On devra vivre avec la COVID ? Probablement

Publié par Adrien le 12/10/2021 à 09:00
Source: ASP
"Il faudra vivre avec le virus" de la COVID, préviennent depuis longtemps des experts, une phrase reprise à l'occasion par des élus, en dépit de la progression encourageante du taux de vaccination. Disparaîtra, ou disparaîtra pas, ce virus (Un virus est une entité biologique qui nécessite une cellule hôte, dont il utilise...) ?


Le SRAS-CoV-2 (les bulles bleues) entourant une cellule cultivée en labo, tel que vu au microscope électronique. / NIH Image Gallery (Gallery est un moteur de recherche sur téléphone mobile qui permet d'avoir accès à de très...)

Éradication ou élimination?

Faire complètement (Le complètement ou complètement automatique, ou encore par anglicisme complétion ou...) disparaitre le SRAS-CoV-2 serait un grand soulagement pour plusieurs, mais il y a peu de chances que cela arrive. À travers l'histoire, un seul virus a été complètement éradiqué: la variole (La variole ou petite vérole est une maladie infectieuse d'origine virale, très...).

Le dernier "représentant" du virus de la variole a été observé en 1977, suivant un programme de vaccination (La vaccination est un procédé consistant à introduire un agent extérieur (le...) mondial entrepris dans les années 1960. Et comme le virus ne circulait que chez l'homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo...), ce qui signifie qu'il n'avait pas de réservoir animal (Un animal (du latin animus, esprit, ou principe vital) est, selon la classification classique, un...), la maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal...) n'existe plus.

On est aussi parvenu à arrêter la transmission humaine du SRAS-CoV-1, à l'origine de l'épidémie de syndrome (Un syndrome est un ensemble de signes cliniques et de symptômes qu'un patient est susceptible...) respiratoire aigu sévère (SRAS) entre 2002 et 2004. Ce proche parent du SRAS-CoV-2 avait fait le saut chez l'humain en 2002, infectant près de 8000 personnes et en tuant près de 800. Sa disparition reste toutefois mystérieuse et il demeure possible qu'il circule encore chez les animaux. C'est la raison pour laquelle on parle d'élimination et non d'éradication.

Le coronavirus qui cause la COVID-19, ou SRAS-CoV-2, est différent du SRAS-COV-1, même s'il en est un proche parent, selon une étude publiée l'an dernier dans The Lancet. Les stratégies employées depuis son apparition en décembre 2019 -des mesures sanitaires jusqu'à la vaccination- visent son élimination plutôt que son éradication. Plusieurs pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue...) se sont employés à réduire au maximum le nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre...) de cas, la Nouvelle-Zélande (La Nouvelle-Zélande est un pays de l'Océanie, au Sud-Ouest de l'océan Pacifique,...) ayant même visé une stratégie (La stratégie - du grec stratos qui signifie « armée » et ageîn qui signifie...) "zéro (Le chiffre zéro (de l’italien zero, dérivé de l’arabe sifr,...) COVID", qu'elle n'a abandonnée que tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou...) récemment.

Mais compte tenu de la lenteur à vacciner la majorité des pays du monde (Le mot monde peut désigner :), il est impensable d'imaginer son éradication, du moins à court et moyen terme. Des défenseurs de la stratégie d'élimination croient donc qu'on devrait considérer la COVID-19 comme la rougeole (La rougeole (également appelée 1re maladie) est une infection virale éruptive...), qui a été largement éliminée, même si elle continue de circuler et de provoquer des éclosions ici et là.

Un virus endémique ?

Cette stratégie d'élimination nécessite, comme on l'a vu depuis un an et demi, beaucoup de restrictions sanitaires -confinements, contraintes aux voyages, etc. - et entraine des coûts économiques et sociaux.

Par contre, lorsque suffisamment de personnes auront acquis une certaine immunité, via une infection ou la vaccination, beaucoup de scientifiques s'attendent à ce que le virus devienne "endémique". Cela signifie qu'il ne disparaîtra probablement pas, mais qu'il y aura moins d'hospitalisations et moins de décès dus à la COVID-19.

