Les échantillons rapportés par la mission Hayabusa2 montrent que l'astéroïde Ryugu a subi un bombardement de micrométéorites il y a seulement 1 000 ans. La preuve ? Une fine pellicule de sodium, épaisse de quelques nanomètres, qui raconte cet événement cosmique.
Cette accumulation est étonnante, car les éléments volatils comme le sodium sont normalement soufflés par le vent solaire ou dispersés dans l'espace. Pourtant, les chercheurs ont détecté cette couche à la
surface des fragments ramenés sur
Terre. Selon leurs estimations, Ryugu a traversé un
nuage dense de micrométéorites il y a environ 1 000 ans.
Les scientifiques ont utilisé des techniques d'analyse capables d'étudier des couches d'épaisseur nanométrique. En examinant deux fragments de Ryugu, ils ont découvert non seulement du sodium, mais aussi des cratères d'impact microscopiques et des structures vitreuses. Ces indices confirment que l'astéroïde a subi un bombardement micrométéoritique intense.
Ernesto Palomba, de l'Institut national d'astrophysique italien, explique que le sodium aurait dû disparaître sous l'effet du
vent solaire. La présence de cet élément indique donc que l'impact est très récent à l'échelle géologique. L'équipe a également observé un enrichissement en
fer, signe d'une altération supplémentaire par le vent solaire.
Ces observations montrent que les astéroïdes proches de la Terre sont régulièrement frappés par des essaims de météoroïdes. Pour les planètes comme la nôtre, l'atmosphère offre une protection et transforme ces rencontres en spectacles lumineux comme les
Perséides. Pour un astéroïde sans atmosphère, les conséquences sont bien différentes.
Les chercheurs comptent maintenant reproduire en laboratoire les observations chimiques de Ryugu. Ces expériences permettront de mieux comprendre comment les micrométéorites modifient la surface des petits corps célestes. Les résultats ont été publiés dans la revue
The Astrophysical Journal Letters.