Le rôle de l'affection maternelle dans le développement du cerveau

Publié par Adrien le 16/09/2010 à 00:00
Source: BE Allemagne numéro 495 (8/09/2010) - Ambassade de France en Allemagne / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/ ... /64356.htm
Si une espèce animale dispose d'un cerveau particulièrement grand, c'est en règle générale l'indication d'une certaine intelligence ou habileté dans la recherche de nourriture. Tous les mammifères comptent parmi ces privilégiés. Outre les primates (Les primates (du latin primas, atis signifiant « celui qui occupe la première...), dont font partie les hommes, les odontocètes (cétacés à dents) ainsi que les loups, les renards et les chiens se caractérisent également par un "organe (Un organe est un ensemble de tissus concourant à la réalisation d'une fonction...) de la pensée" particulièrement gros et productif. Mais pourquoi le cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite...) s'est-il autant développé chez ces espèces animales là ? La réponse à cette question est donnée (Dans les technologies de l'information, une donnée est une description élémentaire,...) par Vera Weisbecker et Anjali Goswami dans l'actuel numéro de la revue spécialisée PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences).

Les biologistes des Universités Friedrich Schiller à Iéna et Cambridge en Angleterre (L’Angleterre (England en anglais) est l'une des quatre nations constitutives du Royaume-Uni....), ont comparé la taille des cerveaux de presque 200 espèces de marsupiaux, tels que les koalas, les kangourous et plus de 400 espèces placentaires dont les singes, les rongeurs et les ongulés: "les deux groupes appartiennent à la classe des mammifères, ils sont apparentés seulement de loin et ont au cours de l'évolution développés des cerveaux relativement gros indépendamment les uns des autres" explique Vera Weisbecker.

Selon les résultats de leur étude récente, l'influence maternelle joue (La joue est la partie du visage qui recouvre la cavité buccale, fermée par les...) un rôle décisif dans le développement d'un gros cerveau. "Plus les petits restent longtemps dans le ventre de leur mère ou sont allaités par cette dernière, plus leur cerveau sera gros et musclé" souligne Weisbecker. Jusque-là on supposait qu'une forte activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) du métabolisme (Le métabolisme est l'ensemble des transformations moléculaires et énergétiques...) était également un facteur important dans l'évolution de la taille des cerveaux. "Un facteur oui, mais seulement partiellement", précise la biologiste (Sur les autres projets Wikimédia :) spécialisée dans le développement du cerveau chez différents mammifères. Une augmentation de l'activité du métabolisme dans le cerveau ne serait liée à la grosse taille du cerveau que chez les espèces placentaires. Selon les chercheurs cela serait dû au fait que les petits sont directement connectés au métabolisme de leur mère par l'intermédiaire du placenta (Le placenta est un organe unique qui connecte physiquement et biologiquement l'embryon en...) et profitent ainsi davantage de l'activité métabolique plus importante. Cette transmission directe des substances nutritives par le placenta pourrait ainsi expliquer pourquoi les placentaires restent moins longtemps sous l'influence de leur mère que les marsupiaux. Seuls les primates, et donc les humains, qui ont un cerveau plus gros que la moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractérisant les éléments d'un ensemble de...), ont besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est...) d'une période d'affection maternelle aussi longue que celle des marsupiaux, explique Weisbecker.

Et au passage, Weisbecker et Goswami mettent fin au préjugé persistant selon lequel les marsupiaux ont de petits cerveaux. Le contraire serait plus correct, puisque les petits marsupiaux ont en moyenne des cerveaux relativement grands. Le malentendu est lié au fait que les primates, avec leurs très grands cerveaux, font augmenter la taille moyenne des cerveaux des placentaires, plus qu'elle ne le devrait réellement.
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