Quand les gènes parlent
Publié par Adrien le 02/02/2019 à 08:00
Source: Jean Hamann - Université Laval
Une équipe découvre des marqueurs qui pourraient servir au diagnostic précoce, au suivi clinique et au traitement du cancer du sein

En théorie, il y a un moment où une cellule jusque-là normale s'engage sur la voie qui fera d'elle une cellule cancéreuse. Il y a aussi un moment où une cellule cancéreuse se transforme pour devenir plus agressive ou pour migrer dans d'autres parties du corps. Ces transformations passent forcément par des modifications dans l'expression de certains gènes et, si l'on cherche bien, il devrait être possible de trouver la signature génomique (La génomique est une discipline de la biologie moderne. Elle étudie le fonctionnement d'un organisme, d'un organe, d'un cancer, etc. à l'échelle du génome, et non plus limitée à celle d'un seul gène. ...) de ces transformations. C'est le pari qu'a fait une équipe de la Faculté de médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la pratique (l'art) étudiant l'organisation du corps humain (anatomie), son fonctionnement...) et du Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche...) du CHU de Québec - Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux États-Unis, au...) Laval. L'étude qu'elle vient de publier sur la question dans la revue Oncotarget indique que, jusqu'à présent, son raisonnement tient la route (Le mot « route » dérive du latin (via) rupta, littéralement « voie brisée », c'est-à-dire creusée dans la roche, pour ouvrir le chemin.).


Photo: Nephron/Wikimedia Commons
Cette image montre une situation (En géographie, la situation est un concept spatial permettant la localisation relative d'un espace par rapport à son environnement proche ou non. Il inscrit un lieu dans un cadre plus général...) où il y a augmentation du nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de cellules anormales dans les canaux mammaires. Bien qu'il ne s'agisse pas d'un cancer (Le cancer est une maladie caractérisée par une prolifération cellulaire anormalement importante au sein d'un tissu normal de l'organisme, de telle manière que la survie...), cette condition est associée à une augmentation du risque de cancer. Des marqueurs génomiques pourraient aider à repérer de façon précoce les cas qui risquent d'évoluer vers le cancer du sein.

Charu Kothari, Geneviève Ouellette, Yvan Labrie, Simon Jacob, Caroline Diorio et Francine Durocher ont comparé l'expression des gènes dans les tissus mammaires de 20 femmes réparties en quatre groupes. Le premier était constitué de femmes sans cancer du sein alors que les trois autres regroupaient des femmes ayant des lésions de sévérité grandissante. "Nous voulions savoir s'il y avait une signature génomique caractéristique de chaque étape", résume la professeure Durocher.

Les analyses ont permis de repérer un total ( Total est la qualité de ce qui est complet, sans exception. D'un point de vue comptable, un total est le résultat d'une addition, c'est-à-dire une somme....) de 255 gènes dont l'expression est modifiée, soit à la hausse ou à la baisse, selon les étapes. Du nombre, 231 gènes sont exprimés différemment selon qu'on a affaire à des cellules normales ou à des cellules qui ont atteint la première étape où il y a un cancer. En utilisant des critères liés à la magnitude des changements observés dans l'expression des gènes, à la force (Le mot force peut désigner un pouvoir mécanique sur les choses, et aussi, métaphoriquement, un pouvoir de la volonté ou encore une vertu morale « cardinale »...) des différences statistiques (La statistique est à la fois une science formelle, une méthode et une technique. Elle comprend la collecte, l'analyse, l'interprétation de données ainsi que la présentation de ces ressources afin de les rendre...) et aux fonctions de ces gènes, les chercheurs ont validé une liste de sept gènes particulièrement prometteurs pour faire office de marqueurs.

"Ils pourraient servir à détecter très précocement l'apparition de cellules anormales ou encore à trancher lorsque les rapports de pathologie (La pathologie, terme provenant du Grec ancien, est littéralement le discours, la rationalité (λογία logos) sur la souffrance...) ne sont pas concluants. Ils pourraient aussi être utilisés pour suivre la progression du cancer et pour aider à prioriser les cas exigeant une intervention rapide. Enfin, en modulant l'expression de ces gènes, il serait peut-être possible de prévenir ou de ralentir la progression de la maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.)", précise la professeure Durocher.

Tout cela reste à démontrer, insiste la chercheuse. "La prochaine étape consiste à valider nos résultats auprès d'une plus grande cohorte. Idéalement, il faudrait refaire l'expérience sur plusieurs centaines de femmes."

Cette image montre une situation où il y a augmentation du nombre de cellules anormales dans les canaux mammaires. Bien qu'il ne s'agisse pas d'un cancer, cette condition est associée à une augmentation du risque de cancer. Des marqueurs génomiques pourraient aider à repérer de façon précoce les cas qui risquent d'évoluer vers le cancer du sein.
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