🔭 Une planĂšte gĂ©ante aujourd'hui disparue aurait sauvĂ© les lunes de Jupiter et Uranus

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Des simulations informatiques ont permis de reconstituer 122 scénarios possibles de l'évolution du SystÚme solaire, il y a 3 à 4 milliards d'années. Les chercheurs ont examiné comment les orbites des planÚtes géantes ont bougé, et surtout comment ces changements ont affecté les lunes de Jupiter et d'Uranus. Ces lunes sont en effet de véritables archives de l'histoire du SystÚme solaire, car elles sont restées relativement stables autour de leurs planÚtes.

Illustration d'Uranus et de ses cinq plus grandes lunes. Dans une autre réalité, Uranus n'aurait aucune lune.
Crédit: NASA/Johns Hopkins APL/Mike Yakovlev

Dans moins de 15% des simulations, les lunes de Jupiter ont survécu à l'époque des migrations planétaires. Pour celles d'Uranus, le taux chute à 9%. Pire encore, les scénarios favorables aux unes étaient souvent défavorables aux autres. La probabilité que les deux systÚmes de lunes survivent ensemble n'atteint que 1%. Pourtant, elles sont bien là aujourd'hui, ce qui indique un événement rare.

Les chercheurs ont identifiĂ© deux scĂ©narios oĂč les lunes des deux planĂštes survivent. Ces deux scĂ©narios incluent une planĂšte supplĂ©mentaire au dĂ©but: un cinquiĂšme gĂ©ant de glace. Ce monde aujourd'hui disparu aurait modifiĂ© les migrations des autres planĂštes juste assez pour Ă©viter des perturbations trop violentes. Jupiter aurait croisĂ© ce gĂ©ant de glace Ă  environ 7 millions de kilomĂštres, assez pour troubler ses lunes, mais pas pour les anĂ©antir.

Ce géant de glace, aujourd'hui expulsé du SystÚme solaire, erre probablement quelque part dans l'espace interstellaire. Sa présence initiale a changé le cours des événements, rendant la période de migration plus courte et moins brutale pour Uranus. Celle-ci a subi au moins deux grands bouleversements: un impact qui l'a couchée sur le cÎté, puis la migration des géantes. Pourtant, ses lunes ont tenu bon, malgré quelques collisions.

Bien sûr, ces simulations ne sont pas parfaites. Les chercheurs rappellent qu'elles comportent une part de hasard, et qu'aucune ne reproduit exactement ce qui s'est passé. Mais elles offrent une vision générale solide: la présence d'un autre monde, aujourd'hui perdu, a probablement sauvé les lunes que nous observons aujourd'hui.