Retour sur la collision de 2 satellites dans l'espace

Publié par Michel le 17/02/2009 à 00:00
Source: flashespace.com
Illustration: Image courtesy of Analytical Graphics, Inc. (www.agi.com)
La collision dans l'espace de 2 satellites renforce la volonté de l'ESA de créer son propre système de surveillance de l'espace alors que le système américain vient de montrer ses limites dans sa capacité à suivre et calculer la trajectoire de chaque gros débris en orbite (En mécanique céleste, une orbite est la trajectoire que dessine dans l'espace un corps...).


Cette collision (Une collision est un choc direct entre deux objets. Un tel impact transmet une partie de...) est survenue le 12 février à plus de 800 kilomètres (Le mètre (symbole m, du grec metron, mesure) est l'unité de base de longueur du Système...) d'altitude (L'altitude est l'élévation verticale d'un lieu ou d'un objet par rapport à un niveau...) au-dessus de la Sibérie quand un satellite (Satellite peut faire référence à :) militaire russe hors de service d'une tonne ( La tonne représente différentes unités de mesure ; Une tonne est un grand et large...) est venu percuter un des 66 satellites opérationnels de la constellation (Une constellation est un ensemble d'étoiles dont les projections sur la voûte...) Iridium (L'iridium est un élément chimique de symbole Ir et de numéro atomique 77.) (Iridium 33, 560 kg) le détruisant complètement (Le complètement ou complètement automatique, ou encore par anglicisme complétion ou...).

Le Pentagon et la NASA (La National Aeronautics and Space Administration (« Administration nationale de...) qui gèrent le Joint Space Operations Center et le réseau (Un réseau informatique est un ensemble d'équipements reliés entre eux pour échanger des...) de surveillance de l'espace (SSN) ont expliqué qu'ils n'avaient pas "vu venir" le satellite (Satellite peut faire référence à :) russe. Une explication pour le moins surprenante. Ne pas prévoir la trajectoire (La trajectoire est la ligne décrite par n'importe quel point d'un objet en mouvement, et...) d'un débris de quelques centimètres, susceptible de rendre inutilisable un satellite comme ce fut le cas en 1996 avec la perte du milsat français Cerise (La cerise est le fruit comestible du cerisier. C’est, après la fraise, le plus...), est compréhensible. Mais, les radars utilisés pour surveiller l'orbite basse (L'orbite terrestre basse (Low Earth orbit, LEO, en anglais) est un type d'orbite terrestre situé...) sont suffisamment puissants pour surveiller des débris de la taille du satellite russe et, bien que désactivé, connu des militaires américains.

Quoi qu'il en soit, cette collision constitue un avertissement sérieux pour les agences spatiales. Les orbites basses sont très utilisées. Il s'agit d'un promontoire exceptionnel pour observer la Terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance...). Un grand nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre...) de satellites de télécommunication (constellation) et d'observation (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les...) de la Terre (militaires et scientifiques) l'occupent.

600 nouveaux gros débris

Les premières observations montrent que cette collision a généré plus de 600 gros débris et un nombre incalculable de débris qui ne sont pas visibles (de l'ordre d'une dizaine de centimètres). Plusieurs semaines seront nécessaires avant de se rendre compte de l'ampleur du nuage (Un nuage est une grande quantité de gouttelettes d’eau (ou de cristaux de glace) en...) de débris.

A court terme, ils ne sont pas un danger pour les autres satellites évoluant sur cette orbite mais font peser un risque sur les satellites qui évoluent légèrement plus bas, entre 700 et 800 kilomètres d'altitude. Quant à la Station spatiale internationale (La Station spatiale internationale (en anglais International Space Station ou ISS) est un habitat...) qui évolue encore plus bas (entre 360 et 440 km) il n'y a pas de risque particulier par rapport à ces nouveaux débris.

Pour les clients Iridium, les conséquences ont été minimes. La société qui gère une flotte de 66 satellites en orbite repositionne actuellement l'un d'entre eux de façon à assurer la continuité (En mathématiques, la continuité est une propriété topologique d'une fonction....) du service fourni (Les Foúrnoi Korséon (Grec: Φούρνοι...) par l'Iridium perdu.

Les débris spatiaux

Comme nous l'explique Sébastien Gendron, auteur d'un rapport de stage (Un stage est le plus souvent une période de formation, d'apprentissage ou de perfectionnement...) effectué au CNES, les débris spatiaux sont les résidus des lanceurs comme les étages, les coiffes et les boosters, les satellites en fin de vie (La vie est le nom donné :) sans oublier toute cette ferraille constituée de boulons, d'écrous et même d'instruments perdus par des astronautes lors de sorties extravéhiculaires.

Ils sont communément divisés en trois groupes en fonction de leurs dimensions (Dans le sens commun, la notion de dimension renvoie à la taille ; les dimensions d'une pièce...) et sont regroupés en 2 zones de l'espace circumterrestre bien distinctes. La première se situe entre 400 et 1600 km d'altitude (orbite basse) et la ceinture géostationnaire constitue la seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui...) zone de très forte densité (La densité ou densité relative d'un corps est le rapport de sa masse volumique à la...) de débris.

Les débris dont la taille est inférieure à 1 cm sont estimés à quelque 35 millions. Ils peuvent être à l'origine de dommages significatifs tels que des perforations ; en effet, la vitesse relative (L'expression vitesse relative est communément utilisée, pour exprimer la différence...) entre un débris et un objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans...) d'intérêt et l'intensité d'un impact entre ces deux objets sont extrêmement intenses. Ces débris ne suscitent toutefois pas une inquiétude notable car les études menées sur les blindages valident leur faisabilité et leur efficacité à l'encontre de tels débris (l'addition (L'addition est une opération élémentaire, permettant notamment de décrire la...) d'un blindage sur un objet spatial doit se comprendre en terme d'augmentation de masse (Le terme masse est utilisé pour désigner deux grandeurs attachées à un...) -et de coût- or le lanceur ( Lanceur, terme de l'astronautique Lanceur, terme du baseball ) est limité à une masse maximale au lancement ; l'addition d'un blindage diminue donc la charge utile (La charge utile (payload en anglais ; la charge payante) représente ce qui est effectivement...) pouvant être mise en orbite).

Quelque 200 000 objets mesurent entre 1 et 10 cm. Les dommages causés par ces objets sont importants. Aucune protection n'est aujourd'hui technologiquement adaptable aux navettes, satellites...

Enfin, près de 10 000 objets de plus de 10 cm encombrent l'espace. Les conséquences d'une collision avec l'un d'eux seraient catastrophiques pour la mission en cours ; seule parade: les manœuvres d'évitement.

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