Le rôle des oiseaux migrateurs dans la propagation de la grippe aviaire
Une nouvelle étude internationale pointe le rôle des oiseaux migrateurs dans la propagation de la grippe aviaire. Le Laboratoire d'Epidémiologie spatiale de l'ULB participe à cette étude qui permet de mieux prédire les lieux et moments les plus à risque d'introduction du virus en Europe.
Au cours des années 2014-2015, un nouveau virus recombinant de la grippe aviaire du sous-type H5N8 s'est propagé très rapidement au départ d'un foyer d'épidémie situé en Corée du sud. En quelques mois, ce virus s'est retrouvé sur trois continents, causant de nouveaux foyers en Europe et aux Etats-Unis. Cet événement rappelle la propagation rapide de la grippe aviaire de type H5N1 qui s'était déroulée en Europe et en Afrique en 2006.
En combinant une analyse phylogéographique, l'ensemble des données épidémiologiques des cas recensés en Europe, aux USA et en Asie, ainsi que des données portant sur la commercialisation internationale de la volaille, ils arrivent à la conclusion que les oiseaux migrateurs ont joué un rôle clé dans cette propagation rapide
Fig. 1 Recontruction phylogéographique des localisations du virus H5N8 et de ses hôtes sauvages ("Wild") et domestiques ("Dom") en août 2014
"Une des clés de compréhension a été d'utiliser une projection cartographique centrée sur le pôle nord, ce qui permettait de mieux comprendre la proximité géographique de l'Europe, de l'Asie et l'Amérique du nord du point de vue des migrations" souligne Marius Gilbert, co-auteur de l'étude.
Un large consortium international de chercheurs, parmi lesquels, Marius Gilbert - Laboratoire d'Epidémiologie spatiale, Ecole Interfacultaire de Bioingénieurs, Faculté des Sciences - publie cette semaine dans Science une étude sur le rôle des oiseaux migrateurs dans cette propagation.
De façon plus générale, ces travaux permettent de mieux comprendre la circulation des virus influenza dans les régions polaires par le biais des migrations. Ceci permet de mieux prédire les lieux et les moments qui sont les plus à risque d'introduction éventuelle de virus en Europe et d'y prendre les mesures adéquates en terme de surveillance et de prévention.