Pourquoi courir rend-il heureux ?

Publié par Adrien le 03/09/2015 à 00:00
Source: Université de Montréal

Une équipe de chercheurs montre le rôle essentiel de la leptine dans le phénomène de l'euphorie du coureur. Photo: Thinkstock.
Le bonheur de courir. Cette sensation de bien-être, de liberté et de regain d'énergie (Dans le sens commun l'énergie désigne tout ce qui permet d'effectuer un travail, fabriquer de la...) souvent vécue par les coureurs n'est pas qu'une affaire d'endorphines. Une étude du Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue...) du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (L’Université de Montréal est l'un des quatre établissements d'enseignement...) (CRCHUM) montre que le phénomène de "l'euphorie (L'euphorie (du grec euphoria) est un terme médical désignant une impression...) du coureur" est aussi causé par la dopamine, un neurotransmetteur (Les neurotransmetteurs, ou neuromédiateurs, sont des composés chimiques...) important pour la motivation (La motivation est, dans un organisme vivant, la composante ou le processus qui règle son...).

"Nous avons découvert que l'effet de récompense de l'activité physique (L'activité physique regroupe à la fois l'exercice physique de la vie quotidienne, maison,...) à l'endurance (L'endurance est la capacité de maintenir dans le temps un certain niveau d'intensité...) est modulé par la leptine, une hormone (Une hormone est un messager chimique véhiculé par le système circulatoire qui agit...) clé du métabolisme (Le métabolisme est l'ensemble des transformations moléculaires et énergétiques...). La leptine peut inhiber l'activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) physique (La physique (du grec φυσις, la nature) est étymologiquement la...) à travers les neurones de la dopamine dans le cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite...)", fait valoir Stephanie Fulton, chercheuse au CRCHUM et auteure principale d'un article paru aujourd'hui dans la revue Cell Metabolism.

Sécrétée par le tissu adipeux (Le tissu adipeux (masse grasse)), la leptine aide à contrôler la sensation de satiété. Cette hormone influence aussi l'activité physique. "Plus il y a de gras, plus il y a de leptine et moins l'envie de manger se fait sentir. Nous démontrons maintenant que cette hormone joue (La joue est la partie du visage qui recouvre la cavité buccale, fermée par les...) aussi un rôle crucial dans la motivation à courir, ce qui est d'ailleurs possiblement lié à la recherche de nourriture", explique Stephanie Fulton, également professeure au Département de nutrition (La nutrition (du latin nutrire : nourrir) désigne les processus par lesquels un être...) de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la...) de Montréal (Montréal est à la fois région administrative et métropole du Québec[2]. Cette grande...).

Les signaux hormonaux qui modulent l'alimentation et l'exercice seraient en fait étroitement liés. On croit que la capacité d'endurance à la course (Course : Ce mot a plusieurs sens, ayant tous un rapport avec le mouvement.) chez les mammifères - et les humains en particulier - a évolué pour maximiser les chances de s'alimenter. Cette étude suggère que la leptine joue un rôle critique à la fois pour contrôler la balance énergétique et déclencher la motivation à adopter des comportements "payants" pour le métabolisme de l'individu (Le Wiktionnaire est un projet de dictionnaire libre et gratuit similaire à Wikipédia (tous deux...), c'est-à-dire s'activer physiquement pour trouver de la nourriture.

Les chercheurs ont étudié la motivation à courir des souris (Le terme souris est un nom vernaculaire ambigu qui peut désigner, pour les francophones, avant...) en cage, dans une roue (La roue est un organe ou pièce mécanique de forme circulaire tournant autour d'un axe...) d'exercice. Ces souris peuvent courir jusqu'à sept kilomètres (Le mètre (symbole m, du grec metron, mesure) est l'unité de base de longueur du Système...) par jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la...). En laboratoire, l'activité physique de souris normales a été comparée avec celle de souris ayant subi une modification génétique (La génétique (du grec genno γεννώ = donner naissance) est...) pour supprimer une molécule (Une molécule est un assemblage chimique électriquement neutre d'au moins deux atomes, qui...) activée par la leptine, la STAT3 (signal transducer and activator of transcription-3). La molécule STAT3 se retrouve dans les neurones qui synthétisent la dopamine dans le mésencéphale. Cette "voie mésolimbique de la dopamine" est en quelque sorte une autoroute (Une autoroute est une route réservée à la circulation des véhicules motorisés rapides...) de la motivation dans le cerveau.

"Les souris qui n'ont pas la molécule STAT3 dans les neurones dopaminergiques courent beaucoup plus. À l'inverse (En mathématiques, l'inverse d'un élément x d'un ensemble muni d'une loi de...), les souris normales bougent moins, parce que la leptine active alors STAT3 dans les neurones de la dopamine, c'est un signal ( Termes généraux Un signal est un message simplifié et généralement codé. Il existe...) pour indiquer que les réserves d'énergie dans le corps sont suffisantes et qu'il n'est pas nécessaire de s'activer pour partir en quête de nourriture", explique Maria Fernanda Fernandes, première auteure de l'étude.

Et chez l'humain, la leptine est-elle aussi importante pour l'envie de bouger? Oui. "Des études antérieures ont bien démontré le lien entre la leptine et les temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le...) obtenu lors d'un marathon. Moins il y a de leptine, meilleures sont les performances. Notre étude sur les souris suggère que cette molécule est aussi impliquée dans l'effet de récompense ressenti lorsqu'on fait de l'exercice physique (L'exercice physique est une activité physique pratiquée en principe...). On peut penser que pour les humains, un bas taux de leptine peut favoriser une plus grande de motivation à faire de l'exercice et l'atteinte plus facile de l'euphorie du coureur", résume Stephanie Fulton.

Les souris, les humains et les mammifères en général auraient évolué pour rentabiliser les comportements efficaces pour trouver de la nourriture. En bout de ligne, les hormones envoient un message (La théorie de l'information fut mise au point pour déterminer mathématiquement le taux...) clair au cerveau : quand la nourriture est rare, c'est agréable de courir en chercher.
Cet article vous a plu ? Vous souhaitez nous soutenir ? Partagez-le sur les réseaux sociaux avec vos amis et/ou commentez-le, ceci nous encouragera à publier davantage de sujets similaires !
Page générée en 1.530 seconde(s) - site hébergé chez Amen
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique