Les personnes de bonne humeur prennent plus de risques
Publié par Adrien le 29/11/2018 à 08:00
Source: Université McGill
Qu'est-ce qui incite les gens à prendre des risques ? On ne parle pas ici de cascadeurs ou de pilotes de Formule 1, mais de gens comme vous et moi. D'après une recherche publiée cette semaine dans la revue PLOS ONE, les petits bonheurs imprévus dans la vie (La vie est le nom donné :) de tous les jours, comme l'apparition du soleil (Le Soleil (Sol en latin, Helios ou Ήλιος en grec) est l'étoile centrale du système solaire. Dans la classification...) après plusieurs jours de pluie (La pluie désigne généralement une précipitation d'eau à l'état liquide tombant de nuages vers le sol. Il s'agit d'un hydrométéore météorologique qui fait partie du cycle de l'eau. La...) ou une victoire de l'équipe sportive locale, modifient l'ambiance générale dans une ville (Une ville est une unité urbaine (un « établissement humain » pour l'ONU) étendue et fortement peuplée (dont les habitations doivent...) et poussent les citoyens à prendre davantage de risques, notamment avec les jeux de hasard (Dans le langage ordinaire, le mot hasard est utilisé pour exprimer un manque efficient, sinon de causes, au moins d'une reconnaissance de cause à effet d'un...).

Médias sociaux et atmosphère (Le mot atmosphère peut avoir plusieurs significations :) d'une ville

Il semble qu'une ville n'ait pas une humeur constante, et, grâce aux médias (On nomme média un moyen impersonnel de diffusion d'informations (comme la presse, la radio, la télévision), utilisé pour communiquer. Les médias permettent de diffuser une information vers un grand nombre d'individus sans possibilité de...) sociaux, nous pouvons désormais mesurer ses états d'âme.

L'équipe de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par...) dirigée par l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux...) McGill a eu recours à des techniques automatisées pour évaluer "l'impression" se dégageant de plus de cinq millions de messages diffusés sur Twitter (Twitter est un outil de réseau social et de microblogage qui permet à l’utilisateur d’envoyer gratuitement des messages brefs, appelés tweets...) entre 2012 et 2013, géolocalisés dans six grandes villes des États-Unis (New York, Boston, Chicago (Chicago est une mégapole des États-Unis, située dans la partie nord du Middle West, à 1 280 kilomètres à l'ouest de New York et à plus de 3 200 kilomètres au nord-est...), Dallas-Fort Worth, région de la Baie de San Francisco (La baie de San Francisco se situe à l'ouest des États-Unis sur la côte Pacifique, en Californie. C'est un estuaire peu profond dans lequel débouchent des eaux...) et Los Angeles). Ils ont ainsi pu déduire l'humeur des villes pour n'importe quel jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le...) donné.

"Nous avons découvert que les utilisateurs de Twitter représentent bien leur collectivité", explique Johannes Eichstaedt, scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les méthodes scientifiques.) en sciences sociales computationnelles à l'Université de Pennsylvanie et coauteur de l'article. "Ce qu'ils disent sur Twitter traduit bien ce qui se vit dans les collectivités. Au moyen de l'intelligence artificielle (L'intelligence artificielle ou informatique cognitive est la « recherche de moyens susceptibles de doter les systèmes informatiques de capacités...), nous avons réussi à sonder les tweets de Twitter pour en tirer de l'information sur l'humeur de la population."

Les chercheurs ont interprété le langage utilisé dans les médias sociaux pour tenter d'analyser, sur une base quotidienne, l'humeur exprimé par les tweets, et donc par les villes. Ils ont ensuite voulu savoir s'ils pourraient prédire quand une ville serait de bonne humeur, en tenant compte de résultats positifs inattendus, comme une victoire inespérée d'une équipe ou une éclaircie après plusieurs jours de mauvais temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.). L'étape suivante consistait à déterminer les liens entre cette bonne humeur et une prise de risque accrue.

Chicago se sent-elle chanceuse aujourd'hui ?

La victoire des White Sox la veille ou l'apparition du soleil après une longue période de temps maussade aura une influence sur ce sentiment.

Des expériences de psychologie réalisées en laboratoire avaient déjà démontré qu'on se sentait mieux et plus enclin à prendre des risques lorsqu'une situation (En géographie, la situation est un concept spatial permettant la localisation relative d'un espace par rapport à son environnement proche ou non. Il inscrit un lieu dans un cadre plus général afin de le qualifier à...) se déroulait mieux que prévu. Les chercheurs voulaient déterminer si c'était également vrai pour toute une ville. Ils ont cherché à savoir si une augmentation de la vente de billets pour la loterie quotidienne à Chicago et à New York (New York , en anglais New York City (officiellement, City of New York) pour la distinguer de l’État de New York, est la principale ville des États-Unis, elle compte a elle seule 8 143 200 habitants. Son...), alors que rien n'incitait à acheter un jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à...) plutôt qu'un autre puisque les chances et les gains restaient constants, était liée à une humeur positive de la ville, reflétée dans les médias sociaux. Et ils ont découvert que c'était bien le cas, même si l'effet est subtil d'après les auteurs. Par exemple, lorsque Chicago et New York sont "de bonne humeur", on peut prédire que les dépenses quotidiennes pour des jeux de hasard augmenteront de près de 2,5 % par personne dans les quartiers particulièrement réactifs.

"À l'aide des données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire,...) provenant des médias sociaux, nous avons pu examiner les répercussions d'événements collectifs sur le bien-être (Le bien-être ou bienêtre est un état qui touche à la santé, au plaisir, à la réalisation de soi, à l'harmonie avec soi et les autres. René Dubos...) subjectif à l'échelle des grandes villes, souligne Ross Otto, du Département de psychologie de McGill et auteur principal de l'article. Cette information sur les liens entre l'humeur variable (En mathématiques et en logique, une variable est représentée par un symbole. Elle est utilisée pour marquer un rôle dans une...) d'une ville et la prise de risques pourrait, par exemple, aider ceux qui veulent décourager d'autres personnes de s'adonner à des jeux de hasard à trouver le meilleur moment pour diffuser leurs messages sur le jeu responsable."

L'article "Real-world unexpected outcomes predict city-level mood states and risk-taking behavior", par A. Ross Otto et Johannes C. Eichstaedt, a été publié dans la revue PLOS ONE (PLoS One est une revue scientifique exclusivement en ligne couvrant tous les domaines de la biologie et de la médecine sans distinction, qui a été lancée à fin 2006. Un des objectifs de PLoS One est de...): http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0206923.
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