Les vaccins contre la COVID ont-ils atteint leurs objectifs ? Oui et non

Publié par Adrien le 19/06/2022 à 09:00
Source: ASP
De nombreux lecteurs semblent conclure depuis quelques mois que, puisque des gens vaccinés continuent d'être infectés, les vaccins seraient inefficaces ou inutiles. Mais sur quelles bases peut-on juger de l'utilité de ces vaccins contre la COVID ? Réponse en trois temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le...).


Photo: Pixabay

1 - Les vaccins ont-ils permis de stopper la propagation du virus de la COVID ? Non

Comme plusieurs l'ont répété depuis deux ans, le but ultime de la campagne (La campagne, aussi appelée milieu rural désigne l'ensemble des espaces cultivés...) de vaccination (La vaccination est un procédé consistant à introduire un agent extérieur (le...) contre le virus responsable de la COVID-19 était de limiter la propagation du virus et donc, d'interrompre les chaînes de transmission. Toutefois, il y a eu deux obstacles, rappelaient en avril des scientifiques italiens: l'émergence de variants résistants en partie aux vaccins, et la diminution de l'immunité dans le temps.

Bien des chiffres sur l'efficacité ont circulé ces derniers mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps...). Par exemple, selon une étude réalisée en Grande-Bretagne (La Grande-Bretagne (en anglais Great Britain) est une île bordant la côte nord-ouest de...) entre décembre 2020 et septembre 2021 auprès de travailleurs de la santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste...), l'efficacité des vaccins contre le risque d'infection était de 85 %, deux à dix semaines après la deuxième dose, mais elle diminuait à 51 %, six mois plus tard. Une analyse de plusieurs études publiée en février dernier est arrivée à des conclusions similaires: la protection contre l'infection et contre les cas présentant des symptômes baissait de 20 à 30 points de pourcentage (Un pourcentage est une façon d'exprimer une proportion ou une fraction dans un ensemble. Une...) sur une période de 6 mois. Les experts s'entendent pour dire que cette réduction est due au moins en partie au déclin partiel (Le mot partiel peut être employé comme :) de notre immunité contre le virus.

La mauvaise nouvelle de l'hiver (L'hiver est une des quatre saisons des zones tempérées.) 2022 a été que la diminution de la protection face aux infections symptomatiques était plus marquée devant le nouveau variant Omicron que devant le variant Delta. C'est ce qu'avait noté dès janvier, entre autres, un rapport publié par la santé publique (La santé publique peut être définie de diverses manières. On peut en effet la...) britannique.

Pour ce qui est du variant Omicron BA.2 en particulier, l'efficacité vaccinale pour prévenir les infections symptomatiques est de 10 à 40 % dans les six mois suivant la deuxième dose, estimait l'INSPQ en mai. Toutefois, la dose de rappel permet d'augmenter l'efficacité à 40-74 %.

2 - Les vaccins ont-ils diminué le fardeau de la maladie ? Oui

Par contre, être infecté n'est pas synonyme de complications. On avait constaté dès 2020 que la majorité des personnes infectées par ce coronavirus ne souffraient pas de complications. De sorte que, à défaut d'interrompre la chaîne (Le mot chaîne peut avoir plusieurs significations :) des infections, la vaccination atteindrait une partie importante de ses objectifs si elle permettait d'éviter les complications, c'est-à-dire les hospitalisations et les décès. Et sur ce point (Graphie), la vaccination confère effectivement une protection plus durable contre les cas graves. Selon la méta-analyse publiée en février, l'efficacité des vaccins à prévenir les maladies graves baisse d'environ 10 % avec le temps, mais elle se situe quand même au-dessus de 70 %.

Et ce, même dans le contexte (Le contexte d'un évènement inclut les circonstances et conditions qui l'entourent; le...) d'Omicron -plus contagieux que les variants précédents- révélait en janvier le rapport de la santé publique du Royaume-Uni. En l'occurrence, la protection contre les hospitalisations tournait autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne...) de 90 % après une dose de rappel et diminuait à 75 % trois à quatre mois plus tard. Enfin, des données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent...) américaines allaient dans le même sens (SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence) est un projet scientifique qui a pour but...): les vaccins étaient efficaces à 89 % pour prévenir les hospitalisations dues au variant Omicron, après une dose de rappel.

3 - A-t-on besoin de meilleurs vaccins ? Oui

La vaccination a donc réduit jusqu'ici la pression (La pression est une notion physique fondamentale. On peut la voir comme une force rapportée...) sur les hôpitaux et évité un nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre...) considérable de décès. Qu'en est-il de l'avenir ? Des scientifiques britanniques s'interrogeaient, dans un bilan des deux premières années de la pandémie (Une pandémie (du grec ancien πᾶν / pãn (tous) et...), sur le défi que peut représenter le fait d'avoir recours à de nouvelles stratégies de vaccination avec lesquelles nous ne sommes pas familiers.

Par exemple, certains rêvent à un vaccin qui protégerait contre un éventail de coronavirus. Mais la marche (La marche (le pléonasme marche à pied est également souvent utilisé) est un...) est haute.

Entre autres, dans leur bilan des deux dernières années, les scientifiques britanniques proposent de mettre au point des vaccins qui contiendraient des séquences provenant des différents variants, et protégeraient donc contre plusieurs souches du coronavirus. D'autres chercheurs se demandent si un vaccin intranasal pourrait offrir une meilleure protection.

Enfin, les chercheurs italiens suggèrent de mettre en place une plateforme de surveillance globale de la COVID-19, chapeautée par l'OMS et similaire à celle qui existe pour l'influenza. L'idée serait de s'en servir pour une communication (La communication concerne aussi bien l'homme (communication intra-psychique, interpersonnelle,...) plus rapide des informations sur les nouveaux variants en circulation (La circulation routière (anglicisme: trafic routier) est le déplacement de véhicules automobiles...), et des recommandations sur le meilleur vaccin à développer.
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