Pourquoi le cerveau se souvient-il des rêves ?
Publié par Adrien le 13/02/2014 à 01:27
Source: CNRS
Certaines personnes se souviennent de leurs rêves tous les matins alors que d'autres s'en souviennent rarement. L'équipe de Perrine Ruby, chargée de recherche Inserm, au sein du centre de recherche en neurosciences de Lyon (Inserm / CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand organisme de recherche scientifique public français (EPST).) / Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa...) Claude Bernard (Claude Bernard, né le 12 juillet 1813 à Saint-Julien (Rhône) et mort le 10 février 1878 à Paris, est un médecin et physiologiste français.) Lyon 1) a étudié l'activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) cérébrale de ces rêveurs afin de comprendre ce qui les différencie. Dans une étude publiée dans la revue Neuropsychopharmacology, les chercheurs montrent que la jonction (La Jonction est un quartier de la ville de Genève (Suisse), son nom familier est "la Jonquille") temporo-pariétale, un carrefour du traitement de l'information dans le cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du corps, dont la motricité volontaire, et constitue le...), est plus active chez les grands rêveurs. Elle induirait une plus grande réactivité aux stimulations extérieures, faciliterait ainsi le réveil au cours du sommeil (Le sommeil est un état naturel récurrent de perte de conscience (mais sans perte de la réception sensitive) du monde extérieur, accompagnée d'une diminution progressive du tonus musculaire, survenant à...), ce qui favoriserait la mémorisation (D'une manière générale, la mémoire est le stockage de l'information. C'est aussi le souvenir d'une information.) des rêves.

L'origine du rêve continue d'être un mystère pour les chercheurs qui étudient la différence entre les "grands rêveurs", qui parviennent à se souvenir de leurs rêves régulièrement, et les "petits rêveurs" pour lesquels cet événement est plus rare. En janvier 2013 (travaux publiés dans la revue Cérébral Cortex), l'équipe de Perrine Ruby (Ruby est un langage de programmation libre. Il est interprété, orienté objet, et multi-paradigme.), chargée de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances...) à l'Inserm et ses collaborateurs du centre de recherche en neurosciences (Les neurosciences correspondent à l'ensemble de toutes les disciplines biologiques et médicales qui étudient tous les aspects, tant normaux que...) de Lyon, ont réalisé deux constats: les "grands rêveurs" comptabilisent 2 fois plus de phases de réveil pendant le sommeil que les "petits rêveurs" et leur cerveau est plus réactif aux stimuli de l'environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les enjeux écologiques actuels, le terme environnement tend actuellement à prendre...). Cette sensibilité expliquerait une augmentation des éveils au cours de la nuit et permettrait ainsi une meilleure mémorisation des rêves lors de cette brève phase (Le mot phase peut avoir plusieurs significations, il employé dans plusieurs domaines et principalement en physique :) d'éveil. Dans cette nouvelle étude, l'équipe de recherche a cherché quelles régions du cerveau différencient les grands des petits rêveurs en mesurant l'activité cérébrale spontanée en Tomographie par Emission de Positons (TEP) à l'éveil et pendant le sommeil chez 41 rêveurs volontaires.

Les volontaires ont été classés en 2 groupes: 21 "grands rêveurs" se souvenant de leur rêve en moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractérisant les éléments d'un ensemble de quantités : elle exprime la grandeur qu'auraient chacun des membres...) 5.2 fois par semaine et 20 "petits rêveurs" rapportant en moyenne 2 rêves par mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.).

Les chercheurs ont mesuré avec le scanner (Un scanneur, ou numériseur à balayage est l'équivalent du terme anglais scanner, qui vient du verbe anglais to scan, signifiant « balayer » dans le sens de « parcourir...) TEP (La tonne d'équivalent pétrole (symbole tep) est une unité d'énergie d'un point de vue économique et industriel.) l'activité cérébrale des grands et petits rêveurs pendant l'éveil et pendant le sommeil. (Voir vidéo)


Les résultats révèlent que les grands rêveurs présentent une activité cérébrale spontanée plus forte pendant leur sommeil au niveau du cortex (En biologie, le cortex (mot latin signifiant écorce) désigne la couche superficielle ou périphérique d'un tissu organique.) préfrontal médian (MPFC) et de la jonction temporo-pariétale (JTP), une zone cérébrale impliquée dans l'orientation (Au sens littéral, l'orientation désigne ou matérialise la direction de l'Orient (lever du soleil à l'équinoxe) et des points cardinaux (nord de la boussole) ;) de l'attention vers les stimuli extérieurs.

"Cela explique pourquoi les grands rêveurs réagissent plus aux stimuli de l'environnement et se réveillent plus au cours de leur sommeil que les petits rêveurs, et ainsi pourquoi ils mémorisent mieux leurs rêves. En effet le cerveau endormi n'est pas capable de mémoriser une nouvelle information en mémoire (D'une manière générale, la mémoire est le stockage de l'information. C'est aussi le souvenir d'une information.), il a besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un classement des besoins humains en trois grandes catégories : les besoins primaires, les besoins secondaires et les besoins...) de se réveiller pour pouvoir faire ça" explique Perrine Ruby, chargée de recherche à l'Inserm.

Le neuropsychologue sud-africain Mark Solms avait remarqué dans de précédents travaux que des lésions de ces deux zones conduisaient à une cessation des souvenirs de rêves.

"Ces résultats montrent que les grands et petits rêveurs se différencient en terme de mémorisation du rêve mais n'exclut pas qu'ils se différencient également en terme de production de rêve. En effet, il est possible que les grands rêveurs produisent une plus grande quantité (La quantité est un terme générique de la métrologie (compte, montant) ; un scalaire, vecteur, nombre d’objets ou d’une autre manière de dénommer...) de rêve" conclut l'équipe de recherche.
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