Un virus pas assez stable pour être éliminé ?

La comparaison avec la rougeole a toutefois ses limites. On peut certes espérer que les vaccins suffiront à éliminer la COVID-19 comme ils l'ont fait pour la rougeole, mais c'est mal connaitre le virus auquel on a affaire.

La rougeole est un virus stable qui ne change pas lorsqu'il se multiplie pour infecter plus de gens. Au contraire, avec le SRAS-CoV2, on a vu apparaître, depuis un an et demi, plusieurs variants, certains plus virulents que la souche originale.

Jusqu'à quel point (Graphie) ces variants permettent-ils d'échapper en partie aux anticorps, on n'en est pas encore sûr.

On sait toutefois que les coronavirus, comme le SRAS-CoV-2, changent quatre fois moins rapidement que la grippe (La grippe (ou influenza) est une maladie infectieuse fréquente et contagieuse causée par...): les vaccins devraient donc conserver une relative efficacité. Et s'il s'avérait que les vaccins doivent être mis à jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la...), on peut s'attendre à ce que les chercheurs aient la tâche plus facile qu'avec la grippe, pour qui il existe de nombreuses souches différentes.

Dans tous les cas, les études semblent bel (Nommé en l’honneur de l'inventeur Alexandre Graham Bell, le bel est unité de...) et bien indiquer que le virus développe un certain degré (Le mot degré a plusieurs significations, il est notamment employé dans les domaines...) de résistance qui pourrait lui permettre de continuer de circuler, même après qu'on aura atteint une éventuelle immunité collective, par la vaccination ou par l'infection.

La grosse différence par rapport à la situation (En géographie, la situation est un concept spatial permettant la localisation relative d'un...) des deux dernières années serait que le SRAS-CoV-2 ne pourrait plus infecter autant de personnes ou se répliquer autant de fois chez chaque personne qu'il infecte, et que par conséquent, les chances de voir apparaître de nouveaux variants seraient considérablement réduites.

Un coronavirus comme les autres ?

Quatre coronavirus (HCoV-OC43, HCoV-229E, HCoV-NL63 et HCoV-HKU 1) sont responsables d'infections respiratoires fréquentes et souvent bénignes, ainsi que de 10 à 15 % des cas de rhume (La rhinopharyngite ou nasopharyngite, communément nommée rhume banal (prononcé ),...).

Les réinfections par ces quatre coronavirus courants sont probablement dues à l'évolution des virus, de nouvelles mutations leur permettant à l'occasion de déjouer nos défences immunitaires. Si l'immunité au SRAS-CoV-2 devait diminuer comme elle le fait avec ces coronavirus, alors le SRAS-CoV2 continuerait de provoquer des réinfections. Dans un scénario optimiste, la COVID-19 pourrait se transformer en un rhume récurrent et en grande partie banal.

De plus, au cours des 20 dernières années, trois nouveaux coronavirus d'origine zoonotique ont émergé: Sars-CoV-1, Mers-CoV, et Sars-CoV-2. Les deux premiers semblent avoir été "éliminés". Là encore, dans un scénario très optimiste, le SRAS-CoV-2 pourrait subir le même sort. Mais ses deux prédécesseurs étaient moins contagieux et n'avaient pas cette capacité qu'a le SRAS-CoV2 à se fixer sur nos cellules. Une répétition du scénario semble donc moins probable.

Verdict

Un seul virus ayant été éradiqué dans l'histoire, il est probable que le SRAS-CoV-2 soit là pour rester. Il reste toutefois une grande marge d'incertitude quant au sort final qui sera le sien: presque éliminé comme la rougeole, ou saisonnier comme la grippe ?
Cet article vous a plu ? Vous souhaitez nous soutenir ? Partagez-le sur les réseaux sociaux avec vos amis et/ou commentez-le, ceci nous encouragera à publier davantage de sujets similaires !
Page générée en 0.038 seconde(s) - site hébergé chez Contabo
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique