Un soutien-gorge intelligent permettant la détection et le suivi du cancer du sein

Publié par Adrien le 06/09/2021 à 09:00
Source: Université de Sherbrooke
Développer un soutien-gorge intelligent facilitant la détection et le suivi du cancer du sein, voilà le projet d'Elijah Van Houten, professeur à l'Université de Sherbrooke (UdeS) et chercheur au Centre de recherche du CHUS (CRCHUS), et de son collègue Alexis Lussier Desbiens de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est...) interdisciplinaire (Un travail interdisciplinaire intègre des concepts provenant de différentes disciplines.) d'innovation technologique (3IT). Cette nouvelle technologie (Le mot technologie possède deux acceptions de fait :) portative permettrait de suivre l'évolution de masses cancéreuses en temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le...) réel: une avancée majeure dans le domaine.


Le Pr Elijah Van Houten, chercheur principal, travaille sur le projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a...) de soutien-gorge intelligent depuis une vingtaine d'années déjà.
Photo: Michel Caron - UdeS

Les chercheurs pourront aller de l'avant avec ce projet grâce à une subvention (Une subvention est une aide financière, c’est-à-dire une somme d’argent, qui est...) de près de 150 000 $ sur un an de la part de la Société canadienne du cancer (Le cancer est une maladie caractérisée par une prolifération cellulaire anormalement...) (SCC), qui récompense chaque année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié...) des "innovations à impact".

"Nous sommes vraiment fiers d'avoir reçu cette subvention, mais nous sommes surtout très enthousiastes face à ce défi", avance Elijah Van Houten du Département de génie mécanique (Dans le langage courant, la mécanique est le domaine des machines, moteurs, véhicules, organes...) de l'UdeS, qui travaille depuis très longtemps sur le développement d'une telle invention.

En effet, une vingtaine d'années de recherches, de prototypage, et d'expérimentation (L'expérimentation est une méthode scientifique qui consiste à tester par des expériences...) ont été nécessaires avant que le Pr Van Houten en arrive au résultat actuel.

"Avec l'ancien prototype, c'était compliqué de prendre les données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent...), et en plus, les femmes devaient se déplacer. On a donc pensé à développer quelque chose de portatif afin d'être capable de suivre les développements à distance", explique celui qui a commencé à s'intéresser au cancer du sein lors de son doctorat (Le doctorat (du latin doctorem, de doctum, supin de docere, enseigner) est généralement...) aux États-Unis.

Multiples avantages

Les femmes qui l'ont vécu le savent: la mammographie (La mammographie est une technique de radiographie, particulièrement adaptée aux seins de...) est très inconfortable, mais à un certain âge, le dépistage (Le dépistage, en médecine, consiste en la recherche d'une ou de plusieurs maladies ou...) et le suivi du cancer du sein sont des étapes nécessaires.

"Certaines femmes refusent de faire la mammographie, car c'est trop douloureux, mais c'est tellement important. C'est vraiment une maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal...) affreuse et vicieuse, qui peut se développer très rapidement si aucun suivi n'est effectué", explique Elijah Van Houten, également chercheur de l'Axe Imagerie médicale (L'imagerie médicale regroupe les moyens d'acquisition et de restitution d'images à partir...) du CRCHUS.

La technologie qu'il veut développer est pour sa part confortable, en plus d'être portative. "Les femmes n'auraient plus besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est...) d'aller à l'hôpital (Un hôpital est un lieu destiné à prendre en charge des personnes atteintes de...). On serait en mesure de capter les données en temps réel, ce qui augmenterait les chances de détecter les cellules cancéreuses rapidement. Dès que quelque chose se mettrait à changer, on le saurait et on serait capable d'agir."

Ce suivi à distance faciliterait grandement la vie (La vie est le nom donné :) des personnes vivant dans les communautés éloignées, ou encore de celles qui nécessitent des suivis plus réguliers. Grâce à sa petite taille, le soutien-gorge pourrait en plus être envoyé par la poste, contrairement aux gros appareils d'imagerie (L’imagerie consiste d'abord en la fabrication et le commerce des images physiques qui...) médicale utilisés actuellement.

