Prise de poids pendant la grossesse: trop ou pas assez ?
Publié par Adrien le 31/08/2018 à 00:00
Source: Jean Hamann - Université Laval
En général, pendant la grossesse, 50% des femmes prennent trop de poids, alors que 15% n'en prennent pas assez. "Il y a beaucoup d'information, pas toujours cohérente, qui circule sur l'alimentation pendant la grossesse et il est difficile de faire la part des choses", reconnaît la professeure Anne-Sophie Morisset. Une étude révèle certaines lacunes dans l'alimentation des futures mamans

Les femmes enceintes mangeraient trop au premier trimestre, pas assez au troisième et leurs apports en minéraux et en vitamines seraient parfois insuffisants ou excessifs, constate une équipe de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa...) Laval qui s'est penchée sur l'alimentation des futures mamans. Ces conclusions, publiées dans la revue scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les méthodes scientifiques.) Nutrients, suggèrent qu'il reste encore du travail à faire pour s'assurer que l'alimentation pendant la grossesse (La grossesse est le processus physiologique au cours duquel la progéniture vivante d'une femme se développe dans son corps, depuis la conception jusqu'à ce qu'elle puisse survivre hors du corps de la mère....) réponde adéquatement aux besoins de la mère et de son enfant, commente la responsable de l'étude, Anne-Sophie Morisset, professeure à l'École de nutrition (La nutrition (du latin nutrire : nourrir) désigne les processus par lesquels un être vivant transforme des aliments pour assurer son fonctionnement. La nutrition est également une science...).

L'équipe de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique désigne également le...) arrive à ces constats au terme d'une étude à laquelle ont pris part 79 femmes recrutées au CHU de Québec – Université Laval. Les participantes ont accepté de remplir à trois reprises pendant chaque trimestre de grossesse un questionnaire (Les questionnaires sont un des outils de recherche pour les sciences humaines et sociales, en particulier la psychologie, la sociologie, le marketing et la...) en ligne portant sur leur alimentation au cours des 24 heures (L'heure est une unité de mesure  :) précédentes. Elles devaient aussi répondre, chaque trimestre, à un questionnaire en ligne portant sur la prise de suppléments alimentaires. Ces données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) ont ensuite été comparées aux besoins alimentaires des femmes enceintes établis à partir des recommandations de Santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.) Canada et de son pendant américain, l'Institute of Medicine.

L'analyse des données (L’analyse des données est un sous domaine des statistiques qui se préoccupe de la description de données conjointes. On cherche par ces méthodes...) révèle que, contrairement aux recommandations qui préconisent une augmentation énergétique de 340 calories au 2e trimestre et de 452 calories au 3e trimestre, l'apport calorique des participantes est demeuré stable pendant toute la grossesse. En moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractérisant les éléments d'un ensemble de quantités : elle exprime la grandeur...), l'apport calorique dépassait de 180 calories par jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à minuit heure...) les besoins estimés pendant le premier trimestre, alors qu'il était déficitaire de 250 calories par jour au troisième trimestre. Du côté des protéines, la consommation de la majorité des participantes (95%) dépassait les recommandations au premier trimestre. Enfin, plus de la moitié des répondantes consommaient trop de lipides pendant toute leur grossesse et 85% avaient un apport insuffisant en fibres (Une fibre est une formation élémentaire, végétale ou animale, d'aspect filamenteux, se présentant généralement sous forme de faisceaux.).

Par ailleurs, Santé Canada recommande aux femmes enceintes un apport nutritionnel plus élevé pour la plupart des micronutriments. Elle estime toutefois qu'une alimentation adéquate permet d'atteindre les valeurs recommandées, exception faite de l'acide (Un acide est un composé chimique généralement défini par ses réactions avec un autre type de composé chimique complémentaire, les bases.) folique et du fer (Le fer est un élément chimique, de symbole Fe et de numéro atomique 26. C'est le métal de transition et le matériau ferromagnétique le plus courant dans la vie...) pour lesquels elle encourage la prise de suppléments. Dans l'étude, plus de 80% des participantes prenaient une multivitamine. "Malgré cela, 20% des femmes avaient un apport insuffisant en vitamine D (La vitamine D est une vitamine liposoluble (soluble dans les graisses) synthétisée dans l'organisme humain à partir d'un dérivé du cholestérol sous...), constate la professeure Morisset. La prise de suppléments a contribué à l'atteinte des apports quotidiens recommandés pour plusieurs vitamines et minéraux. C'est donc bien d'en prendre, mais nous avons toutefois noté qu'il y avait un risque de surconsommation d'acide folique et de fer."

En général, pendant la grossesse, 50% des femmes prennent trop de poids (Le poids est la force de pesanteur, d'origine gravitationnelle et inertielle, exercée par la Terre sur un corps massique en raison uniquement du voisinage de la Terre. Elle est égale à l'opposé de la...), alors que 15% n'en prennent pas assez, constate Anne-Sophie Morisset. "Nous tentons de mieux comprendre les facteurs qui interviennent dans les comportements alimentaires des femmes enceintes afin de fournir un suivi nutritionnel et multidisciplinaire adéquat à celles qui sont à risque sur le plan de la santé. Il y a beaucoup d'information, pas toujours cohérente, qui circule sur l'alimentation pendant la grossesse et il est difficile de faire la part des choses. Dans un monde (Le mot monde peut désigner :) idéal (En mathématiques, un idéal est une structure algébrique définie dans un anneau. Les idéaux généralisent de...), chaque femme devrait avoir au moins une rencontre avec une nutritionniste en début de grossesse."

L'étude publiée dans Nutrients résulte d'une collaboration entre l'École de nutrition, la Faculté de médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la pratique (l'art) étudiant l'organisation du corps humain (anatomie), son...), le Centre de recherche du CHU de Québec – Université Laval, l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute...) sur la nutrition et les aliments fonctionnels et l'Université d'Ottawa. L'article est signé par Claudia Savard, Simone Lemieux, S. John Weisnagel, Bénédicte Fontaine-Brisson, Claudia Gagnon, Julie Robitaille et Anne-Sophie Morisset.

En général, pendant la grossesse, 50% des femmes prennent trop de poids, alors que 15% n'en prennent pas assez. "Il y a beaucoup d'information, pas toujours cohérente, qui circule sur l'alimentation pendant la grossesse et il est difficile de faire la part des choses", reconnaît la professeure Anne-Sophie Morisset.
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