Quel chasseur de débris pour demain ?
Publié par Michel le 08/07/2010 à 00:00
Source: CNES
Illustration: ESA
Malgré les mesures de prévention, les débris spatiaux qui gravitent autour de la Terre sont de plus en plus nombreux. Et aujourd'hui, il est urgent d'agir. Les spécialistes du domaine se sont donc réunis sous l'impulsion du CNES à Paris, le 22 juin dernier, pour trouver des solutions.


15 000 objets de plus de 10 cm et 300 000 compris entre 1 et 10 cm
circulent actuellement autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne à 31 espèces d'oiseaux qui, soit appartiennent au genre Accipiter, soit...) de la Terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la...).

De la prévention au nettoyage

"Même si l'on arrêtait les lancements, le nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de débris en orbite (En mécanique céleste, une orbite est la trajectoire que dessine dans l'espace un corps autour d'un autre corps sous l'effet de la gravitation.) continuerait à augmenter à cause des collisions, affirme Christophe Bonnal, expert sénior à la Direction des lanceurs du CNES. L'ingénieur (« Le métier de base de l'ingénieur consiste à résoudre des problèmes de nature technologique, concrets et souvent complexes, liés à la...) Don Kessler de la NASA (La National Aeronautics and Space Administration (« Administration nationale de l'aéronautique et de l'espace ») plus connue sous son abréviation...) avait prédit ce phénomène de cascade collisionnelle en 1991 et aujourd'hui, ça se vérifie. Il faut donc réagir, aller retirer des objets !"

Pas moins de 15 000 objets de plus de 10 cm et de 300 000 objets compris entre 1 et 10 cm circulent actuellement autour de la Terre. Avec une concentration maximum entre 700 et 1 000 km d'altitude (L'altitude est l'élévation verticale d'un lieu ou d'un objet par rapport à un niveau de base. C'est une des composantes géographique et biogéographique qui explique la répartition de la vie sur terre.). Leur origine ? Essentiellement des restes de lanceurs ou de satellites (Satellite peut faire référence à :) hors services.

Pour enrayer l'augmentation du nombre de débris spatiaux et éviter de nouvelles collisions, des mesures ont été prises. La "règle des 25 ans" limite, par exemple, le temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) de séjour en orbite de n'importe quel objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction précise,...) à 25 ans. Aujourd'hui, environ 50 % des satellites géostationnaires sont correctement pris en charge (La charge utile (payload en anglais ; la charge payante) représente ce qui est effectivement transporté par un moyen de transport donné, et qui donne lieu à un paiement ou un bénéfice non pécuniaire pour être transporté.) à leur fin de vie (La vie est le nom donné :). Toutefois, comme le souligne Fernand Alby, responsable des activités "Débris spatiaux et Surveillance de l'Espace" au CNES, le constat est sans appel: "On a fait beaucoup d'effort pour la prévention et cela a permis de ralentir les courbes, mais cela ne suffira pas. Il va falloir faire le ménage !"

Attraper les débris ou souffler dessus

Plusieurs solutions sont donc envisagées pour tenter de débarrasser l'espace de ses encombrants. Tandis que l'Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme...) pense à reconvertir l'ATV, actuel ravitailleur de la Station spatiale internationale (La Station spatiale internationale (en anglais International Space Station ou ISS) est un habitat placé en orbite terrestre basse, occupé en permanence par un équipage international qui se consacre à la recherche...), en chasseur de débris, le CNES se penche sur l'OTV (véhicule de transfert d'orbite).

"La solution la plus simple est d'avoir un véhicule (Un véhicule est un engin mobile, qui permet de déplacer des personnes ou des charges d'un point à un autre.) qui s'approche du débris, s'y accroche grâce à un bras robotique puis le redescend dans l'atmosphère (Le mot atmosphère peut avoir plusieurs significations :), explique Christophe Bonnal. On peut aussi attraper le débris et l'équiper d'un kit de désorbitation (La désorbitation, dans le domaine de l'astronautique, est la manœuvre consistant à faire quitter à tout ou partie d'un engin spatial l'orbite qu'il décrit autour d'un astre en vue de le diriger vers un point donné de la surface de...), un moteur (Un moteur (du latin mōtor : « celui qui remue ») est un dispositif qui déplace de la matière en apportant de la puissance. Il effectue ce travail à partir d'une énergie...) à propulsion (La propulsion est le principe qui permet à un corps de se mouvoir dans son espace environnant. Elle fait appel à un propulseur qui transforme en force motrice l'énergie fournie par le milieu extérieur ou par un moteur.) solide par exemple."

"Le moteur équipant le débris serait allumé, permettant la rentrée dans l'atmosphère de celui ci, reprend Christophe Bonnal. Cette solution est plus complexe mais elle permet d'utiliser l'OTV pour désorbiter plusieurs débris au cours d'une même mission."

Autre idée originale: équiper l'OTV d'un moteur ionique (Un moteur à ions est un moteur qui produit sa force de propulsion en projetant des ions à très haute vitesse.) (1) qui "soufflerait" sur les débris et ainsi les désorbiterait.

Toutes ces idées, et surtout leur faisabilité technique et financière, ont été étudiées lors de la réunion (La Réunion est une île française du sud-ouest de l'océan Indien située dans l'archipel des Mascareignes à environ 700 kilomètres à l'est de Madagascar et à 170 kilomètres au...) d'experts qui s'est déroulée le 22 juin dernier à Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de la Seine, au centre du bassin parisien, entre les confluents...). La JAXA (L'agence d'exploration aérospatiale japonaise (en japonais ?????????? — uch? k?k? kenky? kaihatsu kik? —, souvent dénommée par sa...) (2) et la NASA se sont d'ailleurs montrées très enthousiastes sur une collaboration future avec le CNES.


Notes:

(1) Qui produit sa force (Le mot force peut désigner un pouvoir mécanique sur les choses, et aussi, métaphoriquement, un pouvoir de la volonté ou encore une vertu morale...) de propulsion en projetant des ions à très haute vitesse (On distingue :).
(2) Agence d'exploration (L'exploration est le fait de chercher avec l'intention de découvrir quelque chose d'inconnu.) aérospatiale (L'aérospatiale (nom commun féminin singulier) est une discipline scientifique qui rassemble les techniques de l'aéronautique (déplacement dans l'atmosphère, utilisant des avions ou des...) japonaise.
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