Finalement, le dispositif n'utiliserait pas de rayon X (Les rayons X sont une forme de rayonnement électromagnétique à haute fréquence...), donc il ne transmettrait pas d'énergie (Dans le sens commun l'énergie désigne tout ce qui permet d'effectuer un travail, fabriquer de la...) ionisante.

Le projet novateur du Pr Van Houten pourrait devenir un nouvel outil (Un outil est un objet finalisé utilisé par un être vivant dans le but d'augmenter son...) important dans la détection précoce du cancer du sein."

Stuart Edmonds, Ph. D., vice-président principal - mission, recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue...) et défense de l'intérêt public à la SCC.

"En exploitant la puissance (Le mot puissance est employé dans plusieurs domaines avec une signification particulière :) d'une technologie portable pour détecter le cancer du sein tôt, au moment où le traitement a plus de chances d'être efficace, ces travaux sont susceptibles d'avoir un impact considérable pour les Canadiennes qui recevront un diagnostic (Le diagnostic (du grec δι?γνωση, diágnosi, à partir de...) de cancer du sein au cours de leur vie, soit une sur huit", a-t-il ajouté.


Le Pr Van Houten, le chercheur principal, et son coéquipier, le Pr Lussier Desbiens, forment une équipe complémentaire.Photo: Université de Sherbrooke

Une équipe complémentaire

Elijah Van Houten et Alexis Lussier Desbiens n'en sont pas à leur première collaboration, même si leurs intérêts de recherche sont complètement (Le complètement ou complètement automatique, ou encore par anglicisme complétion ou...) différents.

En effet, le directeur de la plateforme de robotique du 3IT, le Pr Lussier Desbiens, se passionne pour le sport de haute performance, tandis que le Pr Van Houten s'intéresse aux comportements de matériaux (Un matériau est une matière d'origine naturelle ou artificielle que l'homme façonne pour en...) complexes.

"On fait une bonne équipe. Je pense qu'on est très complémentaires. Il est vraiment bon pour capturer des données, et moi, pour les traiter, donc on se rejoint bien pour ce genre de projet. C'est très collaboratif", souligne le chercheur principal, très confiant que l'équipe a le potentiel de relever le défi.

"On développe depuis des années des techniques inspirées de la robotique pour mesurer les propriétés de l'équipement sportif (ski, bâtons de hockey, chaussures) et rendre ces équipement “intelligents”. Au travers d'une collaboration avec le Pr Van Houten, on a réalisé que certaines de ces techniques pourraient être adaptées à la détection précoce du cancer du sein, renchérit Alexis Lussier Desbiens. On est bien heureux de cette collision (Une collision est un choc direct entre deux objets. Un tel impact transmet une partie de...) de cerveaux et que la force (Le mot force peut désigner un pouvoir mécanique sur les choses, et aussi, métaphoriquement, un...) de frappe du 3IT puisse contribuer à ce projet d'impact pour de nombreuses femmes."

Parce que même si le soutien-gorge est bien réel dans l'esprit des chercheurs, il n'est pas encore réalisé. "Si on arrive à faire fonctionner le dispositif comme je veux qu'il fonctionne et comme je crois qu'il peut fonctionner, le processus de dépistage et le suivi du cancer du sein pourront changer radicalement", affirme Elijah Van Houten.

L'équipe va donc développer et valider le prototype avant de construire des faux seins pour vérifier s'ils réagissent comme voulu de manière contrôlée en laboratoire. "On vise des essais in vivo vers la fin du projet", conclut-il.
Cet article vous a plu ? Vous souhaitez nous soutenir ? Partagez-le sur les réseaux sociaux avec vos amis et/ou commentez-le, ceci nous encouragera à publier davantage de sujets similaires !
Page générée en 0.351 seconde(s) - site hébergé chez Contabo
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique