La température de votre chambre pourrait influencer votre niveau de stress pendant le sommeil.
Des chercheurs de l'Université Griffith en Australie ont mené une enquête en suivant des adultes de plus de 65 ans dans leur propre maison. Ils ont utilisé des trackers d'activité et des capteurs de température pour recueillir des données pendant tout un été. L'objectif était de comprendre comment la chaleur nocturne affecte le cœur et la capacité de récupération du corps, en évitant les conditions artificielles des laboratoires.
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Lorsque le corps est exposé à la chaleur, le cœur doit travailler plus fort pour pomper le sang vers la peau et dissiper la chaleur. Selon le Dr O'Connor, cette augmentation du rythme cardiaque peut créer un stress et réduire la possibilité de récupérer des expositions à la chaleur de la journée. Pour les seniors, dont le corps est moins adapté aux variations thermiques, cet effet est encore plus marqué, ce qui explique pourquoi ils sont plus vulnérables aux nuits chaudes.
L'étude s'est déroulée en conditions réelles, avec 47 participants équipés de dispositifs de suivi pendant l'été australien. Les températures de la chambre étaient enregistrées toutes les dix minutes, et les heures de sommeil étaient analysées entre 21 heures et 7 heures du matin. Cette approche permet d'obtenir des données représentatives de la vie quotidienne, offrant un aperçu précis des habitudes de sommeil et des environnements domestiques.
Les résultats ont montré que lorsque la température dépasse 24°C, la variabilité de la fréquence cardiaque diminue, signe d'une récupération autonome moins efficace. Par exemple, entre 24 et 26°C, les chances de perturbation augmentent de 40%, et cette probabilité croît avec la chaleur. Des températures nocturnes plus élevées sont aussi liées à un rythme cardiaque plus rapide et à une dominance du système sympathique, associée au stress.
Avec le changement climatique, les nuits chaudes deviennent plus fréquentes, ce qui pourrait avoir des conséquences sur la santé cardiovasculaire des personnes âgées. Le Dr O'Connor note qu'il n'existe pas encore de recommandations officielles pour les températures nocturnes, contrairement aux limites diurnes établies à 26°C. Cette lacune met en évidence l'importance de recherches supplémentaires pour guider les pratiques domestiques et les politiques de santé publique.
Ce travail, publié dans BMC Medicine, fournit des informations utiles pour adapter l'environnement de sommeil. En maintenant une température fraîche, il est possible de favoriser une meilleure récupération nocturne et d'améliorer la santé globale des seniors, particulièrement vulnérables aux effets de la chaleur. Ces découvertes incitent à considérer la climatisation ou la ventilation comme des outils simples pour améliorer le bien-être.