Oui, on peut être allergique à la bière: causes, symptômes et risques

Publié par Adrien le 12/08/2020 à 09:00
Source: ASP
Si la liste des problèmes associés à l'alcool est déjà longue, il en est un qui laisse plusieurs personnes sceptiques: une allergie à la bière que de nombreux consommateurs affirment avoir développée. Des chercheurs confirment que certains ingrédients utilisés dans la fabrication de la bière peuvent être en cause.


D'emblée, il s'agirait toutefois d'une allergie (L'allergie est une réaction anormale, inadaptée, exagérée et excessive du système immunitaire de l'organisme, consécutive à...) rare: aux États-Unis, de 2% à 3% des adultes seraient touchés, selon Healthline, un site d'information sur la santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.), qui cite une dizaine de sources scientifiques sur le sujet.

C'est aussi ce qu'avait conclu, entre autres, une équipe de dermatologues et d'allergologues allemands qui, dès 2004, écrivait que le malt, utilisé dans la fabrication de la bière, constituait un des ingrédients allergènes. En fait, le maltage industriel fait normalement appel à des céréales comme l'orge, le blé (« Blé » est un terme générique qui désigne plusieurs céréales appartenant au genre Triticum. Ce sont des plantes annuelles de la famille des...), le seigle ou le sorgho, et fait partie du processus de fermentation (La fermentation est une réaction biochimique de conversion de l'énergie chimique contenue dans une source de carbone (souvent du glucose) en une...) de l'alcool. Les mêmes chercheurs ont été les premiers à conclure à une allergie associée à la bière fabriquée à partir de grains de blé.

Rappelons que les céréales sont au coeur du processus de fabrication de la bière: elles forment un moût dont les sucres complexes fermentent en une boisson alcoolisée.

Les soupçons à l'égard d'un facteur d'allergie s'étaient également portés sur l'orge, qui cause de l'urticaire sévère, selon des travaux publiés en 2001 par une équipe espagnole en biotechnologie (L’OCDE définit les biotechnologies comme "l’application de la science et de la technologie aux organismes vivants à d’autres matériaux vivants ou non vivants, pour...) et en allergie. À partir de tests cutanés, les chercheurs ont identifié comme allergènes deux protéines de l'orge, impliquées dans la fabrication de la bière. Des travaux cliniques remontant à 2001 pointaient aussi dans la direction des protéines de transfert de lipides, présentes dans de nombreux fruits, légumes et grains.

Des tests in vivo (In vivo (en latin : « au sein du vivant ») est une expression latine qualifiant des recherches ou des examens pratiqués sur un organisme vivant, par opposition à in vitro...) et in vitro (In vitro (en latin : « dans le verre ») signifie un test en tube, ou, plus généralement, en dehors de l'organisme vivant ou de la cellule. Un exemple est la fécondation...) menés en 2004 ont pour leur part pointé vers l'orge et le houblon (Le houblon (Humulus lupulus) est également appelé : vigne du Nord, couleuvrée septentrionale, salsepareille indigène.), qui agiraient en parallèle avec une hypersensibilité au blé. Une recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique...) de 2016 renforce les soupçons autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne à 31 espèces d'oiseaux qui, soit appartiennent au genre Accipiter, soit constituent les 5 genres...) de la fermentation de l'orge pour certaines bières.

Outre les céréales, d'autres risques ?

En 2018, l'Agence nationale de la sécurité sanitaire (Comme son nom l'indique la sécurité sanitaire traite de la sécurité et de la gestion du risque concerne la santé.) de l'alimentation, de l'environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les enjeux écologiques actuels, le...) et du travail (Anses), en France, rapporte une "observation (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens d’enquête et d’étude appropriés. Le plaisir procuré explique...) d'allergie IgE-dépendante aux levures présentes dans la bière, le vin et le cidre", citant une étude de 2017. L'Anses souligne par contre que de telles observations sont rares et surviennent souvent chez des sujets polysensibilisés. Une étude britannique de 2017 va dans cette direction, mais en incluant d'autres produits alimentaires qui comportent la protéine (Une protéine est une macromolécule biologique composée par une ou plusieurs chaîne(s) d'acides aminés liés entre eux par des liaisons peptidiques. En...) IgE, ajoutant que ce type d'allergie est si rare qu'elle est mal reconnue par la recherche médicale (La recherche médicale se divise en recherche fondamentale et clinique.).

Dans le passé (Le passé est d'abord un concept lié au temps : il est constitué de l'ensemble des configurations successives du monde et s'oppose au futur sur une échelle des temps centrée sur...), certains ont déjà blâmé les sulfites. Dans une fiche d'information publiée en 2017, Santé Canada indiquait que cet additif alimentaire, utilisé surtout comme antioxydant, ne causait pas de véritable réaction allergique. Le ministère classait tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) de même les sulfites dans la catégorie des allergènes alimentaires prioritaires, comme les arachides, noix, graines de sésame (Le sésame (Sesamum indicum) est une plante de la famille des Pédaliacées, largement cultivée pour ses graines.), lait, oeufs, etc. Par contre, de nos jours (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à minuit heure locale) et...), la plupart des bières ne contiennent pas de sulfites.

Symptômes

L'allergie à la bière pourrait causer urticaire, rougeurs, vomissements, diarrhées, douleurs abdominales, crampes et même choc (Dès que deux entitées interagissent de manière violente, on dit qu'il y a choc, que ce soit de civilisation ou de particules de hautes énergies.) anaphylactique. Malgré ces risques, les brasseurs canadiens n'avaient pas, jusqu'à récemment, à inscrire sur leurs emballages la présence d'allergènes prioritaires.

Certaines personnes pourraient confondre allergie à la bière et intolérance à l'alcool. Cette dernière se caractérise par l'absence, dans l'organisme, d'une enzyme (Une enzyme est une molécule (protéine ou ARN dans le cas des ribozymes) permettant d'abaisser l'énergie d'activation d'une réaction et d'accélérer jusqu'à des millions de fois les réactions...) hépatique (l'aldéhyde-déshydrogénase) qui permet de métaboliser l'acétaldéhyde, un sous-produit toxique de l'alcool. On appelle aussi cette intolérance "syndrome (Un syndrome est un ensemble de signes cliniques et de symptômes qu'un patient est susceptible de présenter lors de certaines maladies, ou bien dans des circonstances cliniques...) du rougissement asiatique", qui touche environ la moitié des Asiatiques. Ceux-ci présenteraient une variante génétique (La génétique (du grec genno γεννώ = donner naissance) est la science qui étudie l'hérédité et les gènes.) qui rend cette enzyme inactive.
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