Zika: un moustique plus permissif au virus a facilité l'épidémie

Publié par Adrien le 21/11/2020 à 09:00
Source: CNRS
Le virus Zika s'est répandu à travers la planète au cours de la dernière décennie, causant des millions d'infections dont certaines associées à des malformations congénitales et des troubles neurologiques.


Le moustique de gauche (clair) est une femelle de la sous-espèce invasive Aedes aegypti aegypti. Le moustique de droite (foncé) est une femelle de la sous-espèce Africaine Aedes aegypti formosus.
© Felix Hol/Blaise Daures.

Des scientifiques du CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand organisme de recherche scientifique public français (EPST).), de l'Institut Pasteur (L’Institut Pasteur est une fondation française privée à but non lucratif qui se consacre à l'étude de la biologie, des microorganismes, des maladies et des vaccins. Il est...) et de l'IRD se sont intéressés au vecteur (En mathématiques, un vecteur est un élément d'un espace vectoriel, ce qui permet d'effectuer des opérations d'addition et de multiplication par un scalaire. Un n-uplet peut constituer un exemple de vecteur, à...) principal du virus (Un virus est une entité biologique qui nécessite une cellule hôte, dont il utilise les constituants pour se multiplier. Les virus existent sous une forme extracellulaire ou intracellulaire....) Zika, le moustique Aedes aegypti. Ce moustique originaire d'Afrique (D’une superficie de 30 221 532 km2 en incluant les îles, l’Afrique est un continent couvrant 6 % de la surface terrestre et...) a donné naissance, il y a entre 5 000 et 10 000 ans, à une sous-espèce invasive dépendante de l'Homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par...), qui s'est répandue sur les autres continents au cours des derniers siècles. Cette sous-espèce serait devenue un redoutable vecteur de virus (comme par exemple ceux de la fièvre jaune (La fièvre jaune, parfois appelée vomi noir (vomito negro) ou peste américaine, est une maladie virale aiguë. C'est une arbovirose zoonotique des grands singes de la forêt...) et de la dengue) à cause de sa préférence marquée pour le sang (Le sang est un tissu conjonctif liquide formé de populations cellulaires libres, dont le plasma est la substance fondamentale et est présent chez la...) humain. En comparant expérimentalement des populations sauvages d'Ae. aegypti provenant de diverses régions du globe, les chercheurs ont montré que l'efficacité de la sous-espèce invasive du moustique Ae. aegypti à transmettre le virus Zika n'est pas seulement due à la fréquence (En physique, la fréquence désigne en général la mesure du nombre de fois qu'un phénomène périodique se reproduit par unité de temps. Ainsi lorsqu'on...) de ses contacts avec l'Homme lors des repas sanguins, mais également à sa sensibilité accrue à l'infection par le virus Zika.

Ces résultats, qui apportent une explication à l'absence d'épidémie majeure du virus Zika en Afrique, éclairent d'une lumière (La lumière est l'ensemble des ondes électromagnétiques visibles par l'œil humain, c'est-à-dire comprises dans des longueurs d'onde de 380nm (violet) à 780nm (rouge). La lumière...) nouvelle l'émergence du virus Zika et les disparités régionales et continentales de son impact sur la santé publique (La santé publique peut être définie de diverses manières. On peut en effet la présenter comme « l'étude, d'une part, des déterminants physiques, psychosociaux et socioculturels de la...). Ils sont publiés le 20 novembre 2020 dans Science.

Bibliographie:
Enhanced Zika virus susceptibility of globally invasive Aedes aegypti populations.
Fabien Aubry, Stéphanie Dabo, Caroline Manet, Igor Filipović, Noah H. Rose, Elliott F. Miot, Daria Martynow, Artem Baidaliuk, Sarah H. Merkling, Laura B. Dickson, Anna B. Crist, Victor O. Anyango, Claudia M. Romero-Vivas, Anubis Vega-Rúa, Isabelle Dusfour, Davy (Davy (titre original : Davy) est un roman de Edgar Pangborn publié en 1964.) Jiolle, Christophe Paupy, Martin N. Mayanja, Julius J. Lutwama, Alain Kohl, Veasna Duong, Alongkot Ponlawat, Massamba Sylla, Jewelna Akorli, Sampson Otoo, Joel Lutomiah, Rosemary Sang, John-Paul Mutebi, Van-Mai Cao Lormeau, Richard G. Jarman, Cheikh T. Diagne, Oumar Faye, Ousmane Faye, Amadou A. Sall, Carolyn S. McBride, Xavier Montagutelli, Gordana Rasić, Louis Lambrechts.
Le 20 novembre 2020, Science. DOI: 10.1126/science.abd3663.
https://science.sciencemag.org/content/370/6519/991
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