un animal (du latin animus, esprit, ou principe vital) est, selon la classification classique, un être vivant hétérotrophe, c’est-à-dire qu’il se nourrit de...) et à l'humain ‒ donne lieu à une diminution de la prise alimentaire et à une hausse des dépenses énergétiques.

Un cas d'espèce ?

"Les mutations génétiques expliquent de 5 à 10 % des cas d'obésité (L'obésité est l'état d'une personne, ou d'un animal, souffrant d'une hypertrophie de la masse adipeuse, qui se traduit par un excès de poids, réparti de façon généralisée dans les diverses...). Parmi ces cas, une large proportion est liée à un dérèglement de cette voie neuronale communément appelée voie de la mélanocortine. Nous avons noté que l'élimination du gène (Un gène est une séquence d'acide désoxyribonucléique (ADN) qui spécifie la synthèse d'une chaîne de polypeptide ou d'un acide...) ACBP dans les astrocytes du noyau arqué favorise l'obésité. Sur des souris génétiquement modifiées pour être obèses, nous avons pu constater en laboratoire que l'injection (Le mot injection peut avoir plusieurs significations :) quotidienne d'ACBP a permis une réduction de la prise alimentaire et une perte de poids de l'ordre de 5 % en cinq jours (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son...), un mécanisme qui dépend de l'activation (Activation peut faire référence à :) des neurones POMC", explique M. Alquier.

Le chercheur insiste toutefois sur la prudence à observer quant à la transposition de cette découverte chez l'humain. Au stade (Un stade (du grec ancien στ?διον stadion, du verbe ?στημι istêmi, « se tenir droit et ferme ») est un équipement sportif.) de la recherche fondamentale (La recherche fondamentale regroupe les travaux de recherche scientifique n'ayant pas de finalité économique déterminée au moment des travaux. On oppose en général la recherche fondamentale à la recherche appliquée. Cette...), cette étude a été menée en laboratoire sur des souris.

Reconnue par l'Organisation (Une organisation est) mondiale de la santé comme un problème de santé publique (La santé publique peut être définie de diverses manières. On peut en effet la présenter comme « l'étude, d'une part, des déterminants physiques, psychosociaux...) partout sur la planète (Une planète est un corps céleste orbitant autour du Soleil ou d'une autre étoile de l'Univers et possédant une masse suffisante pour que sa gravité la maintienne...), l'obésité est un facteur de risque (En gestion des risques, un facteur de risque est une source de risque qui est classée en risques inhérents génériques probables dans le but de...) majeur pour certaines maladies chroniques, dont le diabète de type 2 (Cet article traite du « diabète de type 2 », une forme de diabète sucré. Mais il existe d'autres diabètes : voir la...), les maladies cardiovasculaires et certains cancers, pour les troubles musculosquelettiques et pour la mortalité prématurée.
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