Résister aux microbes en deux temps: l'exemple des insectes
Publié par Michel le 25/11/2008 à 00:00
Source: CNRS
Illustration: © Yannick Moret/Biogéosciences-Dijon (CNRS/Université de Bourgogne)
Le système immunitaire du ténébrion meunier, un insecte coléoptère, neutralise en moins d'une heure la plupart des bactéries infectant son hémolymphe, l'équivalent du sang des vertébrés, chose possible grâce à un ensemble de cellules et d'enzymes prêtes à l'emploi. Les bactéries (Les bactéries (Bacteria) sont des organismes vivants unicellulaires procaryotes, caractérisées par une absence de noyau et d'organites. La plupart des bactéries possèdent une paroi cellulaire glucidique, le peptidoglycane. Les...) résistantes à ce premier front de défenses sont ensuite prises en charge (La charge utile (payload en anglais ; la charge payante) représente ce qui est effectivement transporté par un moyen de transport donné, et qui donne lieu à un paiement ou un bénéfice non pécuniaire pour être...) par des peptides antimicrobiens, sorte d'antibiotiques naturels, qui freinent leur multiplication (La multiplication est l'une des quatre opérations de l'arithmétique élémentaire avec l'addition, la soustraction et la division .). Mieux comprendre ces derniers acteurs de l'immunité des insectes permettrait d'élaborer des traitements évitant le développement de résistance aux médicaments. C'est ce que montrent les résultats d'une étude menée par l'équipe écologie évolutive du laboratoire Biogéosciences (CNRS/Université de Bourgogne à Dijon) en collaboration avec des chercheurs anglais, à paraître dans le prochain numéro de Science.


Le système immunitaire du ténébrion meunier (Tenebrio molitor) élimine la grande majorité
des microbes qui l'infectent en moins d'une heure (L’heure est une unité de mesure du temps. Le mot désigne aussi la grandeur elle-même, l'instant (l'« heure qu'il est »), y compris en sciences...), puis freine le développement des microbes
résistants grâce à la production de peptides antimicrobiens pendant de nombreux jours (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du...),
évitant ainsi l'émergence des microbes résistants.
Peut-on s'en inspirer pour des traitements médicaux qui réduiraient
le développement de multi-résistances aux antibiotiques chez les pathogènes ?

Les microbes ont une grande capacité d'adaptation aux nombreuses stratégies mises en œuvre pour les détruire. Or, depuis près de 400 millions d'années, le système immunitaire des animaux, et notamment celui relativement simple des insectes, semble avoir réussi à éviter l'évolution de la résistance microbienne. Son secret: une petite boîte à outils personnalisée d'antibiotiques naturels, des peptides antimicrobiens.

Les chercheurs ont ici montré que la première ligne de défenses cellulaires et enzymatiques du système immunitaire de l'insecte (Insectes est une revue francophone d'écologie et d'entomologie destinée à un large public d'amateurs et de naturalistes. Produite par l'Office pour les insectes et leur environnement (association loi de 1901), elle paraît chaque...), dites constitutives, épargne un petit nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de bactéries et favorise alors le développement de résistance chez les microbes. Cependant, une seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de mesure du temps. La seconde...) ligne de défenses impliquant des peptides antimicrobiens synthétisés ultérieurement à l'élimination de la majeure partie des bactéries par le premier front de défenses permet de contenir la croissance de ces microbes persistants, ce qui peut mener à leur élimination.

Ainsi, la fonction principale des peptides antimicrobiens produits par le système immunitaire des insectes est de prévenir la recrudescence des microbes réfractaires aux défenses constitutives de l'hôte et permettrait, par conséquent, de réduire l'émergence de microbes résistants.

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