La présence humaine influence-t-elle la diversité zoogénétique à l'échelle planétaire ?
Publié par Isabelle le 26/10/2019 à 14:00
Source et illustration:Université McGill

Par la densité de sa population et l'utilisation qu'il fait des terres, l'être humain influence la diversité génétique des animaux, ont conclu des chercheurs de l'Université McGill. Leurs résultats, publiés dans la revue Ecology Letters, montrent que les changements environnementaux causés par les humains entraînent une altération de la diversité génétique (La diversité génétique est une caractéristique décrivant le niveau de variétés des gènes au sein d'une même espèce (voire sous-espèce). On parle de...) de milliers d'espèces d'oiseaux, de poissons (Les Poissons sont une constellation du zodiaque traversée par le Soleil du 12 mars au 18 avril. Dans l'ordre du zodiaque, elle se situe entre le Verseau à l'ouest et le Bélier à l'est. Bien...), d'insectes (Insectes est une revue francophone d'écologie et d'entomologie destinée à un large public d'amateurs et de naturalistes. Produite par l'Office pour les insectes...) et de mammifères. C'est chez les insectes et les poissons que l'influence humaine est la plus évidente.

Comme c'est la diversité génétique (La génétique (du grec genno γεννώ = donner naissance) est la science qui étudie l'hérédité et les gènes.) qui permet aux espèces de s'adapter et d'évoluer en réponse à un changement environnemental, de nombreuses espèces utiles pourraient disparaître en raison d'une vulnérabilité (En gestion des risques, la vulnérabilité d'une organisation ou d'une zone géographique est le point faible de cette organisation...) accrue à la perte de leur habitat, à la pollution (La pollution est définie comme ce qui rend un milieu malsain. La définition varie selon le contexte, selon le milieu considéré et selon ce que l'on peut entendre par malsain [1].) et aux changements climatiques. Bien que l'extinction des espèces (En biologie et écologie, l'extinction est la disparition totale d'une espèce ou groupe de taxons, réduisant ainsi la biodiversité.) animales soit une conséquence souvent observée des effets de la présence humaine sur la biodiversité (La biodiversité est la diversité naturelle des organismes vivants. Elle s'apprécie en considérant la diversité des...), c'est seulement maintenant que nous comprenons à quel point (Graphie) cette présence érode la capacité fondamentale (En musique, le mot fondamentale peut renvoyer à plusieurs sens.) de la biodiversité à se préserver.

Une équipe de biologistes de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission...) McGill a consulté les plus grandes banques de données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) génétiques, accumulant plus de 175 000 séquences de quelque 27 000 populations de 17 082 espèces animales. En se basant sur l'année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.) et les coordonnées géographiques de la collecte de chaque séquence génétique, les auteurs ont pu évaluer les effets de la présence humaine dans le temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) (augmentation, diminution, absence d'effet) entre 1980 et 2016. Cette relation avait déjà été étudiée, mais sans porter précisément sur l'évolution de la diversité dans le temps ou dans l'espace.

"Nous nous sommes assurés d'inclure ces facteurs dans notre étude, parce qu'ils ont des effets importants sur les schémas de diversité génétique, et donc sur nos conclusions", explique l'auteure principale, Katie Millette, doctorante au Département de biologie (La biologie, appelée couramment la « bio », est la science du vivant. Prise au sens large de science du vivant, elle recouvre une partie des...) de l'Université McGill. "À ce jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le...), il s'agit de la meilleure estimation des effets de la présence humaine sur la diversité zoogénétique dans le monde (Le mot monde peut désigner :) entier. Nos résultats montrent que l'espèce (Dans les sciences du vivant, l’espèce (du latin species, « type » ou « apparence ») est le taxon de base de la systématique. L'espèce est un...) humaine influence la diversité génétique des animaux, mais que cette influence dépend des espèces et de l'échelle spatiale; en effet, nous avons trouvé presque autant d'exemples qui révèlent une tendance à la hausse que d'exemples du contraire."

Comme l'explique Andy Gonzalez, coauteur et professeur de biologie à l'Université McGill, "la perte de diversité génétique réduira la capacité d'adaptation des populations végétales et animales aux changements environnementaux. Nous devons étudier la diversité génétique des espèces sauvages afin de mieux comprendre où, quand et pourquoi elle diminue ou augmente." Sans ces informations, nous serons mal préparés à la disparition de nombreuses espèces et à la prolifération de certaines autres.

Ces résultats devraient pousser les chercheurs à combler les lacunes dans les données sur la diversité génétique des espèces négligées et à déployer des projets de surveillance à l'échelle planétaire (Un planétaire désigne un ensemble mécanique mobile, figurant le système solaire (le Soleil et ses planètes) en tout ou partie. Généralement les astres représentés sont animés...) afin de comprendre les causes des changements dans la diversité génétique des espèces.

"No consistent effects of humans on animal (Un animal (du latin animus, esprit, ou principe vital) est, selon la classification classique, un être vivant hétérotrophe,...) genetic diversity worldwide", de Katie L. Millette, Vincent Fugère, Chloé Debyser, Ariel Greiner, Frédéric J. J. Chain et Andrew Gonzalez, a été publié dans Ecology Letters, https://doi.org/10.1111/ele.13394

À propos de l'Université McGill

Fondée à Montréal (Montréal est à la fois région administrative et métropole du Québec[2]. Cette grande agglomération canadienne constitue un centre majeur du commerce, de l'industrie, de...), au Québec, en 1821, l'Université McGill est l'un des plus grands établissements postsecondaires au Canada. Elle compte 2 campus (Un campus (du mot latin désignant un champ) désigne l'espace rassemblant les bâtiments et l'infrastructure d'une université ou d'une école située hors d'une ville....), 11 facultés, 13 écoles professionnelles, 300 programmes d'études et quelque 40 000 étudiants, dont plus de 10 400 aux cycles supérieurs. Attirant des candidats originaires de plus de 150 pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²),...), elle accueille 12 500 étudiants étrangers, ce qui représente 30 % de son corps étudiant. Plus de la moitié des étudiants ont une langue maternelle autre que l'anglais, et environ 20 % sont francophones.
Page générée en 0.006 seconde(s) - site hébergé chez Amen
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique